‹ Les annélides chétopodes du Golfe de Naples (volume 5)Chapitre 3 sur 56 · Tome xx, lre Partie · texte numérisé non relu

Tome xx, lre Partie

18 ANNÉLIDES CHÉTOPODES

chez tant d'Annélides par de minces fibrilles ondulées, seulement ils sont ici semés de nombreux petits nucléus (acide acétique) ovales, dont le grand axe est dans le sens des fibres. Ces nucléus sont tout semblables à ceux du névrilème. Chaque cordon est composé lui-même de deux faisceaux ou colonnes (b, c). Quant au cordon transparent médian (a), il prend sous l'influence du carminate d'ammoniaque, suivie d'une macération dans de la glycérine, une apparence parfaitement semblable aux autres. On ne peut donc l'assimiler aux grosses fibres tubulaires, de quelques autres Capitellacés et des Oligochètes. Dans l'intérieur des ganglions les fibres des cordons nerveux deviennent indistinctes, noyées qu'elles sont dans une substance finement granuleuse, identique sans doute à la fibrillare P unktsubstanz de M. Leydig. On peut cependant s'assurer de l'existence dans cette région, au cœur même du ganglion, de nombreux nucléus ovales dont le grand axe est perpendiculaire à la direction de la cbaîne nerveuse. Des noyaux semblables existent dans les trois paires de nerfs qui naissent de chaque ganglion, au moins dans la partie de leur trajet.

Genre NOTOMASTUS Sars.

{A RENIA Qtrfg. '; SANDANIS Kinberg *.)

NOTOMASTUS L1NEATUS.

P1./XVI1, fïg. I.

Notomastus longifudine ultra 12""', latititclme2m",5> mdrorsu/m teres, fusco-ruber,abdomine atbido, depresso, Hmea dormait rubra notato. Abdominis segmenta utrïnqiic macula nigra insignia. Tori mewigeri in branchiam ligidatam supernt jtrodndi.

' L'espèce pour laquelle M. de Quatrel'ages a établi son genre Arenia (A. cruenla Qtrfg.) est à n'en pas douter le Notomastus rubicundus (CapUella Kfrst.), nom qui a pour lui la priorité.

s M. Kinberg (Oefvers. af'K. Vet. Akad. Fùrh. 1866, n°9, p. 343) sépare le Notomastus rubicundus(Capitellu Kfrst.) des autres Notomastes à cause de ses tentacules rétractiles. Mais ce caractère est commun à tous les Notomastes et probablement à tous les Capitelliens. La position que M. Kinberg assigne à ce genre Sandanis, parmi les Amniocbariens, est injustifiable. Ce savant ne paraît, du reste, point avoir étudié lui-même ces vers.

Le iV. linealus compte dix segments à la région thoracique. Le premier (buccal) est achète les suivants portent chacun quatre faisceaux de soies simples (4 G), bordées d'un limbe étroit. La paroi de cette région est charnue et pigmentée de rongebrun. Chaque segment y est divisé par un sillon en doux anneaux secondaires. Toute cette région présente un carrelage hexagonal de la cuticule. Les trois derniers segments thoraciques ont, dans le sillon transversal médian du segment et dans l'alignement de la rangée dorsale de soies, une ouverture de chaque côté'.

Au 1 lme segment commence la région abdominale, caractérisée par des crochets aviculaires (4 H) dont le bec principal est surmonté de deux denticules accessoires. L'extrémité du crochet est enfermée dans une espèce de large gaine, percée d'une ouverture ovale par laquelle sort le bec. La tige du crochet est renflée en son milieu et coudée près de la base. La région abdominale a des parois musculaires d'une épaisseur extrême, sauf au dos. Il en résulte qu'elle présente en général la couleur blanchâtre des muscles (le pigment fait ici défaut), mais que la ligne médiane dorsale est rouge. En effet, le long de cette ligne la couleur rouge des globules de la cavité périviscérale apparaît à travers la paroi amincie. Les crochets sont implantés à chaque segment de la région abdominale sur un bourrelet (4 B, d), qui naît très-près de la ligne médiane ventrale et remonte" sur les côtés jusqu'au dos. Le nombre des crochets disposés en une seule rangée sur l'un de ces bourrelets s'élève parfois à 130 et au delà. Au point où le bourrelet cesse sur le dos, il donne naissance à une languette (4 B, a; 4 C, a), dans l'intérieur de laquelle pénètrent librement les corpuscules rouges de la cavité périviscérale. Ces languettes à paroi mince doivent sans doute être considérées comme des branchies lymphatiques.

