‹ Les annelides chétopodes du Golfe de NaplesChapitre 8 sur 69 · POLYNOE AREOLAÏA · texte numérisé non relu

POLYNOE AREOLAÏA

Pobjnoë arcolnla Grube, Arcliiv fur Natiirg. XXVI, 18G0, p. 72. » * Qti'rg-, Hist. natur. des Ann. I, p. 232.

» " Costa, Fauna del regno di Napoli, Annellidi, tav. 2, (ig. 2 (tcxlc non paru). -

Pl. Il, lig. 5.

Corpus longitudine 2"""', latitudine 4"''",5, fuscum, sec/mentis setigeris 32. Elytra, paria 15, valde imbricata, margine dense fmibriato, gramdosa, sidcis palUdis in arcas polygonales dente crasso recurvoque ornatas divisa.

La conformation singulière des élytres de cette espèce, qui est assez commune à Naples, ne permet de la confondre avec aucune autre du golfe. Cliaque élytre (sauf celles de la première paire) présente à peu près exactement la forme de la figure 5 A. Elle est colorée en brun partout, sauf à son bord antérieur et interne ; toutefois la coloration atteint son maximum dans une région postérieure et externe qui occupe environ le tiers de la surface. Cette région est seule à découvert, tout le reste étant recouvert par l'élytre précédente et Télytre symétrique. Déjà à l'œil nu cette région libre apparaît comme fortement rugueuse et divisée en aires polygonales obscures, séparées par des sillons plus clairs. Le microscope enseigne que du centre de chacun de ces polygones surgit une forte épine recourbée (5 B), dont la pointe se dirige vers le bord libre de l'élytre. Tout autour de l'épine apparaissent des taches claires, probablement les nucléus des cellules pigmentaires. A mesure qu'on se rapproche de la région interne de l'élytre, les épines deviennent plus petites, de même que les polygones qui leur servent de base. Finalement elles ne sont plus représentées que par de simples tubercules. Dans toute la région recouverte par les élytres voisines, la surface de l'élytre ne présente plus de réticulation, mais apparaît comme finement granuleuse. Le bord externe et postérieur de l'élytre est garni de longues franges imprégnées de pigment brun. Ces franges sont filiformes, tubulaires, et à leur extrémité parfois

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incolore, on peut remarquer que leur axe est occupé par un cordon peut-être de nature nerveuse (5 B, h).

Les élytres suivent la loi de succession ordinaire chez les Polynoés. La dernière paire recouvre complètement l'extrémité postérieure du corps, qui ne compte d'ailleurs que trois segments dépourvus d'élytres et porteurs de cirres dorsaux.

Les protubérances chitineuses de la tête existent aussi chez cette espèce. Elles sont très-proéminentes et acérées (5), Les yeux au nombre de quatre sont fort distants les uns des autres. Non-seulement les antennes, les tentacules ' et les cirres dorsaux et ventraux, mais encore les palpes et les deux cirres terminaux sont hérissés d'organes tactiles.

Celte espèce semble rentrer dans le sous-genre Harmothoë de M. Kinberg.

Genre HERMADION Kinb.

Syn. Lepidonotiis Quatref , Hist. natur. des Ann. I, p. 257.

De toutes les coupes établies parmi les Polynoés, le genre Hermadion me semble être encore la mieux caractérisée, et mériter le plus d'être conservée avec une valeur de genre. Chez ces vers, les élytres ne recouvrent pas la partie postérieure du corps, où l'on voit à nu un certain nombre de segments, tous munis de cirres dorsaux. Ce caractère seul ne me paraîtrait pas suffisant, car chez beaucoup de Polynoés, où le nombre des segments terminaux dépourvus d'élytres est parfois assez considérable, la dernière paire d'élytres ne les recouvre pas toujours tous. Toutefois, à ce caractère nous voyons s'en ajouter un autre, la petitesse des élytres, qui, non-seulement ne s'imbriquent pas d'un côté à l'autre, mais encore laissent à nu la partie médiane du dos, sur une étendue même plus considérable que chez les Pholoés.

