ElINICE SCH1Z0BRANCH
PI. Il, fig. 6.
Corpus longitudine idtra ÎO'^antice margaritacettm,postice fiiseo-coriilciiiii, scgm-oitts c. 330. Branchies in segmentis anterioribus permidtis desideratee, in cœteris obviée, ante-
riores filiformes, scquentes furcofir. Srtrr qurulriformrs. srilirrt : 1" simplirrs s/ilniiiitrr. marginatœ; 2" simplices hamiformes : .9° simplices spaihutrttee, pectinatce; 4° composites falcigerce.
Cette espèce ressemble à la précédente avec laquelle je l'ai sans doute longtemps confondue. La diagnose a été faite d'après un individu non mûr qui n'avait peut-être pas encore toute sa croissance. Parmi les caractères qui rapprochent \'E. schizobranchia de \'E. siciliensis, il faut signaler en première ligne la différence entre la région antérieure et la postérieure. La coloration paraît être pourtant diverse dans la règle chez ces deux espèces. La première est en avant d'un gris de perle, en arrière d'une teinte sombre, ardoisée, tandis que la seconde est d'un rose-chair en ayant et d'un violet sombre en arrière. Un second trait de ressemblance consiste dans l'apparition tardive des branchies. Chez un individu de 1580 segments, j'ai trouvé la première paire de branchies au 64rae. Les premières sont simples, uniformes, mais plus en arrière elles deviennent bifurquées. Chez l'individu cité, la première branchie divisée était au 168""' segment. Les caractères lires des soies ne permettent d'ailleurs pas d'hésiter un instant sur la légitimité de la distinction des espèces. En effet, tandis que chez \'E. siciliensis il n'existe jamais plus de deux espèces de soies, \'E. schizobrancMa en compte jusqu'à quatre. Deux de ces formes de soies existent à tons les segments sétigères, à savoir des soies simples (6 A, a), subulées et marginées, au faisceau supérieur, et des soies composées falcigères (6 A, b) au faisceau inférieur. A partir du 54me segment environ, il s'associe à chaque faisceau inférieur une on quelquefois plusieurs soies simples, vigoureuses^ A', c), terminées par un crochet birostre fort court, orné d'ailerons. Enlin, à partir d'un segment variable, mais situé au delà du centième, le faisceau supérieur s'enrichit de plusieurs soies en spatule peclinée (6 A, d).
Un dernier caractère distinctif des deux espèces consiste dans la longueur relative du segment buccal. Tandis que ce segment est très-allongé, au moins aussi
1 , 1 1 1 n qui' 1rs deux suivants pris rnscmble clic/ l'E. siciliensis. il est au contraire court, plus court même que le second segment chez YE. schizobranchia. Les tentacules dorsaux portés par ce dernier sont fort courts. Tout le loin' céphalique, avec les eux, les antennes et les palpes ne se différencient guère des parties correspondantes de \'E. siciliensis.
dette espèce est tout particulièrement favorable à l'étude des organes segmentaires, au moins dans la région tout à fait postérieure qui reste paie el transparente chez les individus encore jeunes. La conformation de ces organes est d'autant plus digne d'intérêt que M. Ehlers a donné récemment de l'organe segmentaire des Euniciens une description entièrement erronée, reposant sur une méprise1. Celte erreur est provenue sans doute de ce que l'auteur a examiné des individus conservés dans l'alcool, chez lesquels il est presque impossible de reconnaître le caractère essentiel de l'appareil, à savoir les cils vibraliles du tube et l'ouverture interne.
