‹ Les annélides chétopodes du Golfe de Naples (volume 3)Chapitre 8 sur 68 · ORDRE I · texte numérisé non relu

ORDRE I

ANNÉLIDES ERHANTKS

I Ain. el Knw. ')

Famille des APHKOMT1ENS Sav. (sens, str.)

Les Aphroditiens, qu'on les regarde avec la plupart des ailleurs comme une famille ou avec .M. Kinberg comme un ordre, forment dans Ions les cas un groupe exlrêmemenl nalurel. Sans parler des caractères bien connus qui relient entre eux ses différents membres, je désire insister sur deux traits qui paraissent négligés dans les ouvrages les plus récents : i'épithélium vibratile el l'absence de vaisseaux.

Lépilliéliuin vibratile a déjà été signalé chez les Aplirodiles par M. Sharpey; il n'est point restreint à ce genre. Je n'ai pas rencontré un seul genre, une seule espèce de la famille qui en fussent dépourvus. A l'inverse de M. de Quatrefages, qui revendique aujourd'hui les cils vihraliles du péritoine pour la plupart des Annélides, M. Williams les dénie à tontes, sauf à quelques espèces chez lesquelles on en trouverait

1 j'adopte la division des annélides en deux ordres, division si généralement reçue sons des noms ilivers depuis Cuvier. Toutefois les Annélides Ibrinenl une série si graduer, que ers deux ordres sont forcément artificiels. In certain nombre de ramilles intermédiaires oscilleront toujours, an gré des auteurs, d'un ordre à l'autre. Tel est d'ailleurs le jugement que portait, d y a longtemps déjà, M. Rtid. Leuckarl (voir {Jeter die Morphologie, und die Verivandschaflsverh&ltnisse der wirbullosen Tltiere. Brannschweig 1848, p. 77). Former un ordre intermédiaire, comme celui des Aririadœ Ehlers,cVst moins rori iger que doubler l'inconvénient.

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34(> ANNfiLIDES CHÊTOPODES

sur la partie seulement du péritoine qui tapisse l'intérieur des branchies, ainsi chez les Glycères, et à YAphrodita aculeata, chez laquelle ces cils recouvriraient exceptionnellement le péritoine entier. Ces deux opinions extrêmes sont aussi erronées l'une que l'autre. Chez tous les Aphroditiens, les mouchels de cils vibratiles sont semés sur la surface entière (\\\ péritoine. Il en est de même chez les Glycères.

L'absence de vaisseaux parait n'a voir «été constatée par personne. J'ai éludié à ce point, de vue un très-grand nombre d'espèces et je pense être en étal d'affirmer que l'anangie est la règle ebez les Aphroditiens. On admet en général que le sang de ces Annélides esl incolore ou faiblement rosé et que, par suite, le système vascuJaire se soustrait facilement aux regards. Mais ce n'est point admissible. Il existe d'autres familles à sang incolore : ainsi celle des Syllidiens, celle des Phyllodociens, etc., mais, chez tous ces vers, on n'en réussit pas moins avec un peu d'attention à reconnaître au moins une partie du système vasculaire. Chez les petits Aphroditiens très-transparents, dans lesquels on voit battre isolément les cils de la cavité du corps, les vaisseaux déviaient être aussi faciles à reconnaître que chez les Syllidiens et pourtant on n'en voit jamais la moindre trace.

La croyance aux vaisseaux des Aphroditiens ' a été entretenue par les anciennes observations de Pallas et de Tréviranus qui ont été, depuis lors, copiées presque par tous les auteurs. Ces savants décrivirent en effet, chez YAphrodita aculeata, un vaisseau ventral et un vaisseau dorsal. Il était donc urgent de répéter ces observations, et je l'ai l'ail immédiatement. Malgré des doutes très-prononcés dans l'origine, j'ai dû me convaincre que les descriptions de ces auteurs, surtout celle de Pallas, sont exactes. Les tubes qu'ils décrivent existent réellement, bien que leur nature de vaisseaux sanguins ne soit pas pour moi hors de toute espèce de doute.

1 .li' ne parle pas du prétendu vaisseau ventral (cœur) décril par Redi. Ou >;ni que r.el observaleui ;i v a i l été induit en erreur par hi couleur ronge du système nerveux. Voyez Francisci liait de Animalculis uivis ubseniationes ; ex Etritsci hitimis frrit Prtriis (lotie. Lngdiini Balavorum I7'2!t, p. 279.

Dans la première Aphrodite que je disséquai, les prétend us vaisseaux m'échappèrent complètement, car je ne les cherchais pas à la place anormale où je les trouvai plus tard'. Ils sont d'ailleurs bien plus difficiles à reconnaître chez les individus vivants que chez ceux qu'on a tués dans l'alcool. Une t'ois qu'on sait où les chercher, on les trouve cependant toujours. Le luhe dorsal adhère à l'intestin dans toute sa longueur, et il est si bien logé dans l'épaisseur de sa paroi qu'on ne peut l'en détacher sans le secours de coups de ciseaux. A l'extrémité antérieure de l'intestin hépatique cependant, il se détache et continue son chemin en avant dans le péritoine. Aussi le chercherait-on vainement sur le pharynx.

Le prétendu vaisseau ventral3 n'est accolé ni à l'intestin ni au système nerveux. Il est logé en entier dans le péritoine, et recouvert comme celui-ci de mouchels de cils vibraliles, ce qui n'est pas le cas pour le vaisseau dorsal. En somme, cette description est d'accord avec l'excellent Mémoire de Pallas5.

Mes doutes quant à la nature vasculaire de ces tubes sont fondés sur les raisons suivantes : D'abord ils sont si étroits que le système vasculaire des Aphrodites devrait, dans tous les cas, être taxé de rudimentaire comparativement à celui des autres Annélides. Puis je n'ai jamais pu voir la moindre pulsation du prétendu vaisseau dorsal chez les individus vivants. Enlin la structure ne ressemble à celle d'aucun vais-

1 M. Kowalewsky, qui passait en ce moment à Nazies, m'assura avoir reconnu l'existence des vaisseaux chez les Aphrodites. Il essaya d'en disséquer une, mais ne réussit point à trouver ce qu'il cherchait Quelques jours après son départ, ayanl ouvert de nouveau une Aphrodite fraîche, j'aperçus immédiatement les vaisseaux désirés. Leur évidence variable tieDt à la plus ou moins grande abondance du pigment brun jaunâtre que je décrirai plus loin.

■ (telle Chiaje (Istiiuzioni di anatomia comparala, 2m0 êdit. t. Il, p. 77 et 78) indique ce vaisseau comme double. Il parait avoir en vue par cette expression un vaisseau entérique et un vaisseau impair, reposant sur le système nerveux (Descriz, e >mt. t. V, p. 60). Il indique le vaisseau entérique comme étant d'un jaune verdâtre, le vaisseau ventral comme écarlate. Cette différence de couleur l' étonne el il l'attribue à une proportion différente de corpuscules sanguins. Evidemment Délie Chiaje est tombé ici dans la même erreur que Redi, Bruguières, etc. Son vaisseau ventral écarlate, c'est le système nerveux.

Miscellanea Zoologica. Hagse Comitum 1 700, p. 88 et Dierkuundiy MengelwerA verlaaldt dom J. Bofl- III Stuk, de Zeerupsen Te Utrecht 1709, p. IN.

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