La bonté de ce genre a aussi frappé M. de Quatrefages qui l'a adopté, tout en repoussant les autres genres de M. Kinberg. Seulement, au lieu

' Ici encore le segment buccal porte de chaque côté un aciculeet une paire desoies.

DU (iOLFK DE NAPLES. ' 73

d'adopter la déiioininalion (rilcrmadioii, ce savant a préféré Ja remplacer par celle de Lepidonotus, dont il a dû par coiiséfpient cliarjger la signification habituelle. Ce procédé n'est propre qu'à augmenter la confusion de la synonymie, et je pense devoir conserver le nom proposé par M. Kinberg.

IIermadion fragile.

Pl. V, lig. "1.

Corpus longitudine 13""", latitiidine 2""", pellucidum, colore fïisco variegatum. Eli/tra papillis piriforinihiis instructa. Palpi lœves.

Ce Polynoïde remarquable est d'une agilité, mais aussi d'une fragilité exceptionnelle. Les élytres sont si caduques que quelques exemplaires obtenus par moi en étaient complètement dépourvus, et les cirres ne le cèdent en rien aux élytres sous le rapport de la caducité. En outre, les élytres étant à peu près incolores, tandis que le dos même de l'animal est varié de brun, on pourrait être facilement conduit à admettre dans cette espèce un Polynoïde dépourvu d'élytres.

Toutefois, après avoir examiné un certain nombre d'exemplaires, j'ai acquis la conviction que les élytres existent normalement aux segments 2, 4, 5,7, 9, 11, 13, 15, 17, 19, 21 et 24, ce qui fait au total 12 paires. Je crois que les 11 derniers segments en sont toujours dépourvus et portent normalement des cirres dorsaux. La question n'est pas facile à trancher, car, vu la caducité des cirres, on trouve dans tous les exemplaires un certain nombre de ces organes absents.

Les élytres à peu près circulaires arrivent presque au contact sur la ligne médiane dans la région antérieure du corps. Mais plus en arrière elles deviennent de plus en plus petites et sont séparées par un grand espace. Leur bord n'est point lisse, mais porte de distance en distance des papilles piriformes (2 D, a), qui existent d'ailleurs aussi sur une partie de la surface de l'organe. Entre les papilles, la cuticule présente une apparence pointillée, rappelant tout à fait celle que nous verrons résulter dans les cirres des attaches des brides nerveuses. Enfin, des cellules pleines d'un pigment brun rosâtre et munies d'un noyau incolore sont disséminées à de longs intervalles sous la cuticule de l'élytre (2 D, b).

ANNÈLIDES CHÈTOPODES

Les taches brunes du dos de l'animal sont aussi dues à des cellules [)igmenlaires à noyau incolore, disposées en rangées transversales irrégulières.

Le lobe céphalique, profondément bilobé en avant (2), porte deux paires d'yeux sur l'occiput, dont l'antérieure seule est munie de cristallin. Dans l'échancrure qui divise les deux lobes, s'implante, par un article basilaire, l'antenne médiane relativement fort longue. Les trois antennes, les tentacules et tous les cirres offrent une forme identique. Leur base est cylindrique, mais, vers le milieu de leur longueur, ce cylindre se rétrécit subitement en un long fil terminal. Cette partie terminale est toutefois plus courte dans les cirres que dans les antennes et les tentacules. Partout la partie cylindrique de l'appendice porte de distance en distance des papilles tactiles de la forme habituelle chez * les Polynoïdes. Les palpes sont en revanche beaucoup plus épais et charnus que les antennes et les cirres. Ils sont plus courts que les antennes externes, qui sont elle^mêmes bien moins longues que l'antenne médiane. Ils s'atténuent subitement à l'extrémité et sont entièrement dépourvus de papilles tactiles.

