Nereis (Ceratonereis) Ehlersiana
Pl. VIII, fig. 2.
Ceratonereis lougitudine 85-90'^"', latitudine 5°"°, carnea, snbtus pallidior, segmentis circa 83. Lobus cephalicus brevis, margine posteriore parum sinuato, fronte angusta. Cirri fentaculares médiocres. Pedes œquales, Unguïa média prcediti. Segmentum primum, secundo parmn longius.
.l'avais d'abord sans hésitation rapporté cette espèce à la N. Costœ Grube. Mais la description très-détaillée qu'en a donnée récemment M. Ehlers, m'a fait abandonner cette opinion. L'espèce de M. Grube est dans tous les cas, comme la mienne, une Cératonéréide napolitaine de couleur rose chair ; la description originale très-concise s'applique fort bien à la présente espèce, avec cette restriction que^ d'après le savant Allemand, les cirres tentaculaires postérieurs et supérieurs, rejetés en arrière, atteignent le cinquième segment, tandis que chez la N. Ehlersiana ils atteignent tout an plus le milieu du troisième. La description de M. Ehlers est sur ce point d'accord avec celle de M. Grube. Mais ce qui est d'une importance tout autre, c'est la différence considérable des pieds. En employant la nomenclature très-arbitraire de M. Grube, qui désigne dans les pieds des Néréides le lobe supérieur et le lobe inférieur sous le nom de languettes, et tous les lobes intermédiaires sous celui de lèvres, nous trouvons d'après M. Ehlers, chez la iV. Costœ, à la rame supérieure, deux lèvres pointues presque égales entre elles el placées l'une devant l'autre ; à la rame inférieure les deux lèvres sont également pointues, placées l'une devant l'autre, la postérieure dépassant notablement l'antérieure. Chez la N. Ehlersiana la conformation est tout autre. Des deux lèvres de la rame supérieure, l'une est tout à fait rudimenlaire et ne se présente que comme un petit tubercule (Pl. VIII, fig. 2 C, h), l'autre au contraire est fort développée et constitue une languette moyenne (c) aussi développée que la languette inférieure (/■). A la rame inférieure, la lèvre antérieure (e) est peu proéminente et arrondie: la postérieure est pointue et beaucoup plus saillante. Au premier segment (et peut-être à quelques-uns des suivants), le processus sétigère de la rame supérieur»^ fait complètement défaut (fig. 2 C), aussi le pied ne renferme-t-il qu'un seul acicule.
Les soies falcigères sont toutes hétérogomphes, mais celles des cinq premiers segments (2 E, a) ont la serpe plus grêle que les autres (2 E, h). Toutes les soies en arête .sont homogomphes, à article fort long. Le mode de distribution de ces soies est le suivant:
f Rame inférieure
Rame supérieure
( groupe supérieur j f groupe intérieur j
arêtes homogomphes.
^ arêtes homogomphes.
' serpes hétérogomphes.
i arêtes homogomphes.
' serpes hétérogomphes.
J'ai figuré la trompe soit en dessous (2 A), soit en dessus (2 B) pour justifier la position de l'espèce dans le genre Ceratonereis. Les paragnathes (2 F) sont coniques, peu larges relativement à leur longueur qui atteint 0™"^07 à 0°"",08.
Cette espèce n'est point fort commune aux environs de Naples, où elle habite constamment dans des éponges. Chez des individus mûrs, j'ai compté jusqu'à 83 segments. Le vitellus des œufs renfertne de gros globules. On en trouve de tout semblables dans les cellules du tissu sexuel.
Ceratonereis longitudine 45'^'^, latitudine ^""",5, viridi-citrina, segmentis circa 60. Lobm cephalicus hrevis, conims, margine posteriore integro. Cirri tentaculares brèves. Pedes cequales, lingula média acuta prœditi. Segmentiim primum secundo diiplo longius.
Bien que se distinguant à première vue de la Ceratonereis Ehlersiana par sa coloration, cette espèce en est cependant fort voisine. Elle présente en effet comme elle et comme d'auti^es Cératonéréides ' la particularité d'avoir une sorte de languette moyenne naissant de la région inférieui^e de la rame supérieure (VIII, 3 B, c). On peut même reconnaître que l'interprétation de cette languette moyenne comme une lèvre (Grube) extraordinairement développée, n'est peut-êti^e pas très-exacte. Du moins faut-il admettre alors l'existence de trois lèvres. On trouve en effet toujours le faisceau supérieur de soies, au-dessus de la languette moyenne, compris entre deux lèvres, l'une antérieure, réduite à l'état de simple tubet^cule (/>'), l'autre postérieure (6) beaucoup plus longue et conique. Le second segment (i^' séligère) est seul dépourvu du processus sétigère de la i^ame supérieure et de la languette moyenne, et ne porte qu'un seul acicule (2 D). Toutes les soies en arête (3 C, a) sont homogomphes. Les soies falcigères sont toutes hétérogomphes ; dans chaque pied on en trouve d'épaisses {b) et
• C'est au moins le cas pour la Ceratonereis guttata Glprd. (Cf. Annélides chélopodes du golfe de Naples, pl. IX, fig. 6 B) et pour la C. tentaculata Knbg. {Fregatt. Euyeu. Resa, Zoologi, ïaf. xx, 5 F . i'our ie dire en passant, M. Ehlers {Gôttingisclie gekhrle Anzeigen, April 1868, p. 623) croit pouvoir identilier la N. guttata Clprd. avec la N. Coslœ Grube. Cette opinion, née dans un musée, disparaîtrait vite à la suite d'un séjour au bord de la mer. Rien de plus constant, en particulier, que la coloration de la N. guttata qui ressemble à celle de la N. Coslœ, comme le jour à la nuit. Quant à changer le nom de l'espèce, je pense que cela n'est point nécessaire aussi longtemps que la IS. guttata Risso (Histoire iiatur., tome IV, p. 41) n'a pas été trouvée déterminable.