‹ Les années romantiques, 1819-1842Chapitre 20 sur 185 · PRÉFACE. XXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXI

par l'élite intellectuelle de Paris. « C'était un cerveau que votre salle », lui dira Balzac après la première audition de Roméo et Juliette. Lui-même est mêlé à toutes les luttes de l'époque romantique. Après avoir été le spectateur le plus violemment ému des représentations shakespeariennes de 1827, il se joint aux Jeunes- Frances de 1830 pour soutenir Hugo à la première d'Hernani. Il a dit son impression vraie sur cette œuvre . — impression assez inattendue, en vérité : il admire le poète d'avoir détruit le vieux moule, mais ne s'intéresse pas du tout à ses innovations rythmiques, constatant seulement, — lui qui devait scandaliser les musiciens classiques par des hardiesses analogues, — que sa manière de briser le vers a pour unique effet de le faire ressembler à de la prose, ce qui lui est « entièrement indifférent », car « il déteste les vers au théâtre ». Pour un néophyte, voilà une opinion qui sent son philistin ! Par contre, il trace le brouillon d'une lettre folle d'enthousiasme, qu'il projette d'adresser au poète après l'apparition de Notre-Dame de Paris, — qui est en prose. Il ne fréquente d'ailleurs pas très volontiers chez Hugo, qui lui manifeste pourtant sa sympathie, mais qui « trône » trop. Ses vrais amis parmi les poètes, ce sont les dissidents du romantisme, ceux que, dans une lettre de 1835, il qualifie de représentants de « la jeune littérature contre -révolutionnaire », Alfred de

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