Leur surface est, il est vrai, dépourvue de cils vibraliles, mais l'organe lui-même est éminemment contractile et par ses mouvements irréguliers de systole et de diastole permet le renouvellement constant de la lymphe rouge qui le remplit2. Le faisceau dorsal est réduit, comme chez les autres espèces du genre, à 3 ou 4 petites soies implantées dans un ma-

1 Comparez la Capitella major (ci-dessus, page 17).

2 Bien des zoologistes actuels, amateurs de la multiplication des genres, me blâmeront d'avoir laisse cette espèce branchiée parmi les Notomastes. Je rappellerai toutefois que les branchies ne peuvent pas toujours fournir un bon caractère générique, témoin les Glycères. Dans le cas particulier, je considérerais l'établissement d'un genre pour les Notomastes branchies comme entièrement fautif. Chez plusieurs espèces, en effet (iV. Sarsii Clprd.; N. Benedeni Clprd.), le bourrelet ventral se renfle en un mamelon très-appréciable à son extrémité dorsale. La languette branchiale du N. lineatus n'est que l'exagération de ce mamelon et une limite serait impossible à tracer.

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melon à peine appréciable (4 B, d). Entre la languette branchiale et le mamelon dorsal s'élève un bouton comprimé, large; de 0mm,17, hérissé d'une forêt de soies très-délicates, mais roides (4 C, b). J'ai déjà fait connaître cet organe chez divers autres Notomastes.

Le corps de ce Notomaste est très-attenué en avant, grâce à l'étroilesse du lobe céphalique. Les organes vibratiles exsertiles qui surgissent parfois sur les limites de ce lobe et du segment buccal, ont l'apparence de gros tubercules mamelonés (4 A) comme ceux du Nol. rubicundus Kfrst. de la Manche.

Les taches noires signalées dans la diagnose comme caractérisant chaque segment abdominal, sont dues à la coloration sombre des organes segmentaires. Ces boyaux qui ont une position presque transverse, sont très-larges dans la partie tournée vers la paroi externe du segment, trèsamincis au contraire à l'extrémité opposée (4 D, 6), où paraît être la communication avec la cavité périviscérale. Le canal excréteur naît du milieu de la partie renflée. Il est cylindrique et va s'ouvrir en droite ligne à l'extérieur sur une petite papille (a) de la surface dorsale du segment.

Le système nerveux (4 F), comme celui d'autres Notomastes, se distingue par l'existence d'une large fibre tubulaire reposant sur la ligne médiane de la chaîne ganglionnaire. Le cerveau est formé de deux lobes principaux , et de deux autres postérieurs plus petits. Les nerfs naissent non-seulement des ganglions, mais aussi des connectifs interganglionnaires, comme je l'ai déjà signalé chez d'autres espèces du même genre.

Les globules rouges (4 E) de la cavité périviscérale, larges de 20micr, traités par l'acide acétique, permettent toujours de reconnaître, en outre de quelques granulations, un nucléus circulaire, large de 8micr.

Genre DASYBRANCHUS Grube.

DaSYBKANCHUS CADUCL1S.

Dasybranchus caducus Grube, Arth. fur Nalurg., 1864, p. 166, tab. V, lit;. 3-4. Da.sybranchiis cailucus Clprd. Glanuies zoot.. p. 56 (516), pi. VIII, fig. 8.

PI. XXVII, lit;. 5.

J'ai rencontré rarement ce Dasybranche à Naples. Les plus grands individus (murs) comptaient 1 20 segments. Le segment buccal est constamment achète et suivi de treize segments à soies subulées. Le premier segment hamifère est donc en réalité le 15m* et pas le 1 4me, comme je l'avais indiqué dans mes Glanures. La figure 5 B représente l'un des crochets qui ressemble beaucoup à ceux des Notomastes.

