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cristallin à la t'ois un corps réfringent et un organe percepteur, à peu près comme on parait obligé de l'admettre pour les cônes cristallins des Arthropodes. L'image projetée à des profondeurs diverses dans le cristallin, par des objets placés ;'i des distances variables, se forme toujours dans une couche sensible.
Régénération des parties mutilées. Les observations de Bonnet sur la régénération des parties mutilées chez les lombrics, observations confirmées par Lyonnet, Réaumur, Dugès, etc., ont été révoquées en doute timidement par Vandelli' et par Bosc*, et plus récemment d'une manière positive par M. Williams", M. Vogl ' el d'autres. On doit donc savoir gré à élu qui, comme M. Bai ni , ont remis en lumière certaines observations anciennes, ou les ont corroborées el confirmées par des expériences nouvelles, comme M. de Qualrefages0.
La reproduction des parties mutilées chez les Annélides esl incontestable. Lu grand nombre de ces vers, tous peut-être, peuvent reproduire même la région antérieure avec la tète. Parmi les auteurs récents, M. de Qualrefages a démontré de nouveau ce l'ail pour lesEunices, el Dalyeir a suivi pas à pas la reproduction d'une tête el de branchies par l'extrémité postérieure d'une Sabelle. Pour ma part, j'ai rencontré plusieurs fois des Annélides marines (Eteone, Nephthys, etc.) qui
■ Dominic.i Vandelii pkiloso[ s 1res. Dr, Aptmi Thermis, fie noitnullis insectis
terreslribus >■( zO'iphylis mariais, H le 1 rm un n c reproductione, ulqiu Toenia r.anis. In-N". l'atavii m in i ! \ mi, ]i 98-141 Cet ouvrage, qui parait avoir été oublié, est pourtant l'œuvre il' un lu m observateur. Dans des expériences très-soignées, répétées pendanl deux années consécutives, il ne réussit point à voir
1rs lombrics mutilés reproduire leur extrémité antérieure. Il conclut m'-. m ins avec prudence que ces
expériences demandent a être faites avec un soin extrême el n accuse point Réaumur de s'être trompé. Ou sait que plus tard Dugès commença par obtenir aussi des résultats négalils, mais que des expériem es
postérieures lui réussirent complètement. La régénérati le la partie antérieure n'a lieu, en effet, que
si le nombre des segments enlevés n'esl pas trop considérable. Histoire naturelle des vers, tome I, Paris, an X, p. 128 ri il."..
3 Report on llie Brtiish Annélides. — Report nfthe Brilish Association for 1851, p. 247
• Vorlesunyen iïbernùtzliclieundsrliâdliche, verkannle mil verlaumdete Thiere, von Cari Vogt, Leipzig, I864, p. 91.
5 Jolmslons Catalogue of brttish non parasitical Worms. Appendice.
'• Ann. des Se natur 1844, t. II, p. 100, et Hist. mit des Annelés, I. I. p. 126.
; The Piiwerx nfthe Creator displai/ed m Un- Création, etc., vu]. II. 1853 (ouvrage posthume), p. 231.
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avaient indubitablement reproduil leur région antérieure. La partie régénérée se distingue par une coloration moins foncée el un diamètre moindre L'aspect de ces vers rappelle celui des Héléronéréides, lanl les deux régions frappent l'observateur par leur apparence différente. Ou dirait deux tronçons de vers dissemblables soudés l'un à l'autre. Hue question intéressante se présente ;'i ce sujet : dans un ver coupé transversalement, la partie postérieure reproduit-elle toujours un nombre de segments égal ;'i celui de la partie antérieure supprimée en avant d'elle? C'est vraisemblable. Du moins ai-je rencontré une Eleone qui avait reproduit un tronçon antérieur de près de 50 segments. La tête est sans doute la première à se former, puis les segments nouveaux se produisent successivement au point de réunion de la partie ancienne et de la partie nouvelle. Ce fait demanderait cependant à être appuyé d'observations positives'.
