TOME XX, IMPARTIE
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Les régimes de zoospermes ont été déjà ligures par Rathke, qui les considéra d'abord comme des zoospermes isolés de forme bizarre. Chaque zoosperme est, en réalité, filiforme, avec une tète sphérique, large de 2 micromètres.
Mes observations sur le système nerveux sont une confirmation et une extension de celles de Rathke. Dans la région thoracique ce savant a vu un seul ganglion par segment. Il en décrit, en revanche, deux, un grand et un petit dans chaque segment de la région abdominale. C'est trèsjuste. Cependant les segments abdominaux comprennent, en réalité, trois ganglions, le gros ganglion antérieur de Rathke étant histologiquemenl double (fig. 1 M).
Les deux cordons nerveux sont juxtaposés dans les connectifs interganglionnaires. Ils s'écartent l'un de l'autre dans l'intérieur des ganglions, et, dans l'intervalle, viennent se loger des cellules ganglionnaires. Les parties latérales des ganglions sont aussi formées par les cellules nerveuses. Chacun des trois ganglions donne naissance à une seule paire de nerfs.
Genre AMPHICTENE Sav. (Mlmgr. rev.)
M. Malmgren a rétabli le genre Amphiclene de Savigny comme distinct du genre Pectinaria en prenant pour type YAmphitrite auricoma de Millier, et en restreignant le genre aux espèces qui ont le limbe du plan céphalique charnu découpé en petites dents cirriformes et le tube arénacé légèrement incurvé.
Amphictene auricoma.
Amphitrite auricoma Millier, Zoologia danica, vol. I, p. 26, lab. XXVI.
» >- H. Rathke, Beitr. z. v. Anat. — Reisebem. a. Skandin., p. 56, taf. V.
» » Sars Reise i Lofoten og Finm. 18i9, Xyt Mag. for Nalur. I85Û, VI, p. 86.
Pectinaria auricoma Grube, Familien der Annellden, p. 138.
» » Danielssen, Norsk. Vid. Selsk. i Trondhjem, 2, p. 27 (fide Malmgr.).
» yranulata Jolinst., Catalog of Worms of Brit. Mus., p. 245.
Amphicteneauricoma Malmg., Oefvers. af k. Vet. Akad. Fôrh., 1S65, n"5, p. 3.r>7, laf. XXVIII, fig. 41. Pectinaria betgica (pro parte) Qtrfg., Hist. uat. îles Annelés, 1866, II, p. W.V1. » aurieoma Qtrfg., Hist. uat. des Annelés, 1866, II, p. 335.
PI XXVIII, fig. 2.
Les auteurs ont fait une contusion perpétuelle entre X Amphictene aurieoma et la Pectinaria belgica, confusion qui dure encore. M. de Quatrefages attribue à M. Grube le mérite (ravoir, le premier, distingué clairement ces deux espèces, malheureusement il n'a pas su lui-même mettre à profit ce mérite de son prédécesseur. M. Grube avait, en effet, distingué les deux espèces par les mêmes caractères sur lesquels M. Malmgren base sa distinction des genres Amphictene et Pectinaria. M. deQuatrefages oublie ces caractères dans l'établissement de sa synonymie, et attribue à la Pectinaria belgica le meilleur travail que nous possédions sur VAmphictene aurieoma, celui de Kalbke.
Loin de moi, d'ailleurs, l'idée de jeter un blâme sur les auteurs de cette confusion. Je m'en suis moi-même rendu coupable pratiquement pendant longtemps. Je croyais, dans le principe, n'avoir à faire, pour mes recherches anatomiques, qu'à une seule Pectinaire dont la scaphe variait, il est vrai, beaucoup de forme, ce qui pouvait être une différence sexuelle. Je me convainquis bientôt qu'il n'en était rien, et qu'il s'agissait de deux espèces distinctes'.
L'Amphiclène auricome est bien plus rare que la Pectinaria neapolitana dans le golfe de Naples, et je crois n'en avoir reçu en tout que quatre ou cinq individus. La forme de son tube permet de la reconnaître au premier coup d'œil. La structure analoinique paraît coïncider de tous points avec la P. neapolitana.