J'ai décrit précédemment5 à la base du pied, près de l'insertion de la
1 Die Borslenwiirmer, p. 311, chez l'JE. Claparedii Qtrfg- flélerminée ;'i lort par l'auteur comme K. Harassii And Edw.
■ Glanures tootomiques, p. 120 (Soc. de Phys. XVII, p. 580). L'espèce est désignée sous le nom d'£. Harassii And. Edw M. de Quatrefages qui a donné depuis lors à celle espèce le nom ri'/?. Claparedii Hisl. nul. desAnnelés, II, p. 652), s'exprime à son sujel de la manière suivante : « A part les cararlères du genre, je ne vois pour ainsi dire pas un seul irait de ressemblance entre les deux espèces, en admettant l'exactitude des descriptions et des figures du savant genevois.» La description circonstanciée rie TE. Harassii typique donnée dans l'intervalle par M. rie Quatrefages, m'oblige à rionner entièrement raison à ce -avant dans la distinction établie par loi. Plusieurs caiactères ne peuvent laisser aucun doute à cet égard. C'est ainsi qu'un ries traits les plus saillants rie YE. Claparedii esl ri'èlre d'un rouge vineux avec, une bande blanche ou quelquefois plusieurs dans la région antérieure du corps. La position de celle bande est quelque peu variable, mais son existence même est parfaitement constante, comme je m'en suis convaincu rie nouveau par l'examen de nombreux individus à Naples. Celte bande n'existe jamais dans la vraie E. Harassii. Un caractère plus décisif encore, c'est que le cirre dorsal esl articulé en chapelet dans YE. Claparedii, taudis qu'il esl lisse et suliulé dans l'espèce ri'Auriouin et Edwards. L'iniporlanre de ces caractères différentiels est trop grande pour que j'insiste sur les autres cités encore par M. de Quatrefages. Je ne suis du reste pas l'auteur premier de celle fausse détermination. Dès 1838, M. Grube, dans un excellent travail anaioniique (Zur Anut. u. Physiol. (1er Kiemenwiirmer, Kônigsberg, p. 35) que M. rie Quatrefages a perdu de vue en traitant ce sujet, M. Grube, dis-je, a considéré comme étant YE. Harassii une espèce évidemment identique à celle que j'ai éludiée et que M. rie Quatrefages a dénommée depuis lors E. Claparedii. Récemment encore, M. Ehlers {Die Borstenwiirmer, p. 312), qui paraît ignorer la discussion consacrée par M. de Quatrefages à celle question, considère de nouveau comme YE. Harassii une
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branchie chez YE. Claparedii Qtrfg. une lâche circulaire sombre, formée par un amas de pigment. Sans m'exprimer d'une manière positive sur le rôle de ce petit organe, je remarquai déjà à celte époque que j'avais en vain cherché dans l'intérieur du pigment un corps susceptible d'être considéré comme un cristallin. Cet amas de pigment a été retrouvé depuis lors par M. Ehlers chez celte même E. Claparedii (E. Harassii Ehl.), mais il a cru pouvoir le considérer comme une partie importante de l'organe segmentaire. Il le suppose en relation avec un prétendu tube chitineux el avec un faisceau de soies qu'il appelle le faisceau de l'organe segmentaire, parce qu'il le croit enfermé dans un diverticule de ce tube chitineux. M. Ehlers n'avait pas encore entre les mains, au moment de sa rédaction, mon mémoire sur les Annélides de Naples, sans cela je ne doute pas qu'il n'eût modifié sa manière de voir à l'égard de ces soies. Ce sont elles, en effet, que j'ai décrites sous le nom d'acicules du cirre dorsal (parce que leur pointe pénètre généralement dans la base du cirre), comme existant chez la grande majorité des représentants de la famille des Euniciens. Je les avais déjà mentionnées et figurées dès 1864 chez l'I?. Claparedii elle-même. Or, ces soies n'ont rien à faire avec l'organe segmentaire. Ce sont tout simplement les acicules de la rame supérieure, devenue rudiraenlaire chez les Euniciens. Cela est si vrai que, lorsque la dernière trace de la rame supérieure, le cirre dorsal, disparaît, comme dans le genre Lumbrieonereis, ces acicules disparaissent égaleespèce qui n'est que \'E. Claparedii. I.n synonymie îles deux espèces parait devoir s'établir de la manière suivante :
1° Eunice Harassii.
Eunice Harassii Aud. Edw. Clas?if. îles Annélides. Ami. se. nat. 1833, I. XXVII, pi. XI, fig. 5-7, 10-11 ; t. XWIII, p. "215.
» » Qtrfg. Hisl. nat. des Annelés, 1865, I, p. 307.
? Eunice Harassa Johnsl. Catalogue of non parasit. Worms, 18(55, p. 132.
2° Eunice Claparedii.
Eunice Harassii Grube, Zur Anal. u. Physiol. d. Kiemenwùnner. Kônigsherg, p. 35.
y » Clprd. Glanuresanat. parmi les Ann. de Port-Vendres, 1864, p. 118, pi. II, lig. 5.
