Nereis (Ceratonereis) Kinbergiana
Pl. VIII, fig. 3.
ANNÉLIDES CHÉTOPODES
de grêles (c). Les premières ont le plus souvent perdu leur serpe. Le mode de distribution des soies est le même que chez l'espèce précédente.
Le lobe céphalique est relativement un peu plus court que dans l'espèce précédente. La couleur générale est d'un vert citrin pâle, varié de brunâtre sur les limites des segments. En outre, dès le sixième segment ou même parfois (fig. 2) dès le second, on trouve de petites stries transversales brunes sur la moitié postérieure de chaque segment.
Les paragnathes ne sont pas nombreux, mais gros et coniques. Ils forment trois amas au côté ventral de l'anneau terminal (fig. 3 E) et deux bandes arquées du côté dorsal (3 D). L'anneau basilaire est, comme dans tout le sous-genre, dépourvu de paragnathes.
Sous-genre LEPTONEREIS Kinberg (Char, em.)
(Incl. Nicon Knbg. et Nicomeden Knbg.)
Pour les Néréides entièrement dépourvues de paragnathes, M. Kinberg a établi la famille des Niconidea, dans laquelle il dislingue les trois genres Nicon, Leptonereis et Nicomedes. Ces genres sont basés sur la plus ou moins grande évidence du changement de forme des pieds dans les différentes régions du corps. Ces distinctions ne peuvent avoir, pour moi, qu'une valeur très-secondaire au point de vue de la classification, parce qu'elles ne sont jamais tranchées. Je réunis donc tous les genres de la prétendue famille en un seul sous-genre du genre Néréis. Si je choisis le nom de Leptonéréis, c'est d'abord à cause de sa convenance, puis, ensuite, parce que c'est jusqu'ici le seul des trois genres de M. Kinberg, dont l'auteur ait figuré une espèce.
Nereis (Leptonereis) glauca.
Pl. VII, fig. 3.
Leptonereis longitudmr 24'^"'. Iidlfudinr :2"'"\S, scgmcntis 55, antrorsmn glauco-viridis, avis aurantiads. Lohus (rpludicns hn ris, snimculnni l>nvnilr longlfiidinc œquans, margine posterioreintegro. Cirri, teidacalarcs bi-e>:v>i; .scgtiicidtnit prijitniu secundo liaud longius. Setce falcatœ homogomphce desideratœ.
Cette petite Leptonéréide présente le plus souvent dans sa région antérieure une lemle d'un vert glauque pâle, tirant sur le bleuâtre. J'ai cependant eu entre les
mains un individu de couleur un peu bronzée. Cette coloration des premiers segments est due à un pigment diffus, formé de très-petits granules disséminés dans l'hypoderme. Plus en arrière, l'animal prend une teinte jaune orangée, due à l'intestin biliaire et aussi, chez les femelles, aux œufs vus par transparence à travers la paroi du corps.
Le lobe céphalique (fig. 3) est relativement court, arrondi en avant. Les antennes sont fort brèves, ne dépassant guère la moitié de la longueur des palpes, dont l'article basilaire est très-renflé. Les yeux antérieurs, de forme elliptique, sont fort grands ; les postérieurs, arrondis, sont bien plus petits et plus rapprochés. Les cirres tentaculaires sont relativement courts: le plus long d'entre eux, savoir le dorsal de la paire postérieure, ne dépasse pas, rej lé en arrière, le troisième segment.
Les pieds (3 A) sont remarcfuables par la profonde division des deux rames, dont chacune porte deux languettes triangulaires, l'une supérieure, l'autre inférieure. Le cirre dorsal, fort long, dépasse de beaucoup la rame supérieure. Le cirre ventral est relativement court, implanté très en arrière, et son extrémité n'atteint guère que la base de la languette inférieure. Les soies sont les unes lalcigères (3 B, c), toutes hétérogomphes, les autres en arête, et celles-là sont les unes (a) homogomphes, les autres (b) hétérogomphes. Leur modo de distribution est le suivant :
Les mâchoires (3 C) sont grêles et comptent en moyenne une quinzaine de dents.
Les œufs en voie de formation forment une masse arrondie de chaque côté de chaque segment, où ils sont entourés de vaisseaux et des cellules du tissu sexuel. Au premier abord on pourrait les croire enfermés dans un sac, mais l'enveloppe est formée uniquement par le tissu sexuel ordinaire des Néréides. Les œufs mûrs sont remplis de gouttelettes de couleur orangée Leur diamètre est de 0""",i9. Il équivaut, par conséquent, à peu près à la moitié de la largeur du corps dans la région postérieure.
Le péritoine de celte espèce est semé de cellules pigmentaires brunes, non ramifiées.
Rame supérieure
. soies en arête homogomphes.
^ soies en arête homogomphes.
( soies en sei pe hétérogomphes.
\ soies en arête hétérogomphes.
' soies en serpe hétérogomphes.
N. fjlauca.
( Rame inférieure
groupe supérieur
groupe nifeneur
ANNÊLIDES CHÉTOPODES
Famille des PHYLLODOCIENS Gr. (Qtrfg. rev.)