Une seule chose peut permettre de douter que cette Amphictene de la Méditerranée soit identique avec celle du Nord. C'est un détail de la
1 Cette confusion a sans doute été faite à chaque instant. Dalyell (The Povien oftlie Creator, vol. Il,
p. ISll) rapporte, par exemple, à propos de sa Siiln'llu belgica (Pectinaria belgica) ipie les tubes sont régulièrement coniques, mais qu'il eu rencontra une fois un exemplaire recourbé comme une défense d'éléphanl C'était sans doute une Amphictene aurieoma.
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description de Rathke qui attribue des cœcum vasculaires contractiles à Y A. auricoma. Ils existent aussi peu chez l'Amphictène de Naples que chez la P. neapolilana' . Mais, à tous les autres points de vue, l'identité avec ce que nous savons de la véritable A. auricoma, est complète. La scaphe (fig. 2) qui semble fort caractéristique n'a pas, il est vrai, été étudiée d'une manière suffisante dans l'espèce septentrionale.
Chez les individus de Naples, la scaphe est entièrement dépourvue de cirres latéraux. En revanche, ses bords membraneux sont découpés de chaque coté en quatre languettes de forme très-constante, toujours recourbées sur le dos. L'extrémité postérieure se prolonge en un appendice triangulaire. Une papille cirriforme (fig. 2, a), cylindrique, est placée en avant de l'anus. Enfin les soies de la base de la scaphe (2 A) sont beaucoup plus nombreuses et plus minces que chez la Pectinaria neapolilana \
Il existe quelques autres caractères différentiels de VA. auricoma comparée à la P. neapolilana. Les segments 3-6 forment des bourrelets ventraux beaucoup plus marqués. Le quatrième segment porte aux côtés de l'écusson ventral, au lieu de deux grosses dents charnues, deux appendices membraneux très-minces. L'écusson ventral du sixième segment est divisé en deux par un sillon longitudinal, etc. Je n'ai pas vu les palées céphaliques dépasser le nombre de 9 dans chaque palmule.
' Les anatomistes devront diriger leur attention sur ce point important. L'abondance des cœcum vasculaires contractiles chez certaines espèces, comme l'Amphictène eu question d'après Rathke, la lJrotula Dysteri d'après M. Huxley, un Ammocliarien du Brésil d'après M. Fr. Mùller, i'Ophelia radiata, la Dasyekone lucullana, le Prionospio Malmgreni, le Lumbriculus variegatus d'après mes propres observations, cette abondance, dis-je, doit avoir une signification physiologique. Faut-il y voir avec M. Huxley un appareil destiné à pomper une partie des éléments dissous dans la lymphe?
2 Le ver que M. Williams a identifié avec l'Amphictène auricoma [Amphitrite Mûll.) doit appartenir à une tout autre espèce, à moins qu'il n'y ait eu une confusion dans ses dessins. Les soies qu'il décrit et qu'il figure (Report un british Annelida, p 208, fig. 28) n'ont rien à faire avec celles des autres Amphicténieus et rappellent bien plutôt celles de certains Polynoïdes.
Famille des TÉRÉBELLIENS Gnibe (Qtrfg. rev.)
La famille des Térébelliens, telle que l'ont délimitée en dernier lieu M. Quatrefages et M. Malmgren, l'orme un tout très-naturel. V Histoire des Ânnelés y distingue trois tribus: les Térébelliens branchies, les Térébelliens abranrhes et les Hétérotérébelliens. Les deux premières sont trèsnaturelles; la dernière ne l'est pas, chacun de ses genres ayant beaucoup plus d'affinité avec certains genres déterminés de Térébelliens branchies qu'avec les autres Hétérotérébelliens. Je ne distinguerai donc que deux tribus, celles des Térébellides (T. branchies, Qtrfg.) et celle des Polycir rides (T. abr anches, Qtrfg.). Les dénominations de M. de Quatrefages ne peuvent être conservées. En effet, M. Malmgren vient de faire connaître plusieurs genres qui, bien que dépourvus de branchies, offrent toute l'organisation des Térébellides et nullement celle des Polycirrides. En outre de ces deux tribus, M. Malmgren en admet trois autres: celle des Artacamides, celle des Trichobranchides et celle des Canéphorides. Comme elles reposent sur des types qui me sont inconnus, je ne puis guère les juger. Elles ne me semblent pourtant point équivalentes aux premières.
