A GOUNET, GIRARD, 1IILLER. DESMAREST, RICHARD
sichel, Nice, le 6 mai 1 831 (Corresp. inéd., 75). « D'abord, je vous embrasse tous... Je suis sauvé, je commence à m'apercevoir que je renais meilleur que je n étais, je n'ai même plus de rage dans l'âme. » Récit des événements des trois derniers mois : voyage en mer ; arrivée à Rome ; situation politique; Horace et Carie Vernet; Mendelssohn ; retour et séjour à Florence ; enfin l'équipée qui l'a ramené à Nice.
a humbert ferrand, Nice, 10 ou 11 mai 1831 (Let. int., 98). Récit sommaire des derniers événements: « Oui, Camille est mariée avec Pleyel... J'apprends par là à connaître le danger auquel je viens d'écbapper. » Il vient d'achever l'ouverture du Roi Lear.
La lettre du 6 mai contenait cette phrase : « Je reste à Nice à cause de la proximité de la France et du besoin impérieux que j'éprouve de correspondre rapidement avec ma famille. Mes sœurs m'écrivent tuus les deux jours; leur indignation et celle de mes parents est au comble. » Il n'a rien été conservé de cette correspondance : la lettre qui va suivre est d'une époque où la crise est calmée.
A SON PÈRE
Nice, ce lundi (mai 1831).
Mon cher papa, Je pars jeudi prochain pour Rome ; je ne vous écris aujourd'hui ce peu de lignes que pour vous en prévenir afin qu'on ne m'adresse plus de lettres ici. Si toutefois il en arrivait, on m'a promis à la poste de me les faire parvenir.
Bien loin d'avoir eu la visite de Ferrand, je lui ai écrit trois fois sans obtenir de réponse, ce qui me paraît fort extraordinaire.
Casimir a dû recevoir aussi dernièrement une lettre de moi.
Je viens de commencer un nouveau travail, après avoir bien revu et retouché ma partition du Roi Lear ; c'est encore de la musique instrumentale 1 ; en attendant que mon retour en France me permette de réaliser un grand projet en musique dramatique, j'augmente mon répertoire de concert.
Je ne sais si je retrouverai à Rome le jeune Mendelssohn, dont je vous ai, je crois, parlé ; je crains qu'il ne soit parti pour Naples. Nous avons été bien vite liés, c'est un jeune homme d'un talent prodigieux, comme compositeur et exécutant, lettré et instruit autant qu'on puisse désirer de l'être, d'un caractère candide, et luthérien zélé sinon fervent. C'est à lui que je dois le peu de moments agréables que j'ai passés à Rome. Nos opinions étaient bien souvent conformes comme nos admirations. Nous nous retrouverons bien.
Je suis allé me baigner dans la mer il y a trois jours; j'en ai éprouvé un grand bien être tout le reste de la ournée. C'est délicieux.
Votre affectionné fils,
Communiqué par madame Chapot.