Les pieds sont pour ainsi dire uniramés, du moins la rame supérieure n'est-elle représentée que par un mamelon très-peu saillant portant le faisceau de soies. Celles-ci, de même que celles de la rame inférieure, sont parfaitement incolores et diaphanes, qualité rare chez les soies des Annélides. Les soies de la rame supérieure sont arquées (2 B) et portent du côté convexe des denticules espacés. Celles de la rame inférieure, tout en étant simples, rappellent plus les soies composées que celles des autres Polynoïdes. En effet, on peut distinguer en elles deux parties (2 A) : la hampe et la partie terminale. La hampe s'élargit graduellement vers le sommet et se termine par une sorte de cône creux, ou de collerette striée en long. Du fond de celle-ci naît la partie terminale dont la base se trouve donc entourée par cette collerette. Cette région terminale a la forme d'une serpe très-allongée dont le tranchant émoussé porte comme chez tant d'autres Polynoïdes des crêtes transversales de petits denticules. Seulement ces crêtes sont ici très-espacées, et les denticules si petits qu'ils ne s'aperçoivent qu'à de forts grossissements. Le diamètre de ces soies est sujet à de grandes variations dans un même faisceau. En outre, chez les unes l'extrémité de la serpe est bidentée, chez d'autres elle est unidentée. Evidemment le fait que les soies sont unidentées ou bidentées ne saurait avoir de valeur générique dans cette famille.

Chaque rame pédieuse renferme un acicule incolore. La pointe de celui de la rame supérieure fait fortement saillie, au moins dans les pieds antérieurs. Elle n'est pourtant pas à découvert, car les tissus s'élèvent tout autour en une papille conique trèsdélicate.

La base des pieds offre du côté dorsal, dès le troisième segment, un bourrelet charnu parallèle à l'axe du pied. Ce bourrelet porte, soit sur son bord antérieur, soit sur son bord postérieur, une rangée de cils vibratiles, divisée en plusieurs groupes. Cet organe est évidemment Thomologue des coussinets vibratiles des Sigalionides dont nous parlerons plus loin. Peut-être aussi faut-il le comparer aux rosettes d'Ehlers chez les Polynoés.

Comme je l'ai déjà donné à entendre, la transparence de cet Ilcrmadion est extrême, llien donc n'est plus facile que d'observer le jeu des cils vibratiles qui tapissent la paroi de la cavité périviscérale, et les courants engendrés par eux, soit dans la cavité principale, soit dans ses prolongements intrapédieux. L'absence de vaisseaux est indubitable.

Cette transparence extrême permet aussi d'étudier avec facilité les terminaisons des nerfs, qui rappellent à un haut degré les particularités hisliologiques décrites par M. KôUiker chez une Polynoé des côtes «l'Ecosse Déjà à un grossissement relativement faible, on reconnaît que chaque cirre (2 E) est parcouru dans toute sa longueur par un nerf qui se renfle en un ganglion {b) au point où le cirre se rétrécit pour former la pointe terminale. Cette observation se fait sans difficulté, car les cirres sont parfaitement diaphanes, sauf vers la naissance du gangliun où ils sont variés de brun. Le nerf, incolore aussi, à l'exception du ganglion coloré en jaune soufre, présente de distance en distance des faisceaux de brides qui viennent s'attacher à la paroi du cirre.

L'étude du cirre à l'aide d'une bonne lentille à immersion de Ilartnack permet de pénétrer plus profondément encore dans la structure de cet organe. Immédiatement sous la cuticule se trouve une couche cyloplasmalique dans laquelle sont semés des nucléus larges de 5 à 0 microm. (2 F, b). Le tube ainsi constitué est rempli d'un liquide incolore l>aignant de toute part le nerf situé dans l'axe. Celui-ci, large de IG microm.,

* Kurzer Berirlil. ulter ànhje im Herbsl lS6i an der WesUiuslc von SclwUland uwjestellle verijl. tiiwt. Unlemiclmiiiicii.. — Wlirilmnicr iiularw. Zeiludir., Haiid V, 1X(;4 (SopuralnlidrucK , ii. 16, laf. VI, %. 6).

