II. BERLIOZ
Communiqué pur madame Reboul.
a humbert ferrand, 23 août 1830 (Lct. int., 76). «J'ai obtenu le grand prix à l'unanimité, ce qui ne s'est encore jamais vu. » Projets d'exécutions musicales (Sardanapale, la Tempête, la Symphonie fantastique, les Francs-Juges), et d'avenir avec Camille.
au même, octobre 1830 (id., 78). Il a écrit la Tempête, inspirée par Camille, son gracieux A riel; cette œuvre doit être exécutée à l'Opéra1. Retour mélancolique de sa pensée vers miss Smithson.
A SA SOEUR ADÈLE
Ce jeudi 21 octobre (1830).
Ma chère Adèle, M. Amédée ayant retardé son départ de quelques jours, je le charge d'une troisième lettre pour toi.
1. La fantaisie sur la Tempête, exécutée à l'Opéra le 7 novembre 1830, a été replacée Tannée suivante par Berlioz dans Le Retour à la vie, et lui a servi d'envoi de Rome.
Je suis bien fatigué de toutes les courses que je suis obligé de faire depuis quelque temps, pour mes sollicitations. Rien n'avance au ministère de l'Intérieur pour les Beaux-Arts ; le ministre a bien d'autres intérêts en tête; il y a une si grande agitation partout qu'on ne s'occupe que de politique.
Depuis que j'ai écrit à maman et à Nanti, j'ai vu le directeur de l'Opéra qui doit faire exécuter un grand morceau de ma composition1. Il m'a averti ce matin que ce serait dimanche prochain ; mais comme c'est aujourd'hui jeudi, je lui ai fait observer qu'on ne pourrait monter mon ouvrage en deux jours, cette précipitation en compromettrait l'exécution ; alors, comme de dimanche en huit il y a une grande revue de la Garde nationale qui occupera les Parisiens toute la journée, le directeur de l'Opéra a consenti, à cause de moi, à remettre la représentation où je dois être exécuté au dimanche suivant 7 novembre. C'est une fête pour ma chère Camille qui n'a jamais entendu de ma musique ; j'espère que ce sera grandement exécuté ; je t'écrirai pour te dire comment cela se sera passé.
Comment se présente ton hiver?... Toujours aussi monotone, aussi ennuyeux que les autres?... Ta sœur n'est pas destinée à t'égayer... ton frère non plus (l'aîné j'entends) ; peut-être les lutineries de Prosper te font impatienter quelquefois et servent à te distraire.