Chez les mâles approchant delà maturité, le liquide de la cavité périviscérale m'a présenté des caractères fort remarquables. Il tient en suspension deux natures d'organites : d'une part des cellules rouges (5 A), larges de 26micr, dans lesquelles l'acide acétique fait naître un précipité et permet de reconnaître le nucléus rond, large de 8micr ; et, d'autre part, des disques formés par l'agrégation d'une très-grande quantité de nucléus larges de 8micr, à peine séparés par une substance granuleuse peu abondante. Sur tout le pourtour de ce disque (5 E) est une auréole de grandes cellules pâles atteignant un diamètre de 26micr. Les nucléus correspondent aux corps framboises des autres Annélides. Ils se transforment en régimes de zoospermes. Si l'on compare ces disques et leur couronne aux testicules que j'ai décrits chez les Néréides, l'analogie ne peut échapper, et il faut considérer ces organes comme de véritables testicules flottants. Les cellules de la couronne sont les homologues du tissu connectif sexuel des Lycoridiens. Ces testicules circulent avec la lymphe rouge dans la cavité périviscérale. Les branchies lymphatiques des Dasybranches sont parfaitement transparentes et on peut les observer sous le microscope chez un ver non mutilé. On voit alors les testi-

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cules pénétrer dans les branchies et en ressortir avec les corpuscules lymphatiques.

La structure de ces branchies (fig. 5) est d'ailleurs fort remarquable. Malgré leur extrême contractilité, elles ne renferment aucune libre musculaire. Sous la cuticule (5 D, a) fort mince et dépourvue de cils vibratiles, on trouve un seul tissu dans toute l'épaisseur de la paroi. C'est une trame aréolaire (5 D), formée par des sphéroïdes d'une substance amorphe et incolore, serrés les uns contre les autres. Dans les interstices sont semés de petits nucléus ronds (c) et çà et là des amas de granules bruns (b). Cette trame parait contractile comme du sarcode.

Chaque organe segmentaire (5 C) forme une anse qui court parallèlement à la rangée de crochets ventraux. L'une des branches s'ouvre à l'extérieur non loin de l'extrémité de la rangée, du côté dorsal, l'autre se prolonge vers la partie lergale de l'animal. Toutefois je n'ai pu reconnaître sa terminaison. L'organe est jaune avec des taches claires disposées très-régulièrement et résultant des nucléus des cellules qui le constituent.

Famille des OPHELIENS Grube (Mlnigr. Qtrfg.)

(Indus. POLYOPHTHALMIENS Qtrfg.)

La réunion des Ophéliens aux Polyophthalmiens peut surprendre au premier abord. L'organe vibratile et le genre de vie errant des Polyophthalmiens semblent devoir les éloigner entièrement des Ophélies. Cependant on verra plus loin que les Ophélies sont munies d'organes ciliés, rétractiles, homologues des appareils ciliés des Polyophthalmes, organes dont la présence fait disparaître l'absurdité du nom iïOphelia bicomis donné par Savigny à une espèce de cette famille par suite d'une méprise. L'objection tirée du genre de vie n'a qu'une valeur très-secon-

claire. A ce poinl de vue la différence entre les Ophélies et les Polyophthalmes est moins grande que celle qui sépare les Néréides des Hétéronéréides 4.

Le rapprochement des Ophélies et des Polyophthalmes n'est du reste point nouveau. Il a déjà été fait, soit par F. de Filippi J, soit par M. Gruhe3. M. de Quatrefages ne le mentionne même pas, mais les mémoires dans lesquels ces auteurs ont exprimé leur opinion paraissent lui être restés inconnus4. Les pages qui suivent, seront une ample justification de la fusion des deux familles \

Genre OPHELIA Sav. (D. Chiaje, Œrsted rev.)

