‹ Les annélides chétopodes du Golfe de Naples (volume 5)Chapitre 38 sur 56 · Tome xx, lre Partie · texte numérisé non relu

Tome xx, lre Partie

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Genre POLYCIRRUS Grube.

POLYCIRRUS CALIENDRUM '.

PI. XXIX, fig. 2.

Corpus longifudine 40-4">mm, latUudine -l-i""°. aurantiacum. Orgomorum segmmtdliwm paria sex, in segmmtis setigeris anterioribus se.r. Segmenta plia refris minuta eirea 75, segmentis sequemtïbus eirea éOpha/retris setisque dorsicaUbus destitutis.

Ce Polycirrus est remarquable par l'extrême délicatesse de ses tissus qui se lacèrent à la moindre manipulation. Il périt et se dissout avec une rapidité singulière dans les aquarium, particularité déjà signalée par M. Grube pour le P. Médusa. La belle couleur orangée est due nonseulement à l'intestin et aux glandes ou organes segmentaires, mais encore à un pigment péritonéal.

Les parois de la cavité périviscérale sont couvertes de cils vibratiles, qui entretiennent dans un mouvement continuel le liquide périviscéral et les corpuscules fusiformes et incolores qu'il lient en suspension.

La ressemblance avec le P. aurantiacus Gr. de Cherso est grande, cependant ce dernier ne compte, d'après M. Grube, que trois paires de glandes segmentaires, tandis que le P. Caliendrum en possède six. Or, les erreurs sur ce point ne sont pas facilement admissibles. La paroi du corps esl en effet très-transparente, et les organes segmentaires, formés comme ceux des Térébelles de deux branches recourbées et accollées l'une à l'autre, ont toujours la plus large des branches colorée d'un orangé foncé, qui permet de les distinguer à l'œil nu. En outre, M. Grube

M. Malmgren Dans le genre Polycirrus, ainsi compris, rentrent l'Aphlebina tiœmatodes et Y A. pallida que j'ai décrites dans mes Glanures. Remarquons, d'ailleurs, que le mot Polycirrus est une vox hybrida et devrait, si l'on suivait les usages puritains, être rejeté comme barbarisme. Toutefois, ce nom est employé aujourd'hui par tous les auteurs, et il y aurait, semble -t-il, une certaine pédanterie à l'exclure. Ne conservons-nous pas généralement une autre vox hybrida, à savoir le nom même lYAnnélides, créé par Lamarck, en dépit des élymologies?

' Me Caliendrum, perruque (voyez Horace, Sat., lib. I, VIII).

indique seulement quarante paires de faisceaux de soies dorsales, tandis que j'en ai compté soixante-quinze chez les individus de Naples. Ce dernier caractère peut, il est vrai, varier avec l'âge. Les premiers faisceaux de soies dorsales sortent de pharètres cylindriques, à languette terminale inférieure. Les suivants sortent directement de la surface du segment. Toutefois, le nombre de segments à pharètre n'est point constant.

Je pense ne pas devoir distinguer de cette espèce des individus trèscourts, ne comptant que huit à dix segments sétigères, mais presque aussi larges que les individus de cent quinze segments. Peut-être sontils des adultes, ayant perdu accidentellement une partie de leur corps. Cependant ils ont tous un segment terminal renflé et achète, portant un anus entouré d'une couronne de plis très -réguliers. Ces individus courts ne renferment jamais d'éléments sexuels. Le volume de leurs tentacules considérés en masse, excède parfois de beaucoup celui du corps lui-même.

La membrane tentaculifère est élégamment striée et pigmentée sur le dos. Son bord antérieur s'étale en une collerette délicate qui embrasse la basa des tentacules. Ceux-ci, chez beaucoup d'individus, sont de deux espèces: les médians sont jaune-soufre, les externes presque incolores. La couleur des premiers est due à la couche la plus interne du tissu. Les deux espèces de tentacules fonctionnent comme cordes de hàlage dans la locomotion de l'animal. Ils ne renferment aucune trace du vaisseau (lymphatique) percé à claire-voie , dont M. de Quatrefages parle chez son Aphlebina leoncina '.

