‹ Les annélides chétopodes du Golfe de Naples (volume 4)Chapitre 8 sur 20 · EUNICE VITTATA · texte numérisé non relu

EUNICE VITTATA

Nereii vitlula Délie Chiaje, Memorie sugli Anim. senza vert. IV, ]> 195. — Destrizione e notomia,

pi. 1G6, fig. 12.

Euuice vitlata Délie Chiaje, Descriz. e notomia, V, p, 101.

» » Grube, Die Insel Lussin u. ihre Meeresfauna, p. 79.

» » CJprd. Annélides Cliéiop. du golfe de Naples, p. 133 (Sot. de Physiq. XIX, p. 443), pi. VI, lig. 3.

Euuice limusu Ehleis, Die Liorslcnwurmcr, p. 348, laf. XV, lig. 15-2:2.

1 Dans mes Annélides du ijolj'e de Naples, les branchies de celle espèce sont indiquées une fois comme commençant au 41M segment et l'autre comme n'apparaissant qu'au cinquième. Celte divergence apparente lient à ce que je me suis exprimé dans le premier cas conformément à la théorie qui fait des deux premiers anneaux apodes un segment buccal bi-annelé, tandis que, dans le second, j'ai considéré ces deux anneaux comme deux segments distincts.

Bien que celle espèce ' ait encore l'ail récemment l'objet d'une élude soignée de la part de M. Ehlers, il resle à menlionner à son sujet une particularité fort remarquable, resiée jusqu'ici inaperçue. Dans les 40 ou 50 derniers segments, dépourvus de brancbies, on trouve à la base de chaque pied, sur le bord postérieur de cel organe, un pelit œil formé d'un amas de pigment et d'un cristallin. Cet œil est relativement bien plus pelit que les taches oculiformes des pieds chez YE. Harassii, YE. Claparedii, YE. rubrocincla et la Ilyalinœcia rigida. Ces dernières sont aussi moins superficielles. Vu rapprochement de ces organes ne s'en présente pas moins fort naturellement à l'esprit.

TRIBl DES LOMBRINÉRÉIDES (schmarda).

Genre DRILONEREIS.

Pedes tmiremes, setis omnibus simplicibus, cirris dor.sualibus ventralibitsque desideratis. Làbruin nitllum.

Drilonereis Filum.

Lumbriconereis Filum Clprd. Aiinél. chélop. de Naples, p. 144 (Soc. de Phys. p. 454), pi. IX, lig. i.

PI. II, fig. 4.

M. Ehlers, dans une revue critique de mes Annélides de Naples, a remarqué4 que j'ai eu tort de placer celte espèce dans le genre Lumbriconereis, dont elle s'éloigne par la forme des mâchoires et par la cir-

1 M. Ehlers (Gôltingische gelehrte Ameigen, 21 April 1869, p. 615) se demande si YE. viltata n'est pas identique à son E. ritbrorinrla. Il suffit cependant de comparer ses dessins des pieds et des soies de son E. liimisa avec ceux que j'ai donnés de \'E. villala, pour s'assurer que l'identité ne peut concerner que ces deux dernières. D'ailleurs YE. rubrocincla possède des soies en spaluie peclinée el de grosses lâches oculiformes aux pieds branchies, semblables à celles de YE. Harassii et de Y E. Claparedii, caractères qui font défaut à l'Ë. viltata. Il est vrai que M. Ehlers parle seulement de deux bandes colorées sur le dos de chaque segment, mais la troisième bande étant en général fort mince et très-rapprochée delà seconde, échappe facilement aux regards. Le nombre des paires de branchies n'est pas parfaitement constant, mais la localisation de ces organes dans la partie antérieure du corps est très-caractéristique.

* Gotlinyische gelehrte Anzeigen, 21 April 1869, p. 616.

constance que les pieds sont armés de soies simples, toutes d'une seule espèce. Celte remarque est d'autant plus juste qu'un caractère d'une valeur bien plus considérable encore, éloigne celle espèce des Lumbriconereis el justifie amplement la formation d'un genre nouveau. Ce caractère, c'est l'absence complète du labre, soit pièce maxillaire inférieure. C'est, je crois, le premier exemple d'un Eunicien privé de celle pièce.