Distribution géographique des Annélides. Ce sujet encore peu connu o'a été abordé d'une manière positive que par M. de Quatrefages. Les données dont ce savant pouvait disposer étaient d'ailleurs trop insuffisantes pour permettre des conclusions bien certaines. Il est en tout cas un point sur lequel je dois le contredire, savoir l'extrême localisation des faunes. M. de Quatrefages n'admet point, par exemple, (pie la Méditerranée et l'Océan puissent être habités par une même espèce. Il lui arrive quelquefois de baser des distinctions spécifiques uniquement sur cette circonstance d'habitat différent, bien que les auteurs n'aient su
1 Au moment où je corrige les épreuves de celte feuille, je reçois de M. Kinberg une noie ayant irait à ce sujet (Om regenerationen af hufvudet och de fràmre segment erna lms en Annulai. — Oefv. al ' k. Vel. Akad. Forh. Stockholm, 1867, n° 2, page 53). Ce savant se prononce aussi en laveur de la faculté qu'ont les Annélides de régénérer leur partie antérieure mutilée. Le musée de Stockholm possède un Amphinomien des Indes occidentales avec régénération de la partie antérieure Par comparaison avec d'antres individus de la même espèce, M Kinberg estime que ce ver avait perdu les trente-deux premier; segments, formant une longueur de 32 millimètres La partie reproduite esl formée de la tête el de oeuf segments seulement, formant une longueur totale de 2mm,5. Toutefois il esl probable que le phénomène de reproduction des segments n'était encore accompli que partiellement lors de la capture du ver. Le
tronçon ancien renferme dans l'intestin des fragments de coquilles beaucoup trop grands | ■ avoir pu
traverser la partie régénérée. Il semblerait donc que l'Annélide ne prend pas de nourriture pendant le phénomène de régénération. M. Kinberg donne à cet Amphinomien le nom bizarre de Lycarelm neoceplialicus.
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établir entre ces prétendues espèces aucune différence morphologique. Il insiste surtout sur l'impossibilité pour une espèce littorale de supporter îles conditions de vie aussi dissemblables que celles qui résultent de la présence ou de l'absence de marées. A Naples pourtant, j'ai conservé des Annélides littorales pendant des mois en captivité, et j'ai trouvé que le meilleur moyen de les taire prospérer est de les priver d'eau pendant quelques heures tous les jours, afin de permettre à la vase de s'oxygéner. Ces conditions nouvelles ne les ont pas empêchées de très-bien vivre et de pondre leurs œufs.
Sans doute, dans sa généralité, la faune de la Méditerranée est bien distincte de celle de l'Océan, mais quelques espèces paraissent positivement communes aux deux mers. M. de Quatrefages est, du reste, à chaque instant infidèle à sa théorie; on le voit fondre en une seule des espèces, même bien distinctes, dont l'une appartient à la Méditerranée, l'autre a l'Atlantique ou même à la mer glaciale'.
Les travaux de faune seuls jetteront un jour réel sur la distribution géographique des Annélides. Il est donc à souhaiter de voir se multiplier des recherches semblables à celles de M. Malmgren 2 sur les Annélides polychètes du Spitzberg, du Groenland, de l'Islande et de la Scandinavie. C'est sans contredit le meilleur travail en ce genre que nous possédions jusqu'ici. Il a l'avantage d'être, dans la plus grande partie des cas, enrichi de données bathy métriques. L'absence de renseignements de celte nature fait défaut dans la plupart des Mémoires sur les Annélides. C'est, en particulier, une lacune que je regrette de ne pouvoir combler dans cette faune du golfe de Naples. M. Malmgren semble nous faire espérer la prochaine publication d'un travail sur des Annéli-
1 ("est ainsi qu'il réunit la Polynoè maculata Grube et la P. fasciculosn Gr , delà Méditerranée, à la /'. cirrala Fabr., du Groenland; VOnuplm tubicola Gr., de la Méditerranée, à la Nereis tubicola O.-F. .Miill. des côtes du Danemark; la Lysidicc Vakntina Sav., de la Méditerranée, à la L rufa Gosse, des cotes de la Grande-Bretagne; la Nereis cultrifera Gr., de la Méditerranée, à la Nereis bilineata Johnston, des côtes d'Angleterre, etc., etc.
