IV PREFACE
Qui aura lu soigneusement ces lettres connaîtra Berlioz encore mieux peut-être que le connurent jamais ses plus intimes amis.
On a déjà recueilli et publié maintes lettres de Berlioz. Mais il en est un bien plus grand nombre qui sont restées jusqu'à présent inédiles. C'est d'abord près de trois cents lettres intimes qu'il écrivit aux représentants des générations successives de sa famille, — tour à tour son père, sa mère, son grand-père, puis ses sœurs, enfin ses nièces * — lettres réparties sur un espace de près de cinquante ans (de 1821 à 1868), et dont l'ensemble constituerait à lui seul une autobiographie au jour le jour aussi complète qu'animée. D'autres sont adressées à des amis en art, écrivains, poètes, parfois les premiers de l'époque, ou à des confrères — qui ne sont pas toujours des amis, — et aux indifférents avec lesquels les obligations de la société l'ont mis en contact.
C'est donc, en joignant aux lettres inédites quelques pièces dispersées et comme perdues dans diverses publications, un ensemble de plus de cinq cents lettres inconnues de la généralité du public que nous avons la bonne fortune de pouvoir lui présenter. L'abondance
1. Les lettres de Berlioz à soa fils forment une autre collection dont les pièces les plus intéressantes, publiées dans la Correspondance inédite, sont déjà connues.