La fig. 4 représente l'extrémité de la trompe à demi extroversée. La richesse vasculaire de cet organe est fort remarquable. Les deux pinces et les longs supports de l'appareil maxillaire ont une forme assez constatée. Les paragnalhes paraissent au contraire sujets à certaines variations de forme. La base des supporls est recouverte par une pièce hexagonale qui ne parait pas non plus très -constante. M. Ehlers pense pouvoir placer celle espèce dans sa tribu des Euniciens prionognathes, que je ne trouve pas dans la pratique toujours bien nettement distincte de celle des Euniciens labidognalhes. La Drilonereis Filum, malgré les anomalies de ses mâchoires, est, par loul son habilus, une vraie Lombrinéréide '.

Famille des LYCORIDIENS Grube.

( NÈRÉIDIENS Quairefages.) Genre NEREIS Linn. (sens, str.)

Le genre Nereis est certainement un des plus dignes d'attirer l'attention des naturalistes, à cause des singuliers phénomènes de reproduction

1 La classificalion «i.>s Euniciens en tribus d'après le seul caractère des mâchoires donne, comme on pouvait s'y Attendre, des résultats très-arlificiels. C'est ainsi que les Ennicideset les Lombrinéréides iypiques, dont quelques auteurs font aujourd'hui deux familles distinctes, -ont réunies dans la tribu des Labidognalhes landis que des genres éminemment voisins des Lumbi ironereis, comme les Notocirrns et les Drilonereis se trouvent placés parmi les Prionognathes. Je pense d'ailleurs que .M. Ehlers formerait une tribu à part pour les Drilonereis, à cause de l'absence de lahre. Pour ma part, je n'hésite pas à donner la préférence à la division des Euniciens en Stauroréphalides, Euni'ides, Lysarélides et Lombrinéréides, groupes M naturels que certains auteurs les oui élevés au rang de familles distinctes.

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que nous présentent une partie de ses espèces. A peine soupçonnés lorsque je publiai mes « Cliélopodrs de Naples,» ces phénomènes sont aujourd'hui mis au-dessus de toute espèce de doute. Le présent Mémoire est surtout destiné à en taire saisir toute l'étendue et en révéler des côtés non entrevus jusqu'ici. Mais, je dois le dire d'emblée, si mes recherches contribuent a la solution de curieux problèmes, elles en font surgir de nouveaux tout aussi dignes d'intérêt.

Dès 18(>4, M. Malmgren fut conduit à soupçonner une liaison génésiipie entre les Lycoridiens du genre Nereis et ceux du genre Héléronereis dans le sens le plus étendu de ce mot, c'est-à-dire en comprenant sous cette dénomination les sous-genres démembrés par M. Malmgren sous les noms d'Iphinereis. d'Eunereis et d'Hedyle. Ce soupçon naquit d'une comparaison, d'une part de la Nereis pelagica Linn. avec VHeteronereis grandi folia {Nereis grandi folio Ralhke), et, d'autre part, de \a Nereis (Leontis) Dumerilii. Aud. et Edw. (Nenitepas variabilis OErsted) avec lJ Heleronereis (Iphinereis) fucicola GErsl. Fait-on en effet abstraction des appendices foliacés et des soies rémigères si particulières de la région postérieure du corps, ainsi que du renflement des cirres dorsaux dans la région antérieure et de la crénulalion des cirres dorsaux dans la région postérieure, chez les lléléronéreides mâles, il y a entre ces espèces une ressemblance qui va presque jusqu'à l'identité. Or les caractères que nous venons d enumérer, paraissant ne se développer qu'à l'époque de la maturité sexuelle, pouvaient bien n'avoir pas grande importance spécifique. Quoi donc de plus séduisant que devoir dans les Néréidiens la souche agame d'individus sexués apparaissant sous la forme d'Héléronéreidiens? Le fait que le savant finlandais trouvait régulièrement les Iphinéréides pleines d'oeufs ou de sperme, tandis qu'il cherchait vainement les organes générateurs de la Leontis Dumerilii, ne devait-il pas ajouter encore à la séduction de celle hypothèse? Cependant, en 18f>7, M. Ljungman faisait parvenir à M. Malmgren des exemplaires de la Nereis (Leontis) Dumerilii renfermant des œufs de taille assez considérable. M. Malmgren n'osa plus considérer celle forme comme la souche agame d'une Iphi-

