‹ Les années romantiques, 1819-1842Chapitre 91 sur 185 · La Caplire, sur les vers de Victor Hugo (les Orientales · texte numérisé non relu

La Caplire, sur les vers de Victor Hugo (les Orientales

a humbert fer r and, Rome, 26 mars 1832 (Let. ird., ] 12). Idées sur la musique en prose. Projet de collaboration {le Dernier jour du monde). Impressions de voyage.

a Ferdinand iiiLLER, Florence, 13 mai 1832 (M, 97). « J'ai laissé Rome sans regret. La famille d'Horace Vernet m'a donné, à mon départ, des marques d'attachement et d'affection... Mademoiselle Vernet est toujours plus jolie que jamais, et son père toujours plus jeune homme... » — Duprez. — Il rentre directement en France. Son aversion pour Bell i ni.

A SA MERE

Milan, 21 mai [1832].

Chère maman,

J'ai reçu votre dernière lettre l'avant-veille de mon départ de Rome; si je n'y ai pas répondu, c'est que je comptais le faire ici. Je crains cependant que mon silence ne vous ait paru inquiétant, mon voyage depuis Rome ayant duré plus longtemps que je ne pensais. C'est terriblement loin. Je n'ai demeuré que trois jours à Florence où j'ai trouvé beaucoup de gens de ma connaissance.

Je ne suis ici que depuis hier, et déjà j'ai reçu deux invitations. Milan est une vraie grande ville, c'est presque comme Paris. Me voilà plus près de vous de

cent quatre-vingts lieues. Je ne sais combien de temps je m'arrêterai ici, ainsi ne m'y écrivez pas. J'espérais trouver à la poste une lettre d'Adèle, pourquoi n'y estelle pas?

Encor des bêtises à Grenoble ! ils sont donc stupides * 1

Le temps me dure pourtant de la revoir, cette bonne ville de Grenoble ; je n'ai plus que les Alpes à passer. Je sais que la fatigue de ce passage me paraîtra bien peu de chose en comparaison de ce que nous avons éprouvé en traversant les Apennins, de Florence à Bologne. Il faisait très froid, et un vent à faire craindre d'être emportés.

M. Horace a été très facile pour arranger mes affaires, et toute sa famille m'a comblé à mon départ de marques particulières d'attachement ; je n'ai pu douter d'en être vivement regretté; je vous le dis, chère maman, pour vous prouver que je ne suis pas aussi sauvage et insociable que vous me le reprochez quelquefois.

Je pense que tout le monde va, sinon bien, au moins comme à l'ordinaire, à la maison. Mon beau-frère doit être revenu de Dijon. J'ai acheté à Florence les chapeaux que vous m'aviez recommandé d'apporter pour mes sœurs ; je vous avoue qu'ils m'ont déjà fait

1. Pendant le carnaval de 1832, une querelle avait éclaté entre des soldats de la garnison et des masques : cet incident provoqua une telle effervescence dans la population que le régiment dut quitter la ville au milieu des huées. D'où l'expression : « Faire une conduite de Grenoble, p

éprouver de furieuses tribulations pour les douanes * mais j'y suis fait à présent et je me moque du reste.

J'ai reçu à Rome, la veille de mon départ, le troisième numéro de la Revue européenne, un mois et demi nprès l'impression de mon article ; je pense que vous la recevez toujours.

Si vous recevez une lettre de Berlin pour moi, il faudra la garder. Parbleu, c'est bien clair, puisque vous ne sauriez pas où me l'adresser ; je vous dis là une sottise.

Adieu, chère maman,

Je vous embrasse tendrement.

a humbert ferrand, Turin, 25 mai 1832 (Let. int., 115). « Je vois les Alpes ! » A Milan, il a entendu pour la première fois un vigoureux orchestre. Donizetti, Pacini, Vaccaï. Le public. « Si jamais j'écris pour ces butors je mériterai mon sort ; il n'en est pas de plus bas pour un artiste. »

1. Un carnet de notes (sur papier à musique), conservé par la famille, porte des traces curieuses de ces tribulations. Berlioz y inscrit au jour le jour, parmi ses dépenses de voyage, des articles tels que : « Pour les chapeaux, douane de Bologne, trente baïocchi ; deux francs à la douane de Modène pour les chapeaux; deux francs vingt-cinq centimes à la douane de Parme pour les chapeaux ; à la douane milanaise, pour les chapeaux, quatre francs ; à Milan, deux francs douane, chapeaux, et un franc et demi à la douane de Saint-Martino; douane de Chapareillan, cinquante-six sous. » Mous relevons encore, dans cette comptabilité : « A Milan, deux francs cinquante de sous-pieds en chaîne de laiton; même somme, théâtre delta Cambiana ; un col, Turin, trois francs, etc. » 11 n'est pas de détails négligeables pour les grands hommes !

A THOMAS GOUNET

La Côte-Saint-André, 11 juin 1832.

Mon carissime Gounet,

Donnez-moi vite de vos nouvelles, je vous en prie en grâce. Vous pouvez penser si j'ai des sujets d'inquiétude sur votre compte, au milieu de tout cet affreux galimatias1. J'arrive de Rome il y a peu de jours, je me suis arrêté à Florence, à Milan et à Turin; je suis censé en Italie, et en conséquence je ne pourrai me montrer à Paris qu'au mois de novembre pour y donner quelque concert, si le ciel le permet, et de là partir pour Berlin.

Pourquoi pendant ces jours mauvais m'avez-vous laissé sans me donner signe de vie?... Il n'y a pas besoin de m'écrire de longues lettres si vous n'en avez pas le temps; quelques lignes suffiront.

Aussitôt après votre réponse, qui, je l'espère, ne se fera pas attendre, je vous enverrai une petite lettre pour Cazalès dont je vous expliquerai le contenu et au moyen de laquelle je pourrai, je pense, vous faire toucher l'argent que je vous dois depuis si longtemps. Je

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