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est formé, comme le sont en général les nerfs des Annélides, de fibrilles à diamètre incommensurable. Toutefois, dans le centre du cordon nerveux se voit une fibre unique (e) d'apparence tubulaire, à contours bien marqués, large de l'"'*"' à 1,2. De distance en distance le nerf est recouvert d'une couche de cellules (d), dont les nucléus bien distincts forment comme un anneau autour du nerf. De ces anneaux successifs naissent une foule de petites brides (/) déjà ligurées par M. Kôlliker, qui vont en droite ligne se tixer aux téguments du cirre. Ces petites brides sont-elles de nature nerveuse? C'est ce que je ne saurais atïirmer. Leurs terminaisons dans la couche sous-cuticulaire donne à celle-ci une apparence toute particulière. Elle présente en elfet, à des intervalles assez réguliers, des zones transversales, soit ceintures, d'un pointillé très-lin. Chaque point correspond à la terminaison d'une bride.

Si l'on peut hésiter sur la nature nerveuse ou connective des brides en question, le doute n'est plus possible pour des cordons beaucoup plus gros (e) qui, de temps à autre, se détachent du nerf, pénètrent dans les papilles (g) tactiles et les parcourent jusqu'à l'extrémité, où ils se terminent en un pinceau de soies libres, llottant dans le milieu ambiant. Le rameau nerveux de chaque papille naît constamment du nerf principal en un point plus rapproché de la base du cirre que la papille elle-même.

Il est impossible de ne pas être frappé de la ressemblance de ce nerf antennaire avec une chaîne ganglionnaire ventrale. Des renflements ganglionnaires réguliers réunis par des commissures qui les traversent de part en part, les cellules accumulées à la périphérie du ganglion, tout rappelle une chaîne ganglionnaire, avec la grosse libre médiane qui existe chez beaucoup d'Annélides.

ry^ TRIBU : PIIOLOIDES ikinberg).

Genre PHOLOË Johnst.

Le genre Plioloë de Johnslon est jusqu'ici peu nombreux en espèces. On en énumère, il esl vrai, dn(\ : h P. tnimila fAphrodila F i\hv.)\hi P. inornala «lolinsL, la P. baliica (JErsld, la P. assimilis Œrsld ' el la P. eximia (Dysl.) Johnst. Mais elles sont mal différenciées et M. Malmgren*, par des raisons d'un grand poids, a cru devoir les réunir toutes, ou au moins les quaire piemières en une seule : P. minuta. Dans tous les ca^, loules ces espèces, ou prétendues telles, habitent les légions sepleulrionales de l'Europe el la découverte d'une Plioloë Médilerrauéeime esl un fait nouveau pour la science.

La caraclérislique du genre, lelle que Johnslon l'a donnée en dernier lieu s'applique parfaitement au ver de la Méditerranée : Body linear oblong, the scale placed over every allernate fool; cirri none or rudimenlary; proboscis wilh l'our corneous javvs, the orilice plain; antenna? iive, unequal, dislincl; palpi two, larges; eyes 2 or 4; branches ol' the t'oot connale, the brislles of the superior capillary, of the inferior falcale.

Les deux seules restriclions à taire sont, d'une part, que l'allernance des pieds munis d'élytres el des pieds dépourvus d'élytresn'a point lieu

' Il est certain, comme M. Malmgien Ta montré, que fAphrodilH minuta Fabr. est synonyme île YAplirudila lun/ja Mûller el que cette Pliolou devrait régulièrement porter le nom de l*. huiju. Ce nom serait toutefois, par suite de sa signification même, peu approprié.

^ Voyez Knijern Nalurhistorhk Tidsskrifï. Ny Hœkke, I, p. 403. Cette espèce a échappé à M. de Qualrefages.