TRIBU DES PHYLLODOCIDES.
Genre PHYLLODOCE Sav. (Ehlers rev.)
Phyllodoce Pancerina '.
Pl. IX, fig. 1.
Corpus longitudine ^5"°', latitudine 4-5'"'^, coeruleuin. sn/mcnfis circa 280, cirris foliaceis viridibus, margine luteolo. Oculi duo magni. Lohns ccplinUms rotundatus, margine postico integro. Cirri tentamîares longissimi crassissin/ir/nc. colore snlphnreo. Setarum stipes apicem versus cremilatus, acie longa imdulata.
Cette magnifique Annélide atteint, comme beaucoup d'autres Phyllodociens, sa plus grande largeur vers le milieu de la longueur, et s'atténue graduellement vers les deux extrémités. Sa coloration en fait un des plus beaux ornements des aquariums. Le corps est d'un bleu irisé soit en dessus, soit en dessous; les cirres foliacés sont d'un vert brillant, à bordure jaune; les cirres tentaculaires et les antennes sont d'un jaune .soufre très-vif Cette coloration est à peu près identique avec celle que les auteurs attribuent à la Phyllodoce PareUi [Nereiphylla Parelti Blnv.) Mais il suffit de comparer les belles figure-s, faites d'après le vivant, que M. Milne Edwards^ a données de cette espèce, pour reconnaître qu'il .s'agit de deux formes spécifiquement bien différentes. La P. PareUi est en effet remarquable par l'extrême brièveté de ses cirres tentaculaires, dont le plus long est loin d'atteindre f extrémité des antennes. La P. Pancerina est tout aussi remarquable par la longueur de ces organes dont le plus court est quatre fois, et le plus long au moins cinq fois aussi long que les antennes. Ces cirres tentaculaires sont en même temps remarquables par leur épais.senr*.
' Dédiée à mon ami Paolo Pauceri, prol'esseur d'analomie comparée à Naples, qui consacre nne allentiou soutenue aux Annélides du golfe.
- Dict. des Sciences naturelles, atlas, pl. 13, lig. 1. Règne animal de Cuvier. Édition illustrée. Annélides, pl. 13, fig. 1.
* Je suis fort disposé à croire que la Phyllodoce Hathkii Gr., décrite dès 1840 par M. Grube (Aclinien, Echinodemen u. Wiimer, p. 78) comme trouvée aux environs de Palerme, est identique avec la F. Pan-
La frappante petitesse du lobe céphalique est aussi caractéristique de cette espèce, de même que le raccout cissenient extrême du segment buccal. Celui-ci n'est même visible sur le dos que comme une étroite bandelette placée derrière le lobe céphalique et enchâssée à droite et à gauche entre les articles basilaires des cirres tcntaculaires du second segment. Aussi les quatre ciri-es tentaculaires pai'aissent-ils naître sur ime même ligne transversale, comme M. Grube le remarquait déjà en 1840 pour sa P. Rathkii. Cette disposition n'existe aucunement dans la P. ParettidGM. Milne Edwards, ni dans celle de Délie Chiaje. Elle ne se retrouve pas davantage chez la P. Kmbergi Qtrfg. ' qui otïVe cependant une grande ressemblance de coloration avec la P. Pancerina, mais qui s'en éloigne d'ailleurs par plusieurs caractères saillants. Le corps se termine en arrière [lar deux cirres anaux jaunes, fort épais, et Irès-semblables aux cirres tentaculaires.
Les pieds (I B) sont li ès-seniblables à ceux de lu P. PareUi, sauf en ce qui concerne les soies. Celles-ci (IX, 1 C) ont leur hampe renflée à l'extrémité qui est couverte de [jetites crêtes crénelées. L'article terminal est formé par une lame fort longue, ondulée, finement ciliée sur le bord. L'article terminal, chez la P. PareUi, à en jugei' par les dessins de M. Edwards et par la description de M. de Quatrefages, est au contraire fort court et à peine courbé.
