‹ Les années romantiques, 1819-1842Chapitre 34 sur 185 · LIVRE DE RAISON. XXXVII · texte numérisé non relu

LIVRE DE RAISON. XXXVII

Pour ce qui me concerne, j'ai fait construire le bâtiment situé au levant, et qui forme écurie, grenier à foin et bûcher. La fougère de la grande chambre. Je me propose, lorsque mes moyens ine le permettront, de faire reconstruire la galerie en fer, et sur voûte en tuf, et de faire élever les toits de manière que tous les trois aient la même pente. La clôture en pisé du grand jardin est encore mon ouvrage, ainsi que la chambre que le jardinier occupe dans la grange.

Le grand jardin était de forme irrégulière, je l'ai aligné et agrandi aux dépens du pré et d'un ravin très profond, qui existait au midi, à la place du pavé qui conduit les eaux. J'ai fait planter tous les arbres du pré, excepté deux poiriers.

Mon père était d'une taille moyenne, bien proportionné et musculeux ; il avait une belle figure et de l'expression dans la physionomie.

Ses mœurs ont toujours été très réglées; il était d'une sobriété poussée à l'excès. Religieux jusqu'au scrupule, il n'avait jamais examiné les motifs de la croyance, et se serait cru coupable de vouloir le faire. Les décisions de l'Église étaient sans appel pour lui. Il avait peu d'instruction, mais un bon sens plus que commun le dirigea bien dans toutes les circonstances de la vie. Il se tint constamment éloigné des fonctions publiques. Il était économe, il a augmenté par sa sage administration et des acquisitions heureuses sa fortune ; mais il n'était

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