‹ Les années romantiques, 1819-1842Chapitre 78 sur 185 · Notre-Dame de Paris · texte numérisé non relu

Notre-Dame de Paris

brûlais de le lire avant que vous m'en eussiez parlé ; mais trouve-t-on quelque chose à Rome? Passe encore à Florence où il y a un cabinet littéraire. Rome est la ville la plus stupide, la plus prosaïque que je connaisse. On n'y vit pas si on a une tête et un cœur ; il n'y faut que des sens externes.

Je suis environné, dans ma maudite caserne, d'êtres vulgaires, sans âme d'artiste, dont la société et le bourdonnement m'impatientent horriblement ; il y a deux ou trois exceptions peu tranchées, mais c'est tout. Ah ! Dieu, quand reverrai-je nos soirées de tête-à-tête avec notre bain de thé au café de la Bourse, avec un cabinet sombre et le spleen !

Si au moins je pouvais être seul, si j'avais la mer à adorer (car je l'adore) comme à ma riante Nice, je ne me plaindrais pas. Tous les jeudis il y a grande réception chez M. Horace, on y danse ; quelquefois aussi le dimanche. Vous jugez comme cela m'amuse.

Si cela ne vous ennuyait pas trop, je vous prierais de m'écrire le plus que vous pourrez, et de me parler de vous, de tout ce que vous faites; vous verrez si je suis exact à répondre.

Adieu, il me semblait que mon attachement pour vous ne pouvait croître, mais je m'étais trompé.

H. BERLIOZ

Lettres à Gounet.

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