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nereis. Mais il avait entrevu la vérité et ne pouvait renoncer totalement à son hypothèse première. « Je n'ai point renoncé, dit-il', à ma supposition que toutes les espèces des genres Iphinereis et Hétéronereis ne sont au fond que des formes sexuées dans des séries de générations encore inconnues. Peut-être que dans l'espèce si polymorphe décrite par moi sous le nom de Leonlis Dumerilii, se dissimule une plus petite espèce qui prend, pendant l'époque de la maturité, les caractères d'Iphinereis, pour les déposer plus tard et revenir à la forme agame. » Dans l'esprit de l'auteur, celte dernière remarque devait sans doute rendre compte de ce fait, que beaucoup d'individus de la forme de Leonlis atteignent une taille bien plus considérable que les Iphinereis.

Il ne faut donc pas perdre de vue que M. Malmgren a admis d'abord une génération alternante, puis une métamorphose, pour rendre compte des affinités entre les Néréides et les Héléronéréides. Nous montrerons plus loin combien ces deux hypothèses étaient justifiées. C'est dans tous les cas à M. Malmgren que revient l'honneur d'avoir le premier entrevu les vraies relations des Néréidiens et des Hétéronéréidiens et d'avoir provoqué les travaux de ceux qui s'occupent aujourd'hui avec succès de ce sujet.

En 1867 M. Ehlers arrivait de son côté2 à constater les mêmes faits et à les interpréter en faveur d'une métamorphose des Néréides en Héléronéréides. La seconde livraison de son bel ouvrage « Die Borstenwûrmer, » parue à la fin de l'année 18G8, renferme une série de recherches qui rend à peu près indubitable l'unité spécifique de la Nereis (Lipephilej cultrifera Grube et de VHeleronereis lobulata (Lycoris lobulala Ralhke); de la Nereis pelagica Linn. et de VHeleronereis grandi folia [Nereis grandi folia Ralhke); de" la Nereis (Leonlis) Dumerilii Aud. et Edw. et

1 Ann'ilala polycliœta Spetsbergiœ, etc., p. 59.

2 Dans mes Annélides cltélopodes du golfe de Naples, p. 172 (Soc. de Phys t XIX, p. 482), j'ai représenté M. Ehlers comme ayant simplement développé l'hypothèse de M Malmgren. Ce savant m'a adressé une réclamation à ce sujet, en me déclarant qu'il était arrivé à reconnaîlie la parenté des Néréides et des Héléronéréides à une époque où les travaux de M. .Malmgren lui étaient inconnus. Je lui donne volontiers acte ici de cette déclaration.

de YBeteronereis fucicola GErsted ; de la Nereis vexillosa Grube et de 17/?-

leronereis Middendorffii Malmg. : de la Nereis (Nereilepas) fucata (Lycoris fucala Sav.) el de VHeteronereis glaucopis Malmg. Chez quelques autres espèces, telles que la Nereis Agassizii Ehl. et la N. virens Kinb., il a également fait connaître une forme d'Héléronéréide.

Les arguments de M. Ehlers sont comme ceux de M. Malmgren basés sur la comparaison d'individus conservés dans les musées. Ils sont d'ailleurs de même nature. Seulement l'auteur s'est livré à une élude extrêmement minutieuse des rames pédieuses, permettant une comparaison rigoureuse des formes. Il a dirigé son attention sur les phases intermédiaires et rencontré des individus chez lesquels l'armure pédicuse de Néréide était déjà partiellement tombée, pour faire place à des soies nouvelles présentant la forme caractéristique des Hétéronéréides. M. Ehlers pense que les Néréidiens se transforment en Héléronéréidiens au moment de la maturité sexuelle. Il appelle par suite les premiers des phases aloqucs et les seconds des phases épiloques. Ces noms ne peuvent être conservés, quelque convenables qu'ils puissent paraître au premier abord. Nous verrons en effet que certaines espèces passent durant l'histoire de leur évolution par deux périodes d'épilocie, l'une sous la forme de Néréide, l'autre sous celle d'Héléronéréide.