2 Nordiske Hafs-Annulaler af A.-.l. Malmgren. Stockholm, 1865 {Aftryck urOefvers afh. Vet.-Acad. Fôrhandlitigar,i865, n° l,n°2, n° 5). — Annulala polychœta Spetsbergiœ, Grœnlandiœ, hlandiœ et Scandinaviee hartenus cognita, auctore le .1. Malmgren, c XIV tab. Helsingforsiœ, 1807.
des draguées sur les côtes du Spilzberg ;'i une profondeur de 1 MM) brasses (famnar) par M. Cari Chydenius. La connaissance exacte d'Annélides vivant dans de pareilles conditions serait d'un haut intérêt scientifique.
Classification. Il esl réjouissant de voir que nous nous approchons tous les jours davantage d'une classification naturelle des Annélides. Les familles aujourd'hui établies sonl pour la plupart bien assises. La découverte de types assez nouveaux pour nécessiter la formation de familles nouvelles devient tous les jours plus rare. Pour ma part, je ne proposerai aucun nouveau nom de famille. Je sais qu'il yaà cet égard des divergences entre les savants. Soit M. Kinberg, soit M. iMalmgren ont augmenté récemment le nombre des familles d'une manière considérable. Mais cette augmentation n'est qu'apparente. Certaines familles très-naturelles de Savigny ont été divisées par M. Kinberg en plusieurs, mais ce savant a eu soin de conserver les coupes de Savigny comme des divisions d'ordre supérieur, sous le nom d'ordres. C'est un léger déplacement des termes de la hiérarchie taxonornique, déplacement dont l'importance n'est au fond pas très-grande. Pour ma part, j'entre dans une certaine mesure dans la manière de voir de M. Kinberg, mais je considère comme des tribus ce qu'il appelle des familles, el je conserve à ses ordres le nom de famille que leur donnaient Savigny et ses successeurs. Supprimer complètement les ordres dans le sens de M. Kinberg, el ne conserver que les familles très-multipliées, comme le fait M. Malmgren, est, à mon avis, chose regrettable.
Certaines familles de création récente me semblent excellentes, ainsi celle des Sphœrodoridœ Mlmgr. Je vois aussi avec plaisir M. Malmgren revenir à l'opinion d'Oken, de M. de Sicbold et de M. Max Mùller el placer les Stemaspidœ parmi les Annélides. Cel auteur s'étonne qu'en l'année 1805, M. de Quatrefages, en assignant aux Sternaspis une place parmi les Géphyriens, ait encore pu prendre la tête de ces animaux pour la queue, sans tenir aucun compte des beaux travaux anatomiques de M. Krohn el de M. Max Mùller. Je partage l'élonnemenl de M. Malm-
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gren, d'autant plus que ni Bianchi (Janus Planais), ni Ranzani, ni Délie Chiaje n'étaient tombés dans l'erreur d'Oken et d'Otto, corroborée aujourd'hui de l'autorité de M. de Quatrefages.
Il est moins facile de s'entendre sur les genres que sur les familles, dans la classe des Annélides. Leur nombre a été augmenté dans des proportions très-considérables soit par M. Kinberg, soit par M. Malmgren. Je suis loin d'entrer dans la manière de voir de ces savants, dont les travaux m'ont été cependant d'une grande utilité, comme on le verra presque à chaque page de ce travail. Les espèces étudiées par eux oui été scrutées avec un soin extrême, sinon dans leur constitution anatomique, du moins dans leurs caractères zoologiques extérieurs. J'estime cependant que parmi les caractères considérés par eux comme génériques, il en est beaucoup qui n'ont qu'une valeur spécifique, ou même qui peuvent tout au plus servir à distinguer des variétés d'une même espèce. C'est le cas, en particulier, pour les dentelures des soies, comme j'en fournirai plus d'un exemple dans ce Mémoire. J'ai conservé néanmoins une grande partie des coupes génériques de M. Kinberg et de M. Malmgren, en ne leur accordant toutefois souvent qu'une valeur de sous-genre. Il va sans dire, d'ailleurs, que parmi les genres établis par ces auteurs, il en est d'excellents que tout le monde acceptera sans réserve.
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