^ .'I calaloijiic of tlie Initisk nun purasilicul Woniis, ]>. 122.

"* Nurdiskc Hafs-Annuloter. — Oefvem. af K. Vet. Akud. Fuiii. Stockliolm, 1805, p. 89 ot sniv. ^ A (jiUihif/iie iij' Uic bnl. non parasilicul Wornm, p. 121.

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dans la totalité du corps, mais que tous les pieds de la région postérieure en particulier portent des élylres; et, d'autre part, que si le cirre supérieur fait défaut à tous les pieds, le cirre inférieur, en revanche, est bien développé. Ces mêmes remarques ont déjà été faites par M. de Quatrefages d'après des P. minuta conservées dans l'alcool, et il a modifié la diagnose générique en conséquence. M. Malmgren est arrivé au même résultat'.

M. de Quatrefages a introduit en outre dans la diagnose du genre d'autres modifications, qu'il vaudra mieux laisser de côté, parce qu'elles seraient longtemps encore sujettes à contestation. Il attribue en effet à la tête trois antennes et à l'anneau buccal deux paires de tentacules, les inférieurs simples et les supérieurs bifides. M. Malmgren, de son côté, ne décrit qu'une seule antenne ftenlaculumj, mais il est vrai qu'il énumère en outre une paire de palpes et deux paires de cirres lentaculaires. En résumé, tous deux admettent sept appendices pour le lobe céphalique et le segment buccal considérés dans leur ensemble. Les divergences n'existent donc que dans 1 interprétation, et, pour ma part, je n'oserais me prononcer d'une manière décisive en faveur d'aucune de ces deux opinions, bien que je penche plutôt du côté de M. Malmgren. L'espèce méditerranéenne présente en effet un lobe céphalique fort petit, intimement soudé au segment buccal, et l'extrémité antérieure porte un faisceau de cinq appendices, tous semblables, renfiés à la base, atténués au sommet et hérissés du côté ventral de petites épines mousses, courtes et larges. Le plus supérieur de ces cinq appendices est incontestablement une antenne médiane ; les quatre autres sont ou deux paires (le tentacules du segment buccal, ou deux paires d'antennes latérales. Mais il semble difficile que l'une des paires ne suive pas le sort de l'autre dans l'interprétation. Notre espèce ne semble guère favorable à l'opinion qui fait de l une des paires des antennes, de l'autre des tenta-

' Une troisième modification de la caractéristique de Jolmslon pourrait être introduite en ce sens que chez notre espèce l'ouverture de la trompe est garnie de papilles. Mais il vaut mieux laisser ce détail en dehors des caractères génériques.

Cilles. Le l'ait que ruii des appendices en question serait bifun|ué n'est point général, bien (pic M. de Quatrefages en lasse l'un des caractères (lu genre, llien de semblable du moins chez l'espèce ci-dessous. On peut d'ailleurs se demander si les exemplaires que M. de Quatrefages a eus sous les yeux appartenaient bien à l'espèce typique, car ce singulier caractère de la bifurcation d'un appendice n'est mentionné par aucun autre auteur. Pour ma part, je préférerais conserver provisoirement la nomenclature de Johnston qui appelle en bloc « antennes » les cinq appendices antérieurs'. Quant à la paire de gros appendices qui naissent auprès de la bouche, ce sontles palpes si caractéristi(]ues de la famille.

Pholoe synophïhalmiga.

Pl. m, fig. 1.

Corpus longitudine 8""'\ ocuUs quatuor in par ummi bigeminatum coalescentibus. Elyfra reniformia, niargine externo dense fimbriato. Antennce médiocres, basi Uimida.