Lorsque je publiai mes « Annélides chélopodes du golfe de Naples, » les travaux de M. IMalmgren m'étaient connus et la première note de M. Ehlers relative aux Hétéronéréides venait de paraître. Je crus cependant devoir conserver le genre Hétéronéreis. La question n'était pas assez mûre. Ma propre expérience me semblait parler peu en faveur des idées nouvelles. J'avais étudié, dans mon premier séjour à Naples, un assez grand nombre d'espèces de Néréides que j'avais vues arriver toutes (à l'exception d'une seule) à maturité sexuelle. En revanche, je n'avais rencontré qu'une seide espèce d'Héléronéréides, dépourvue d'éléments reproducteurs. M. le prof. Panceri, qui collecte des Annélides pendant toute l'année pour le Musée de Naples, m'assurait encore au début de l'année 1869 n'avoir jamais vu d'autre Héléronéréide que celle décrite

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par moi sous le nom de H. Malmgreni, tandis qu'il a réuni un nombre considérable de Néréides.

Aussi, malgré la force des arguments réunis dans les Borstenwùrmer de M. Eblers, que je reçus à Naples en décembre 1868, j'eus de la peine à me laisser convaincre par eux. Je repris avec ardeur l'élude des Néréides el des Héléronéréides, accumulant les caractères différentiels entre les deux formes. Toutefois, après de longs labeurs, je dus reconnaître la justesse des vues de M. Malmgren et de M. Ehlers. Je ne regrette point les longues journées consacrées à celte étude couronnée par un résultai tout autre que celui que j'attendais. Il en est résulté une foule de faits et de problèmes nouveaux. L'analomie des Lycoridiens a fait par là des progrès considérables, possibles même après les recherches approfondies de M. Ehlers. Il ne faut, en effet, pas oublier que ce savant a fait la plus grande partie de ses recherches au Musée de Gœltingen, d'après des animaux conservés dans l'alcool. J'admire tout le parti qu'il en a su tirer, mais je comprends aussi que bien des détails d'organisation aient dû lui échapper.

Les Hétéronéréidiens sont donc rattachés aux Néréidiens par un lien génétique. Mais toutes les espèces de Néréides ont-elles une forme héléronéréidienne? Je n'hésite pas à répondre à celle question par la négative. Non-seulement le nombre dTléléronéréidiens jusqu'ici connu est bien faible comparativement à celui des Néréidiens, mais encore ce sont toujours les mêmes espèces d'Hétéronéreides qu'on rencontre dans toutes les mers. Il est bien remarquable tout au moins que les deux seules espèces d'Hétéronéreides que j'aie observées à Naples, soient au nombre de celles étudiées par M. Malmgren et par M. Ehlers'.

1 Au moment où je corrige les épreuves de ces nages, j'apprends que les relations des Néréides et des Héléronéréides viennent de fane l'objet de quelques observations de la part de M. Bobrelzky. Le Mémoire de cet observateur, intitulé Ripptirl sur les recherches iDolai/iques finies pendant l'été iSô9 sur les boni- île la Mer Noire, vient de paraître à Kiew en langue russe; mais j'en dois une analyse à l'obligeance de M. Mecznikow. L'auteur énumère 42 espèces d'Annélides dans la baie de Sébastopol, entre autres quatre Néréides : N. ptilsatoria Ribk , N cullnfera Gnihe, N. Dumerilii lUbk. el A', cgliwlratn Ebl. A deux de ces Néréides (M. Bobrelzky n'indique malheureusement pas lesquelles) correspondent deux espèces d'Hétéronéreides, et des formes intermédiaires entre la phase de Néréide et celle d'Ilétéronéréidu, ont

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Un grand nombre des espèces de Néréides jusqu'ici décrites ne l'ont pas été d'une manière assez circonstanciée pour permettre d'être retrouvées avec certitude. Ce n'est pas l'un des moindres mérites de l'ouvrage de M. Ehlers d'avoir étudié avec une extrême exactitude plusieurs anciennes espèces de manière à permettre leur détermination avec une parfaite certitude. J'ai déjà combattu précédemment l'opinion de M. de Qualrefages que les Annélides n'occupent que des aires géographiques très-restreinles et que les espèces de la Méditerranée sont dans la règle distinctes de celles de l'Océan. Cependant l'autorité de celle opinion m'empêcha naguère de réunir certaines espèces napolitaines à des espèces déjà connues de la mer du Nord. Aujourd'hui les descriptions circonstanciées de M. Ehlers ne permettent plus cette hésitation. Je reconnais dans plusieurs espèces décrites par lui d'après des types septentrionaux, des espèces répandues à Naples dont j'établirai plus loin la synonymie.