On sait que Savigny ' prit la tète des Ophélies pour la queue, et que sa diagnose en a été rendue méconnaissable. M. Œrsted 7 a du la refaire telle qu'elle est aujourd'hui généralement adoptée, et M. de Quatrefages8 revendique en faveur du savant danois l'honneur d'avoir délivré la science d'une grande erreur. Il n'est cependant que justice de rappeler que longtemps avant Œrsted, soit Délie Chiaje9, soit M. Sars'0, soit M. Gahr. Costa" avaient très-explicitement réfuté l'erreur de Savigny.

1 M. de Quatrefages représente les Polyophthalmes comme nageant à l'aide de leur appareil cilié. Je ne les ai jamais vus en faire un semblable usage. Les Polyophthalmes nagent comme des anguilles par le mouvement ondulatoire de leur corps.

2 Archivio per la Zooloyia, l'Anatomia e la Fisiologia. Genova, 180), p. 315.

" Ausflity nack Triesl und Quarnero, p. 49 et Archiv fur Nalury., XXIX, 1863, p. 51.

4 S'il en eût été autrement, M. de Quatrefages n'aurait point passé complètement sous silence le genre Arntandia Fil. dans son Histoire nat. des Annelés.

5 Les nombreux genres nouveaux établis par M. Kinherg dans la famille des Ophéliens ne sont connus jusqu'ici que par des diagnoses fort brèves. Il m'est impossible d'en apprécier la valeur.

,; Système des Annélides, p. 38.

' Grônland's Anmilata dorsibrancliiata, p. 51. 8 Histoire naturelle des Annelés, II, p. 270.

" Meimrie, etc. Napoli, 1825, II, p. il i cl [ksaizione e Notomiti, etc. Napoli, 1841, III, p. 80. lu Sur quelques animaux invertébrés des côtes de Norwége. Comptes rendus de l'Acad. de Paris, t. V, 1837, p. 97, et Ann. des Sciences natur., t. VII, 1837, p. 246. " Annali dell' Accademia degli Aspiranli naturalisti, vol. II, fascic. 3, Napoli, 1843.

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Ophelia RADIATA.

Lumliricus radialus Délie Chiaje, Memorie, II, 329, lav. XXIX, fig. 1-4.

Lumbricus radialus Délie Chiaje, Descrizione e notomia, lav. 93, fig. 1 -4.

Opltilia bicurnis Délie Chiaje, Descrizione, vol 111, p. 86 et vol. V, p. 99 ; tav. 100, fig. 1-5.

Neomeris urophylla Gah. Costa ', Annali d. Accad. d. aspir. naliir.,11, 81.

Ophelia neapolilana Qlrfg. Hist. nat. des Annelés, II, p. 275.

Lumbricus radialus Qlrfg. sp. incertae sedis fam. Ophel. lhid , p. 279*.

PI. XXVI, fig. 1 et pi. XXIX, fig. 1.

Corpus longitwdine 33°"", latitudine i""1' carnewm, iridescens; regio thoracica segmentis decem setigeris composita; regio abdominaUs supra convexa, subtus plana, sulco îongitudinali ornata, e segmentis circa 20 constatas, quorum anteriora quatuordeeim branehifera. PapUlarum atialinm paria octo, inferiori cœteris crassiori.

Cette espèce, extrêmement commune à Naples, est jusqu'ici la seule Ophelia connue du golfe. La scinder en deux espèces comme le fait M. de Quatrefages d'après les deux noms employés par Délie Chiaje est impossible dès qu'on lit le texte du zoologiste napolitain. En effet, ce texte dit positivement que le nom (YOphilia bicornis doit remplacer celui de Lumbricus radialus par suite de la priorité du nom de Savigny appliqué à la même espèce. Aujourd'hui qu'il semhle douteux que 1 espèce de Naples puisse "être identifiée avec l'espèce-lype de Savigny, il faut revenir au nom premier de Délie Chiaje \

1 Je ne sais en vertu de quels principes de législation zoologique M. Gahriel Costa a créé ce nom de Neomeris urophylla. En effet, l'auteur n'ignore nullement qu'il s'agit d'un animal appartenant au genre Ophelia et spécifiquement identique avec le Lumbricus radiatus de Délie Chiaje, comme son Mémoire en fait foi.