Les espèces de Térébelliens jusqu'ici décrites sont fort nombreuses. Beaucoup d'entre elles sont toutefois mal caractérisées et à peu près indéterminables. Certains caractères d'observation facile et d'une fixité assez remarquable, comme ceux tirés des plaques onciales (uncini), soit crochets ventraux, n'ont pas été utilisés comme ils auraient pu l'être. M. Malmgren a été, je crois, le premier à faire entrer en ligne de compte d'une manière conséquente, non-seulement la forme des plaques onciales, mais encore le nombre de rangées qu'elles forment sur chaque tore unchiigère. En effet, le nombre de Térébelliens portant une seule ran-
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gée de plaques onciales sur chaque tore est minime. La plupart en portent une sur les premiers segments (sauf les deux premiers de tous qui en sont dépourvus dans la règle) et deux sur tous les suivants, ou au moins sur une partie d'entre eux. Le plus souvent les sept premiers segments sétigères ont une rangée simple de plaques, mais à partir du huitième la rangée devient double '.
Un examen attentif des tores uncinigères m'a fait trouver dans les plaques onciales d'autres caractères importants jusqu'ici restés inaperçus. Ces plaques n'ont point toujours la même direction, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer chez une espèce delà Manche, et cette direction peut varier, soit dans les différentes rangées, soit dans les différentes plaques d'une même rangée. En effet, les petits crochets qui arment le bord des plaques onciales ont leur pointe dirigée tantôt en arrière, tantôt en avant. Leurs fonctions sont inverses dans les deux cas. Les plaques dont les crochets ont la pointe recourbée en arrière, servent à l'animal à cheminer en avant dans son tube, celles dont les crochets ont la pointe dirigée en avant favorisent au contraire la marche à reculons. Je désigne par suite les premières sous le nom de plaques progressives, les secondes sous celui de plaques rétrogressives. Il y a des rangées entièrement progressives, d'autres entièrement rétrogressives, d'autres, enfin, dans lesquelles des plaques progressives alternent régulièrement avec des plaques rétrogressives. Un degré intermédiaire entre cette dernière forme et les deux précédentes est formée par le cas où deux rangées, l'une progressive, l'autre rétrogressive, sont très-rapprochées l'une de l'autre, sur un même tore, et où les éléments de l'une se glissent en partie entre les éléments de l'autre, c'est ce que j'appelle les rangées engrenantes.
Enfin, il peut arriver que les plaques onciales forment une rangée continue qui se recourbe pour former une parabole dans laquelle l'une des branches est progressive, l'autre rétrogressive. C'est ce que j'appelle une rangée parabolique. Les différents cas sont donc les suivants:
' Ce fait a aussi été relevé par M. Williams.
1° Rangée progressive : I I I I M M I 1 I I
2° Rangée rélrogressive: M I I I I I i i I I I
3° Rangée alterne: l I I I I I I I M i I
4° Rangées engrenantes : I j I | I ) I j I ) I
5° Rangée parabolique
En tenant compte de ces différents modes de distribution des plaques onciales, et du numéro d'ordre des segments où ils font leur apparition, la détermination des Térébelliens se trouve singulièrement facilitée. Les jeunes individus ne ressemblent aux adultes dans cette famille ni par leurs proportions, ni par leur couleur. Mais en tenant compte de tous les caractères tirés des plaques onciales, je n'ai jamais éprouvé de difficulté à rapporter les jeunes individus du golfe de Naples aux formes adultes de la môme espèce.
Un autre caractère, trop souvent négligé dans la description des espèces, est celui de l'existence ou de la présence de soies de soutien dans les palettes de la région abdominale. Gbez beaucoup de Térébelliens, en effet, les tores uncinigères de l'abdomen s'allongent beaucoup et méritent le nom de palettes. Rs ne cessent point pour cela de porter les plaques onciales sur leur bord ; mais ces plaques s'articulent par chacune des extrémités de leur base avec une soie chitineuse rectiligne. Ces soies, dont le nombre est, par conséquent, dans la règle double de celui des plaques onciales, forment un faisceau au centre de la palette, faisceau qui confère à celle-ci une certaine rigidité et facilite ses fonctions d'organe moteur. Souvent ces soies internes paraissent n'être que les tendons chitinisés des muscles qui servent à mouvoir les plaques onciales. On peut les désigner sous le nom de soies de soutien ou de soies-tendons. M. Williams, qui a déjà reconnu très-exactement la liaison de ces soies avec les mouvements des plaques onciales', les appelle tensores hamulo-
1 liepurt un british Annelida, loc. cit., p. 200.
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rutn et laxatores hamulorum; mais ces noms devraient être réservés aux muscles môme qui agissent sur les tendons.