VI PREFACE
contenant soit un détail de vie, soit un mot, un trait où l'on reconnaît son esprit, qui est inépuisable. Quant aux plus importantes, celles qui nous montrent l'homme aux prises avec les difficultés de l'existence, point n'est besoin d'insister par avance pour en faire comprendre le puissant intérêt.
L'ensemble est d'autant plus précieux qu'on n'y peut surprendre aucune solution de continuité. Berlioz nous avaitdonné une première autobiographie : en voici une seconde, qui n'en est pas seulement le complément, mais se révèle comme une œuvre intégrale. Ces Lettres ne contredisent pas les Mémoires (si ce n'est sur quelques détails insignifiants). Elles les contrôlent, les précisent et y ajoutent. Enfin leur récit est plus vivant encore. Aussi faudrait-il bien se garder de ne voir dans cette correspondance qu'un recueil de documents : c'est un livre complet, dont toutes les parties se suivent et s'enchaînent, qu'il faut lire comme on lit un roman par lettres, — Werther, ou la Nouvelle Héloïse, — et les éléments dont il se compose ne sont pas des fictions, mais la vérité même, l'émanation réelle du plus grand maître qui ait honoré l'art musical en France au xixe siècle.
Berlioz est là tout entier qui revit devant nous.
Veut-on lui entendre formuler sa doctrine ? On lui a parfois reproché de ne l'avoir pas fait publiquement en