cerina. L'anleur dit eu elïet, à pi'opos des cirres tentaculaires, qu'ils sont disposés en une seule rangée transversale, apparence qui existe en effet chez la P. Pancerina, mais point chez la P. PareUi. Il ajoute que ces cirres sont moins développés que chez la P. laminosa Sav., expression très-compréhensible s'il s'agit de la P. Pancerina où ces organes sont en effet un peu moins longs que chez la P. laminosa, tout en étant beaucoup plus épais, mais qui serait bien faible s'il s'agissait de la P. Parclti, où ces cirres sont relativement des lilliputiens. M. Grube a cité plus lard {Familien der Anneliden, 1851, p. 5.5) la /'. PareUi {Nereipliyl la PareUi Blnv.) comme synonyme de sa Ph. Rathkii, et indiqué la figure publiée par M. Milne Edwards dans le Hègnc animal comme appartenant à cette espèce. On ne saurait donc blâmer M. de Quatrefages (Hiat. natur. des Annelés, II, p. 130) d'avoir rétabli le nom spécifique de Blainville en faisant descendre le nom de M. Grube au rang de synonyme. Je n'en suis pas moins convaincu que M. Grubo s"est rendu coupable d'une méprise en 1851, et j'aurais rétabli le nom de P. Ralhkii pour l'espèce qu'il décrivit en 1840, sans la figurei-, si M. de Quatrefages n'avait depuis lors attribué le même nom à une autre espèce. Mais pour éviter une complication de synonymie, et ne pas baptiser à nouveau la P. Halhkei Qtrfg., je préfère considérer la synonymie établie en 1851 par M. Grube dans ses « Familien der Anneliden » comme bien fondée. De là la description de l'espèce actuelle connue nouvelle. Quant à l'espèce décrite et figurée par Délie Chiaje sous le nom de Pliyllodoce PareUi Blnv. (Memorie siifili Anim. sema vert., IV, 195; tav. LXiv, fig. 3-5, et Descrizione e Nolumia, tome III, p. 98, et V, p. 104 ; lav. 165 [régulièrement 166], fig. 3 à 6), elle est identique avec la /'. Pancerina pour la coloration, mais elle s'en écarte tellement par la conformation des premiers segments et par les cirres tentaculaires, qu'il n'est guère possible de les réunir.
Hist. nnturelle des Amielés, 11, p. 1^28, et allas, pl. 9, fig. 8-10.
ANNÈLIDES CHÉïOPODES
Genre ANAITIS Mlmgr.
L'examen de trois nouvelles espèces du genre Anaïtis me confirme dans l'opinion précédemment émise par moi, que les quatre paires de cirres tentaculaires sont portés, en réalité, par trois segments. Deux paires appartiennent au segment buccal achète. Les deux autres paires constituent les cirres dorsaux des deux segments suivants. Le troisième segment porte en outre toujours un petit cirre ventral foliacé. Le second en est dépourvu, mais est armé cependant d'un faisceau de soies.
L Anaïtis ijneata.
Pl. IX, fig. 4.
• Corpus latitudine i°"",7, pallidum, Unea dorsudi longitudinditer or-
natum, segmentis circa 270. Lobus cephdicus magnus, ovatus, xjostice marginatus, ocuïis duobus mediocribiis. Antennce ex apipendice frontali qttadam ïunulata orientes. Cirri tentacidares filiformes longissimi. Festucarmn aeies Jongissima incurvata. Cirri dorsmles foïiacei permagni.
Cette espèce, Irès-attéiiuée on avant et en arrière, atteint le maximum de sa largeur vers le tiers de sa longueur totale. Sa couleur est d'un brunâtre fort pâle. Le pigment brun s'accumule cependant sur la ligne médiane du dos, de manière à constituer une ligne très-apparente. En arrière la ligne s'interrompt sur le bord des segments et ne forme plus qu'une rangée de taches discrètes.
Le lobe céphalique est très-grand, un peu plus étroit en avant, plus large en arrière, avec le bord occipital échancré de manière à paraître cordilorme. Le bord frontal s'étale en une sorte de labre semi-lunaire qui sert à l'attache de quatre antennes fort courtes, deux supérieures et deux inférieures. Les yeux sont circulaires, petits, dépourvus de cristallin.
Les cirres tentaculaires sont fort longs et portés chacun par un article basilaire cylindrique. Le quatrième appartient au troisième segment dont il constitue le cirre dorsal, et qui porte en outre un petit cirre ventral foliacé. Dans le reste du corps, les pieds ont une rame pédieuse trilobée, peu saillante (4 A), avec un cirre dorsal foliacé, cordiforme, très-grand, porté par un large article basilaire. Le cirre ventral, également foliacé, mais atténué au sommet, est adné sur la plus grande partie de sa longueur. Dans toute la région médiane et postérieui e, le cirre dorsal joue le rôle de
branchie et porte la rangée de cils vibratiles qu'on retrouve chez tant d'autres Phyllodociens. Ces cils sont portés par un bourrelet (4 B) formé par des cellules juxtaposées, à grand nucléus, fort distinct. Tous ces cirres foliacés sont bourrés de follicules et prennent souvent une teinte légèrement verdâlre. Les soies (4 C) ont la hampe peu renflée h l'extrémité qui est hérissée de petites pointes. L'article est long et, recourbé.
Dans l'ultérieur des cirres, on ri'iicontrc lrès-lVé(|iiemment des kystes parasites et cela aussi bien dans les cii'res foliacés (4 A, a) que dans les cirres tentaculaires (4, a). Ces kystes (fig. 4 D) sont sphériques, à contenu granuleux, avec deux vacuoles, l'une grande, l'autre petite. Pensant à la possibilité d'un infusoirc enkysté, j'ai observé longtemps la petite vésicule dans l'espoir d'y découvrir des contractions, mais en vain. Le diamètre de ces kystes est de 66™'".
Le proventricule ne commence qu'au trente-cinquième segment, le ventricule contourné au cinquantième, l'intestin au soixante-dixième.