Nous sommes redevables à MM. Kinberg et Malmgren d'une beaucoup plus grande netteté dans les diagnoses d'espèces que celle atteinte par leur devanciers. Cela lient à l'extrême importance qu'ils n'ont cessé d'accorder, non-seulement à la forme des rames pédieuses, mais encore à la disposition des paragnathes. Il est un autre caractère qui n'a pas été à mon avis apprécié à sa juste valeur. C'est celui de la forme et de la distribution des soies. Sans doute, les auteurs figurent d'ordinaire avec beaucoup d'exactitude une soie en arête et une soie falcigère de chaque espèce de Lycoridien. Mais ils ne tiennent, en général, pas compte de ce que le nombre des formes de soies est le plus souvent supérieur à deux,

été recueillies par l'auteur. Plus de 50 individus h'téronéréidipns observés par M. Bobretzky étaient remplis d'éléments reproducteurs, et la grande délicatesse des tissus que j'ai signalée chez les Hétéronéréides s'explique, selon lui, par l'extrême abondance de ces éléments. Je ne comprends pas très-bien ce que l'auteur a voulu dire par là; mais les observations relatées plus loin, sur la métamorphose des libres musculaires, le feront sûrement changer d'avis. Les Hétéronéréides de Al. Bobrelzky n'étaient point pélagiques, mais littorales. Il serait intéressant de savoir si ces Hétéronéréides ne seraient pas précisément celles de la N. Oiimerihi et de la N. cullriferu, les seules que j'ai observées à Naples. .Mon opinion, que ces remarquables métamorphoses ne concernent qu'un petit nombre d'espèces, en prendrait d'autant plus de force.

42 ANNELIDES ClIÉTOPODES

et leur mode de distribution dans les différents groupes de soies est dans la règle passé sous silence.

On observe chez les Néréides deux sortes d'articulation de l'appendice terminal avec la hampe. Dans l'une des formes, la hampe se prolonge en une pointe très-saillante du côté du tranchant de l'appendice (PI. VII, 2 E, c, d; 3 B, b, c, etc.), tandis qu'elle s'élève à peine au-dessus du niveau de l'extrémité inférieure de l'article du côté opposé. Ce mode d'union est ce que j'appellerai une articulation hétérogomphe. Dans l'autre sorte, l'extrémité de la hampe forme une gaine partout d'égale hauteur autour de l'extrémité articulaire de l'appendice. C'est là ce que j'appelle une articulation liomogomphe (PI. VIII, 2 E, a, b; 3 B, a, etc.). L'articulation hélérogomphe n'est donc qu'une articulation liomogomphe tronquée très-obliquement. Les soies falcigèrcs pouvant èlre tantôt homogomphes, tantôt hétérogomphes, aussi bien que les soies en arête, il résulte immédiatement de celle distinction quatre formes de soies. Chez les espèces où ces quatre formes existent, la position de chacune d'elles est parfaitement invariable. Il y a en réalité souvent une cinquième sorte de soies, d'importance moindre, que j'ai signalée déjà chez beaucoup d'espèces. Il arrive souvent, en effet, que dans les premiers segments du corps les soies falcigères normales sont remplacées par d'autres, à article beaucoup plus grêle et allongé. M. Ehlers qui les a remarquées aussi chez certaines espèces, en fait une forme particulière de soies en arêle. Mais l'article n'est en réalité qu'une serpe allongée. Aussi, chez certaines espèces, cette soie très-caractéristique dans les deux ou trois premiers segments, passe graduellement à la forme normale dans les segments suivants, par un raccourcissement gradué de l'article.

Comme exemple du mode de distribution des soies, je donnerai ici la formule de la Nereis (Ceralonereis) gultala Clprd. :

Rame supérieure arêtes homniromphes.

Ceralonereis guttata. { / faiscea[) supérieur } arêtes homogomphes.

Rame inférieure I r ( serpes helerognmphes larges.

faisceau inférieur i aiêles hom°g<"npnes.

j serpes hétérogomphes unes.

c'est-à-dire que les soies en arête homogomphes forment tout le faisceau de la rame dorsale, et le groupe supérieur dans les deux faisceaux de la rame ventrale; les soies falcigères hétérogomphes forment le groupe inférieur, soil du faisceau supérieur, soit du faisceau inférieur de la rame ventrale. Celle espèce ne présente nulle part de soies en arête hétérogomphes, ni de soies falcigères homogomphes.

