TRIBU DES TÉRÉBELLIDES
Genre HETEROTEREBELLA Qtrfg. '
Syn. LEPRXEA Malmgr.
HETEROTEREBELLA SANGU1NEA.
l'I XXX. fig. 1, et pi. XXIX, lig. 3.
Corj)iis(fi iilnriills r.rrhtsis) loiigifitdine 30-35""", latitttdinr marinm 6mm, rxhrrrinmm, disco rentrait fhoradco pàMùVorr. teittaculis rvlbris. Setce dorsuales segmentorv/m- setigerorum duodeàm anticorwm volubUes, ceeterce ealycigerœ. Uncini sérient wiicam progressivam in segmentis 3 ad 8, duplicem vero a segmente nono, scïlicet anticam progressivam, posticamque retrogressivam efficientes. < 'orpnsnilu lijmpliœ peririsrcntlis ntlmi.
Ce Térébellien est de tous le plus commun à Naples, où il abonde dans la vase du port. Il s'y construit ses tubes entre les Pballousies. On le reconnaît immédiatement (pi. XXX, fig. 1) à sa couleur rouge foncé, au corps large dans la région thoracique, rapidement atténué dans la région abdominale, c'est-à-dire dans celle où les soies dorsales^ changent de forme. Les jeunes individus qui n'ont encore que quelques millimètres de long sont, il est vrai, à peu près incolores, mais la conformation et la distribution des soies permettent toujours de les reconnaître La coloration n'est du reste point due uniquement aux corpuscules rouges de la cavité périviscérale2, mais aussi à un pigment de la paroi du corps.
1 Le nom de Leprœa est, il est vrai, antérieur à la publication de ï Histoire naturelle des Annelés. Toutefois M. de Quatrefages avait fait connaître dès le mois de mars 1865, c'est-à-dire un peu avant la publication de M. Malnigren, une diagnose concise du genre Heteroterebella (Comptes rendus de l'Académie des Sciences de Paris, séance du 'il mars 1S65). La priorité lui est donc acquise. La Terebella mndida Frey et Leuck. (Beitrciije zur Kenntn. wirbelloser Thiere, p. 154), omise dans Y Histoire nalur. des Annelés, doit rentrer dans le genre Heteroterebella.
2 C'est, je crois, le premier exemple d'un ver cbez lequel la coloration rouge des corpuscules de la ca-
Le lobe céphalique a la forme d'une lèvre semi-circulaire, derrière laquelle surgissent les tentacules. Ceux-ci sont encore très-peu nombreux chez les individus (pi. XXIX, fig. 3) qui ont déjà atteint une longueur de deux centimètres. Le segment buccal est achète comme chez tous les Térèbelliens, et porte de nombreuses petites taches oculaires dans le jeune âge. Le second segment est le premier porteur d'une pharètre avec soies dorsales': au troisième commencent les tores uncinigères.
Les soies pharétrales des douze premiers segments sétigères sont formées d'une hampe très-forte (pi. XXX, 1 C), bordée dans la dernière partie de sa longueur de deux limbes étroits qui vont en mourant et disparaissent avant d'atteindre l'extrémité. A partir de ce point la hampe s'aplatit au point de devenir membraneuse, s'enroule en une spire allongée, finement denticulée sur l'un des bords, ' et se termine en une pointe acérée. C'est ce que j'appelle des soies simples à extrémité voluble. Elles se rapprochent de celles de la Terebella pterochœta Schmrd. du Cap1. A partir du 1 4me segment, ces soies sont remplacées par d'autres (1 B), dont l'extrémité se dilate en une sorte de calice à paroi striée, finement denticulé sur le bord ; celui-ci se prolonge sur un point (quelquefois sur deux) en une longue épine. Les plaques onciales (1 D) sont partout semblables, de forme aviculaire, unirostres, avec deux dentelures au sommet; elles reposent sur des tores peu saillants et dépourvus de soies-tendons. Dans les tores de la région postérieure, la rangée antérieure des plaques onciales (progressives) devient graduellement plus courte, et dans les deux ou trois derniers elle disparait même complètement; la rangée rétrogressive persiste alors seule. J'ai même vu chez un individu de 70 segments les 16 derniers n'avoir que la rangée rétrogressive. On voit donc que si les premiers segments ne sont munis que de crochets progressifs, les derniers ne portent en revanche que des crochets rétrogressifs, et que seule la région moyenne a les deux sortes d'instruments de progression. L'anus est terminal, entouré de six papilles à peine marquées.
Les branchies arborescentes sont au nombre de trois paires, qui vont en décroissance d'avant en arrière, mais les jeunes individus n'en possèdent qu'une ou deux paires. L'époque de l'apparition de ces organes paraît sujette à de grandes variations. J'ai rencontré un individu de 74 segments, long déjà de 18mm, qui n'avait encore qu'une seule paire de branchies bien développées, et une seconde paire représentée
vite périviscérale coexiste avec une circulation sanguine. Chez les Capitelliens, les Glycériens, les Polycirrides, enfin chez les Glyeinde Fr. Midi., où il existe des corpuscules rouges de la cavité périviscérale, le système vasculaire fait défaut.
* J'ai déjà remarqué dans les Proléi/omènes que la duplicité du vaisseau axial des branchies, ignorée de M. de Qualrefages, avait été indiquée depuis longtemps par M. Gruhe, puis par M. Williams.