On remarque parfois, de chaque côté du corps, un profond sillon qui détache en quelque sorte la partie médiane dorsale comme un bourrelet longitudinal de la masse du corps placée au-dessous. Ces sillons correspondent à l'insertion de muscles transverses, semblables à ceux que j'ai fait connaître chez les Polycirrus (Aphlebina) de Port-Vendres.

Le segment, auquel apparaissent les plaques onciales (2 A), m'a paru inconstant. C'est chez certains individus le sixième sétigère, chez d'autres

1 Quatrefages, Ann. des sciences naturelles, tome XIV, 1850, p. 300.

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le neuvième. S'agit-il peut-être d'espèces différentes que j'aurais confondues?

Chez les individus de grande taille, les tores uncinigères deviennent dans la région postérieure de véritables palettes très-saillantes (2 C), dans lesquelles on trouve des soies de soutien, correspondant à chaque plaque onciale. Ces soies internes ne se montrent point seulement comme chez certaines Térébelles dans les segments dépourvus de soies dorsales, mais il existe toujours une série de segments, ayant à la fois les faisceaux dorsaux et les soies de soutien des palettes ventrales. Dans l'extrémité postérieure du corps, ces dernières existent seules.

Les régimes discoïdaux de nucléus aux dépens desquels se développent les zoospermes, atteignent un diamètre de 0lum,2i.

Famille des SERPULIENS Bumieister.

La famille des Serpulicns forme un tout extrêmement homogène sur les limites duquel tout le monde est généralement d'accord aujourd'hui. La subdivision en tribus paraît rencontrer plus de difficultés. M. de Quatrefages en distingue trois : les Sabellides, les Hétérosabellides et les Serpulides'. La dernière tribu est operculée, les deux autres ne le sont pas, mais les Hétérosabellides ont les régions du corps indistinctes, tandis que chez les Sabellides le thorax est distinct de l'abdomen.

M. de Quatrefaees a eu dans cette subdivision la main très-malheureuse. Ses Hétérosabellides n'ont les régions indistinctes que parce que l'auteur n'a pas su les reconnaître, car chez eux l'abdomen se distingue du thorax par les mêmes caractères que chez les Sabellides. Il est donc nécessaire de réunir ces deux tribus en une seule. Mais les tribus naturelles des Sabellides et des Serpulides doivent être caracté-

1 Histoire naturelle des Annelés, il, p. i20.

risées loul autrement que ne le fait YHistoire des Ânnelés, savoir celle des Serpulides par l'existence d'une membrane thoracique couverte de cils vibratiles, celle des Sabellides par l'absence de celte membrane. La distinction d'après la présence ou l'absence d'opercule est mal choisie. Elle conduit M. de Quatrefages à placer les Protules et lesPsygmobranehes, malgré leur membrane thoracique, parmi les Sabellides. Le sens du mot opercule n'étant pas d'ailleurs déterminé pour l'auteur, il l'applique au moindre renflement de l'extrémité des branchies. Il est ainsi conduit à distraire du genre Protule certaines espèces, comme la P. Dysteri par exemple, et à les placer dans la tribu des Serpulides, tandis que les autres espèces sont reléguées parmi les Sabellides. Tout cela est artificiel. Il en est de même de la position des Phoronis Wright parmi les Sabellides. Ce genre ne peut pas occuper de place parmi les Serpuliens. Il doit même être exclu de la classe des Annélides'.

M. Malmgren * a mieux réussi en divisant les Serpuliens en trois familles: Sabellides, Eriographides et Serpulides. Je lui reprocherai toutefois de n'avoir pas conservé le groupe des Serpuliens dans le sens de Burmeister comme un ordre comprenant ces trois familles, car ce groupe est parfaitement naturel. En outre, je ne trouve pas ces trois familles équivalentes: les Eriographides n'étant que des Sabellides chez lesquels les branchies sont réunies par une palmure. Or, cette palmure pouvant être développée à des degrés très-divers, fournit un très-mauvais caractère. Je réunis donc les Eriographides aux Sabellides, et je ne

