PHYI.LOCHiETOPTERUS FAI.LAX
Pl. XXI, fig. 2.
Phyllocliœtopterus circa 3 cent, lovgus, T'"'.7 latus, tuhimi inroleiis vifrnmi, nmmlatmn, tuho Telepscwi similUmum. Regio antica e 19 segmentis ( segniento huccali incluso ) constans ; regio média segmentis hrancMatis 13, postica ramis dorsmlibus cylindraceis insignis. Tentacida maxima, flam, aiirata, minulis bnmnceis.
Je donne à cette espèce le nom de fallax, parce qu'elle habite im tube vitreux, incolore et annelé, très-semblable à celui du Telepsavus Coslarum, seulement l'animal qui habile ce tube n'est point unTelepsave, mais bien un Phyllochétoptère. Du reste, avec un peu d'habitude, on parvient à distinguer les tubes des deux espèces avec assez de certitude. Les tubes du P. fallax sont un peu plus larges, un peu plus solides, et souvent enfumés ou même encroûtés çà et là d'une substance noirâtre étrangère. En outre, j'ai toujours trouvé ces tubes engagés parleur par-
lie postérieure dans des éponges, conditions dans lesquelles je n'ai jamais rencontré les Telepsavus. Ces vers vivent en société et l'on en reçoit des pécheurs dix à vingt à la fois, mais point des milliers comme cela arrive pour le Pli. socialis.
Sauf les tubes entièrement différents, la plus grande taille et quelques différences de coloration, la ressemblance est grande entre le P. fallax et le P. socialis. Toutefois la confusion entre eux est impossible à cause du nombre tout différent des segments à chaque région.
Les caractères de coloration les plus saillants sont : la teinte jaune d'or des grands tentacules, interrompue çà et là par des taches transversales brunes; l'existence d'une raie d'un brun violàtre entre le l"'' et le 2'"'^ segment sétigère; enQn une coloration analogue au bord du sixième.
Au point de vue des rames pédieuses des différentes régions et des feuillets branctiiaux bilobés, l'identité avec l'espèce précédente est complète. La grosse soie du 4me segment sétigère a une forme un peu différente. Elle se renfle à quelque distance de l'extrémité en une massue cylindrique, tronquée obliquement par une surface concave, à bords crénelés (2 D). Deux des crénelures se développent en dents vigoureuses, mais obtuses. Les deux crêtes de la rame pédieuse sont couvertes d'un grand nombre de rangées de petites palettes chitineuses, très-serrées, qui ressemblent entièrement à celles du Ph. socialis et des Télepsaves. Leur forme est à peu près triangulaire (2B); le côtéadné est concave; le côté recouvert par l'imbrication de la palette voisine est légèrement courbé en S; enfin le côté libre est convexe, avec une petite échancrure, très-profonde, près de l'angle antérieur, échancrure qui transforme cet angle en une dent crochue. Le limbe de ce côté du triangle est strié, grâce à une série de petites dentelures, visibles seulement à un fort grossissement'. De chacune de ces dentelures part d'ailleurs une strie très-fine qui traverse la palette entière en ligne droite. La longueur des palettes est de 19 à 20"'". Il n'est pas difficile de reconnaître dans ces petits organes cuticulaires de véritables uncini, comparables à ceux des Térébelliens. Leur nombre varie de 80 à 200 et davantage dans un seul des tores ventraux.
L'œsophage, de couleur violàtre, s'étend en hgne droite jusqu'au IS™" segment. A sa suite vient, comme chez les autres espèces, la partie contournée du tube digestif, qui occupe trois segments, et, enfin, l'intestin bihaire.
' Les plaques onciales du genre Chœtoptcras sont relativement bien plus grandes, fortement dentées, et ressemblent davantage à celles des Térébelles.
352 ANNÉLIDES CHÉTOPODES
Chez cette espèce, comme chez les précédentes, la partie antérieure du corps, surtout le lobe céphalique et le segment buccal, déchargent pendant la manipulation des milliers de filaments. Ces éléments sont beaucoup plus gros que chez le Ph. socialis, et il est facile de s'assurer qu'il ne s'agit pas seulement de stries dans un mucus coagulé, car on peut les isoler facilement. Leur longueur varie de 0°™™,!! à 0,19. Le diamètre moyen est de 0^111,0011, mais l'une des extrémités est toujours un peu renflée, l'autre au contraire très-ténue. Ces fils gisent épars en tous sens autour de l'animal, formant des anses et des boucles. L'extrémité renflée paraît être la dernière à sortir de la peau. Il ne faut pas les confondre avec les follicules fusiformes disséminés çà et là dans le tissu des tentacules. Ces follicules sont eu effet simplement bacillipares.
Le tissu des branchies peut être facilement étudié, en traitant ces organes, d'abord par l'alcool absolu, puis par une faible solution de carminate d'ammoniaque. On voit alors (2 A) que le bourrelet périphérique est formé par une agglomération de petites cellules sphériques, portant le revêtement de longs cils vibratils. La surface de la partie membraneuse de l'organe est formée par un pavé assez régulier de cellules larges de 22 microm. Chacune d'elles renferme un grand nucléus de forme irrégulière, qui ne se colore point par la solution de carmin.
Vu à la lumière transmise, le corps du ver présente au thorax, comme celui des autres espèces, une région à tissu opaque. Elle occupe les segments 6 à 15. Le maximum d'opacité est du onzième au quinzième.