‹ Les années romantiques, 1819-1842Chapitre 80 sur 185 · Subiaco (Voir lettre du 10 juillet, et les Mémoires · texte numérisé non relu

Subiaco (Voir lettre du 10 juillet, et les Mémoires

libre de Nice ; mais, Dieu ! je n'y trouverai pas la mer ; cette belle et vaste mer qui s'étendait sous mes fenêtres, qui me charmait par le flou-flou de sa robe verte, qui rugissait avec moi dans mes jours de rage, et me laissait dormir sur ses cailloux blancs, en se contentant de venir lécher mes pieds, dans mes journées calmes ou mélancoliques... N'importe, il faut que je redevienne seul; je m'aperçois que ces messieurs de l'Académie, avec lesquels du reste je sympathise très peu, m'observent avec malignité et contrôlent toutes mes actions ; il faut pour ne pas leur paraître maniéré (c'est leur mot) se façonner à leurs manières de sentir, de voir, de parler ; s'amuser de ce qui les amuse, ne pas témoigner de l'enthousiasme pour ce qu'ils ne connaissent pas ; en un mot, il faut être tout autre que je ne suis. Comme je ne puis pas me refaire, j'aime mieux leur laisser le champ libre. J'emporte une mauvaise guitare, un fusil à deux coups, des albums pour prendre des notes et quelques livres ; un bagage aussi modeste ne peut tenter les brigands, avec lesquels, à dire le vrai, je serais charmé de faire connaissance. Je vous remercie de n'avoir pas communiqué à mademoiselle Corinaldi mes observations sur ses compatriotes ; je serais bien fâché de lui faire de la peine, et d'ailleurs il peut se trouver des hommes partout, même en Italie. Cette terre est une mère injuste et partiale, qui a tout donné à ses fils aînés. Le Dante, Arioste, Tasso, paraîtraient avoir dévoré tout l'héritage du génie, si une petite portion échappée n'était échue

en partage au gracieux et spirituel auteur des fiances (Manzoni).

Quant aux peintres modernes italiens personne!

Pour les musiciens, excepté Rossini, on compte MM. Bellini, Coccia, Vaccai, Pacini ; oh! tous ces bons messieurs, je ne leur veux pas de mal, mais pourtant, si le diable en voulait je ne les disputerais pas. Y a-t-il au monde un musicien italien capable d'écrire ce ranz de vaches, ouvrage d'un paysan suisse des environs de Genève?

Sur les ALpes, quel dé li

ce!

Au val Ion je me dé plais Mal-gré que l'on

m'a ver tis - se Des dao.gers du pré ci

PPf

pi ce. Bra.ves gens,je vous ré ponds,

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Tout m'at ti re sur les monts, Toutm'at.

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re sur les monts.1

i. Nous connaissions déjà cette chanson rustique pour l'avoir

Voilà de la couleur ! Je vois les grosses bottes ferrées du chasseur de chamois, son long fusil, son pain noir, son morceau de fromage, sa grosse face réjouie, sa voix de stentor qui appelle l'écho; pour moi c'est admirable 1 admirable 1 admirable !

Dans le cas où ce ranz plairait à mesdemoiselles Lesueur, voici les autres couplets (aussi de la composition du paysan) :

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