1 Les affinités immédiates de ce singulier type sont avec les Géphyriens, d'une part, et les Bryozoaires d'autre part. C'est ce qu'on peut déjà entrevoir par le travail de M. Dyster que M. de Quatrefages cite bien, mais dont il ne semble pas avoir pris connaissance. La juxtaposition de la bouche et de l'anus constatée déjà par M. Dyster et M Allinan, est étrangère au type des Annélides. Les Phoronis pullulent dans le port de Naples, et j'ai pu en faire une étude approfondie. Je n'en rendrai point compte ici, ayant appt is que M. Kowalewsky est sur le point de publier un .Mémoire étendu sur ce sujet. Qu'il me soit permis de dire seulement, en confirmation d'une découverte importante de M Kowalewsky, (pie la larve des Phoronis est une Actinolrocha. Il est probable, par conséquent, que les jeunes Sipunculidesque M.Schneider a vu résulter de la transformation de-- Actinotrocha sont de jeunes Phoronis. Il en est sans doute de mémo du Géphyrien cilié du golfe de la Clyde que j'ai fait connaître, il y a quelques années.

' Nordiska Hafs-Annulaler. —Œfvers. ufK. Vet.-Akad.Fôrh-, 1S65, n° 5, p. 397 et 408.— Annulata jmlyclueta, etc., p. 1 19.

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distingue que deux tribus: celle des Serpulides, à membrane thoracique, et celle des Sabellides, dépourvue de membrane thoracique.

Dans la tribu des Sabellides on trouve très-généralement sur la ligne médiane du ventre un sillon parfois très-profond. Chez beaucoup d'espèces, ce sillon s'arrête, en avant, à l'extrémité postérieure du thorax, ou plutôt il s'infléchit à cet endroit, passe sur le côté droit du corps, et se rend sur le dos, pour se continuer sur la ligne médiane dorsale, jusqu'à l'extrémité antérieure du thorax. Ce sillon, bizarre dans ses allures, a souvent été utilisé par les auteurs dans la distinction des espèces; mais je ne sache pas que personne ait encore reconnu sa valeur physiologique. Il est couvert de cils vibratiles dans toute son étendue, et les cils battent de manière à chasser d'arrière en avant les particules étrangères qui pénètrent dans le sillon. Les cils se reconnaissent en portant sous le microscope un fragment de la paroi du sillon. Quant à la direction du mouvement, on s'en assure facilement en semant dans le sillon d'une grande Sabelle ou d'un Spirographe une poudre fine, du carmin par exemple. Cette poudre est transportée en avant d'un mouvement régulier. Le rôle du sillon est d'emmener au dehors les matières fécales excrétées dans le tube. De là le nom de sillon copragogue que je lui applique. L'utilité de la déviation du sillon au thorax est évidente. Si le sillon se continuait en avant jusqu'au bord antérieur du thorax, les matières fécales seraient entraînées dans la bouche par le mouvement ciliaire des tentacules. Mais le sillon se détourne au contraire sur le dos et les entraîne au loin. Chez les espèces dans lesquelles le sillon copragogue est ventral dans toute sa longueur, il devient de moins en moins profond dans la région antérieure et n'existe en réalité plus dans les premiers segments thoraciques. Lorsque le ver est en partie sorti de son tube, le thorax fait en général un angle avec l'axe du tube, au point où il sort de l'ouverture. Les matières fécales étant rejetées par le sillon dans la direction de l'axe du tube, n'arrivent point à la bouche '.

1 Si cette conformation eût été connue de Hunter, il se serait moins étonné de ce que les Serpulieus ont un anus, tandis que les Polypes n'en ont point. Le grand anatomiste était surpris de ce que les ma-

Chez les Serpulides, où le sillon copragogue n'existe à proprement |Kii'ler pas, l;i surface ventrale (quelquefois la dorsale) est en partie ciliée ainsi que M. de Quatrefages a été le premier à le constater. Ces cils jouent sans doute un rôle analogue à celui du sillon copragogue des Sabellides. Quant aux cils de la membrane thoracique, leur fonction est sans doute différente. La richesse vasculaire de cette membrane me porte à la considérer comme un organe respiratoire accessoire.

M. de Quatrefages a découvert que chez certains Serpuliens le canal intestinal est renfermé dans une lacune, ou plutôt dans une véritable gaine vasculaire tenant lieu de vaisseau dorsal. Cette observation est parfaitement juste et parait s'appliquer à la majorité, peut-être à la totalité des espèces de cette famille.

Les dernières années nous ont révélé divers cas d'hermaphrodisme parmi les Serpuliens. Les pages qui suivent en feront connaître de nouveaux exemples dans les genres Laonome, Salmacina et Pileolaria.

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