Les mâchoires de toutes les Néréides que j'ai éludiées jusqu'à présent sous ce point de vue, el probablement de toutes les espèces du genre, présentent une organisation très-remarquable qui doit faire admettre chez tous ces vers l'existence d'un appareil à venin non soupçonné jusqu'ici. Ces mâchoires, de consistance cornée et formées vraisemblablement de chitine, sont solides en avant, mais creuses dans la partie postérieure el élargie qui sert à l'attache des muscles. La région antérieure, solide, est parcourue par deux canaux étroits, souvent un peu sinueux, qui mettent en communication la cavité de la partie postérieure de la mâchoire avec le monde extérieur (PI. IV, lig. 2 B, 3, 5; pi. VII, fig. 2 A, 3 C, etc.). Ces canaux tubulaires s'ouvrent au dehors au niveau des deux premières dents de la mâchoire. Quoi de plus naturel que de voir dans ces tubes les canaux excréteurs de glandes destinées à déverser un liquide venimeux dans les plaies infligées par les Néréides à leur proie? Il s'agit seulement de trouver ces glandes à venin. Chez la forme hétéronéréidienne de la N. Dumerilii, le seul Lycoridien que j'aie étudié à ce point de vue, je trouve la cavité de la mâchoire occupée par un tissu tout particulier (PI. IV, lig. 5, c). C'est un réseau de fils proloplasmiqu.es fort ténus, à mailles assez laxes, avec des noyaux larges de 5micr semés de dislance en distance (PI. IV, o A). Sans doute ce tissu s'écarte notablement de celui des glandes ordinaires, Cependant je crois ne pas commettre de péché histiologique irrémissible en supposant que ce tissu réliculaire est susceptible de sécréter un liquide venimeux.

44 AXNELIDES CHÉTOPODES

Sous-genre LEONTIS Mlmgr.

(Incl. PISENOE Kinberg et PLATYNERE1S Knbg.)

NEREIS (LEONTIS) DUMERILl) '.

a. Forme néréidicnne.

Nereis Dumerilii And. et Edw. Annales des Se. nalur., I. XXIX, 1833, p. 218, pi. xm, lig. 9-12. ? i » H. Rnlhki', Beitr. z. Fauna Norwegens. Verhandl. d. l.eop.Carol. Acad d. Nalurf. XX.

Ablli. 1. p. 163. Tab. vu, lïg. 4-5.

« .. Johnsion, Miscellanea zoolog. Aimais ol' Nat. Hist. V, 1840, p. 174, et Catalogue of

non parasit. Worms, 1865, p. 156.

Nereis :osleriroln Œrsted, Annulatorum danicorum Conspecttis, 1843, p. 22, lig. 20, 29, 67, 70, 71, 74. Nereis Dumerilii Qusitrf. Hist. nalur. des Annelés, 1, 1865, p. 502. Leontis Diimerilii Malingr. Annulata polycliaela. Helsingfors, 1^67, p. 52. Nereis periloiualis Clprd. Annélides cliétop. du golfj de Naples, 1868, p. 157 (Soc. de l'bys.. I. XIX,

Nereis Dumerilii Ehlers, Die Borstenwûrmer, 1868, p. 535, pi. xx, lig 21-37. Nereis Massiliensis Muquin-Taudon, Annales des Sciences naturelles. 1869.

i>. Forme licléronéreidiennc.

Heleronereis fucirola (Ersled, Annulât, danic. Cnnspecius, 1843, p. l'J, lig. 17,55-58, 61, 62.

Nereilepas variabilis (Ersled, Ibid., p. 20, Rg 18, 26, 5'. 52, 51, 59,60.

Ipliinereis fucicola Malingr. Nordiska Hais Annulater. Oefversigt al" k . Vet. Akad. Forh. 1865, p. 182

Annulata polychaela, 1867, p. 58, laf. \, lig. 29-.;0. Heterunereis Malmgreni Clprd. Annélides cliétop. du golfe de Naples, 1868. p. 173 (Société de Phvs.,

XIX, p. 483), pi. xi, lïg. 1.

Nereis Dumerilii Ehlers, 1868, connue ci-dessus.

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