Eunice Claparedii Qtrfg. Hist. nat. des Annelés, tome II, 1865. p. 652. Eunice Harassii Ehlers (excl. syn.), Die Borstenwûrmer, 1868, p. 312.
nient. Mais dès que le cirre reparaît, à peine perceptible comme un rudiment de boulon (ainsi chez le Notocirrus Bilairiî), les acicules reparaissent aussi. Lorsque le cirre dorsal devient très-lopg, ces acicules s'allongent également d'une manière frappante, ainsi chez les Staurocépbales. Ces acicules sont donc les représentants de la rame dorsale fondue dans la ventrale : ils n'ont rien à faire avec l'organe segmen taire.
Mais l'amas de pigment n'est |ias davantage la partie essentielle de l'organe segmenlaire, et je pense pouvoir affirmer qu'il n'a aucune relation quelconque avec lui. On le retrouve chez YE. schirobranchia, chez la Hyalinœcia riqida et sans doute chez d'autres espèces, aussi bien que chez YE. Claparedii. Chez YE. schizobranchia ce sont des taches sphériques d'un noir bleuâtre ou violâtre (fig. 6, t) qui apparaissent à partir du 75me segment environ. Les premières sont un peu diffuses, mais les suivantes ne lardent pas à se présenter sous la forme d'une masse compacte. Leur apparence oculiforme m'a porté à chercher un cristallin dans l'intérieur, mais je n'en ai pas plus trouvé que dans YE. Claparedii. Cependant je suis plus disposé qu'autrefois à les considérer comme des organes visuels, depuis que j'ai découvert chez YE. vitlata, comme je le montrerai plus loin, de véritables yeux latéraux. Il peut paraître singulier que M. Ehlers ait considéré ces organes comme une partie essentielle de l'organe segmenlaire, mais l'énigme disparait lorsqu'on voit ce savant chercher à justifier sa manière de voir en invoquant les « organes segmentaires pigmentés des Alciopiens. » Or, l'appareil segmenlaire des Alciopiens n'est jamais pigmenté. M. Ehlers1 songe évidemment aux glandes sombres des Alciopiens, qui sécrètent le liquide jaune défensif, mais qui n'ont absolument rien de commun avec les organes segmenta ires.
Tous ces organes n'ont donc rien à faire avec l'appareil segmenlaire. En revanche les véritables organes segmentaires ne sont point difficiles
1 Ce savant a été évidemment victime d'un lapsus memnriœ. En effet, il ne parait pas avoir étudié luimême les organes segmentaires des Alciopiens et les seuls auteurs qui s'en fussent occupés au moment où il écrivait son ouvrage, savoir MM. Krolin, Hering et Keferstein, ont bien su distinguer les organes segmentaires des glandes sombres.
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à voir chez cetle espèce, lorsqu'on place l'extrémité postérieure du ver sous le microscope, dans la supination. On voit alors, clans chaque segment, l'ouverture interne de l'appareil non loin du bord latéral, sous la l'orme d'un gobelet (fig. 6, e) dont le bord est li.\é au dissépiment (eh qui sépare ce segment du précédent. Ce gobelet est tapissé à l'intérieur de cils vibraliles qui s'agitent vivement. Du fond du gobelet naît un tube cylindrique (V) qui décrit une courbe et se dirige vers la base du pied, où il s'accolle à la paroi du corps. Ce tube est facile à trouver, grâce au mouvement des cils qui s'agitent dans l'intérieur. 11 n'en est pas de même du pore externe que j'avoue n'avoir pas réussi à reconnaître. Sur le tube reposent trois poches (g) transparentes, tapissées d'un épithélium mamelonné, et remplies, à l'époque où je les étudiai, d'un liquide incolore. Ces poches seraienl-elles peut être en relation avec l'organe segmentaire, comme les vésicules séminales des Alciopes? Je n'ai pu acquérir de certitude à cet égard. Cependant l'absence de cils vibraliles dans l'intérieur me l'ail douter qu'elles aient des relations directes avec cel appareil.
A la base du pied, on trouve (fig. 6, f) cetle poche glanduleuse opaque, blanchâtre à la lumière incidente, que j'ai déjà décrite et figurée chez divers autres Euniciens et qui parait déverser son contenu sur les soies.