- Pour compléter cette synonymie, il faudrait peut-être ajouter ÏO. roarclata Edw. (Règne animal illustré. Annélides, pi. 17, fig. 2.) Le peu qu'en dit et figure M. Edwards est, en effet, applicable à ÏO. radiata. M. de Quatrefages (Annelés, II, p. 273), indique bien, dans une diagnose faite d'après les figures de M. Edwards, les papilles anales comme égales entre elles, tandis que les deux papilles inférieures sont beaucoup plus grosses que les autres dans l'espèce napolitaine. Toutefois la diagnose de M. de Quatrefages est sur ce point en contradiction avec la figure de M. Edwards. L'O. coarctatu est des Antilles.

" Pour ma part, je ne suis point convaincu que les deux espèces soient différentes. L'espèce type de Savigny est très-mal connue. Nous en devons une diagnose fort brève à M. de Quatrefages, d'après des individus de la collection du Muséum de Paris, qui proviennent de la Rochelle. Cette diagnose s'applique de tous points à l'espèce napolitaine, sauf que le nombre des papilles anales est de quinze au lieu de seize, ce qui impliquerait l'existence d'une papille impaire Mais est-ce là un caractère bien certain chez des Annélides conservées dans l'alcool, et bien important? Il est vrai que la taille est indiquée comme bien supérieure à celle de la moyenne des individus de Naples.

Le lobe céphalique est fort petit, en forme de cône très-atténué et séparé du segment buccal par un étranglement marqué. L'animal s'en sert pour fouiller le sable. Cet organe parait n'avoir été considéré par la plupart des auteurs que comme un appendice conique de la tête, mais c'est bien le lobe céphalique dans sa totalité. Il renferme, en effet, le cerveau (fig. 1, c et 1 B, d), et, à la surface de celui-ci, deux petits yeux noirs, faciles à méconnaître ' .

Le segment buccal est conique, relativement fort long et divisé en un grand nombre d'anneaux par des crêtes de la cuticule (1 B). La bouche (1 B, a), au côté ventral, est largement béante et comprise pour ainsi dire entre quatre lèvres. La lèvre antérieure et la postérieure, doucement arrondies, sont, en effet, comme emprisonnées entre deux lèvres latérales à bord tranchant et dentelé par les crêtes de la cuticule. De chaque côté de la bouche se voient les deux premiers faisceaux de soies. Le segment buccal est donc sétigère. Immédiatement en avant de ces soies est de chaque côté une grande fosse (1 A, b, b'), dont la profondeur est sujette a variations. Cette fosse est, en effet, déterminée par la traction du point d'attache de muscles qui vont se fixer par l'autre extrémité à l'angle externe des lèvres.

La partie antérieure du segment buccal paraît d'ordinaire entièrement dépourvue d'appendices, et je ne pensais pas qu'il put y avoir d'erreur à ce point de vue. Aussi grand fut mon étonnement le jour où je vis pour la première fois une Ophélie faire surgir de chaque côté une espèce de petit bouton cilié (t A, a, a'), tout à fait semblable à celui des Capitelliens. Les cils engendrent des courants rapides dans l'eau. Ces courants cessent subitement dès que l'animal rétracte les organes qui en sont la cause. On reconnaît là sur une petite échelle les organes vibratiles si bien connus chez les Polyopblhalmes.

La région antérieure comprend neuf segments en outre du segment buccal. Ils ne sont point délimités par des sillons, et leur existence n'est trahie que par une série de dix faisceaux géminés de soies simples, de chaque côté. Le double faisceau représente deux rames rudimentaires,

1 Délie Chiaje se félicitait d'avoir détruit l'erreur de Savigny, lequel avait attribué des yeux auxOphélies. Il serait étonné de voir la vue rendue à ces prétendus aveugles. Il ne faut d'ailleurs pas oublier que les yeux mentionnés par Savigny sont bien différents de ceux que je décris, puisqu'il les plaçait près de l'anus (pour lui, la bouche). M. Sars signale aussi des yeux cliez une Opbélie du N'ord.

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