Le seul individu observé atteignait une longueur de H'"'". C'était un mâle à l'état de maturité. 11 présentait la particularité rare, peut-être unique chez les Aphroditiens, de porter des élytres dès le segment buccal. La gauche était, il est vrai^ seule développée, recouvrant les antennes en avant, mais la droite existait cependant à l'état rudimentaire (fig. \ ,a). Arrachée sans doute par accident, elle était en voie de régénération. La première élytre est ovale, les suivantes sont réniformes. Les franges constituent une double rangée d'épines mousses sur le bord externe. Chaque élytre présente une tache circulaire plus claire correspondant au point d'insertion de l'élytrophore.

I^a cuticule de chaque élytre est tapissée intérieurement par un bel épithélium polygonal (fig. l E, c) qui s'étend jusqu'au contour de l'élytrophore, dans l'intérieur duquel il se réfléchit. A la lumière transmise, ces cellules paraissent d'autant plus opaques qu'elles sont plus voisines de l'élytrophore, et leur nucléus transparent se distingue d'autant mieux. La cuticule elle-même présente une structure qui lui donne une apparence pointillée s'évanouissant graduellement vers la périphérie. Grâce à cette structure, je n'ai pas réussi à trouver le réseau nerveux de l'élytre que M. Ehlers a été le premier à reconnaître chez certains Polynoïdes et dont on constate

' Sa mauvaise ligure n'en reiiccsenle, il est vrai, que trois.

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l'existence très-facilement chez tant d'espèces. Ce réseau existe pom-tant sans doute et se termine par les soies extrêmement ténues et roides qu'on voit occuper l'axe des franges (fig. I L, d). Ces franges paraissent en effet ouvertes à l'extrémité et, dans ce cas, les conditions seraient très-favorables à l'action des causes extérieures sur ces terminaisons nerveuses. De même que chez les autres espèces, les élytres n'arrivent pas à se toucher sur la ligne médiane et laissent par conséquent le milieu du dos à découvert. La loi de succession des élytres paraît différente de celle des Polynoés. ,Ie les trouve en effet portées par les segments i, 2, 3, 4, 6, 8, 10, 12, 14, 16, 18,

19, 20, 21, 22 28. Le 29™" segment dépourvu d'élytres porte deux cirres anaux.

Y a-t-il en réalité toujours 11 segments pourvus d'élytres à la suite du 17™" ? C'est douteux. Ce chiffre est bien plutôt sujet à augmentation par suite de la croissance de l'animal. .l'en juge tout au moins par le nombre des segments très-inférieur à celui de la Ph. inormta. Cependant le fait que notre individu était arrivé à l'état de maturité sexuelle, semblerait indiijuer que la croissance était achevée ou près de l'être.

Les pieds sont fort saillants dès le 2"^" segment et divisés en deux rames à l'extrémité. La rame inférieure porte un faisceau de soies simples en arête, coudées vers les deux tiers de la longueur et dentées en scie à partir du coude (1 D). La rame inférieure est armée de soies composées en serpe, de forme dilî'érente dans les premiers segments et les suivants. Dans les premiers, en effet, la serpe est grêle (1 B), allongée et sa lame est ciliée. Dans tous les suivants, au contraire, la serpe est beaucoup plus courte (1 C), plus massive et son tranchant n'est point cilié. Enfin chaque rame est soutenue par un fort acicule.

A partir du second segment, chaque pied i)orte un cirre inférieur, cylindrique, légèrement renflé à la base, dont l'extrémité n'atteint pas le bout de là rame inférieure. Celui du second segment (flg. 1, b) est beaucoup plus grand que les suivants.

Le lobe céphalique intimement confondu avec le segment buccal porte deux yeux noirs. Un examen attentif montre cependant que chacun d'eux est formé par la coalescence de deux. Aussi trouve-t-on chaque masse pigmentaire accompagnée de deux cristallins, l'un externe, l'autre postérieur.

Les spinules qui garnissent le côté ventral des antennes ne sont point caractéristiques de l'espèce, car Johnston les a signalés chez la Ph. inormta. En revanche, le renflement de la base est particulier à notre espèce. Les palpes sont deux fois aussi longs que les antennes, très-épais et charnus, à cuticule striée en travers. A l'aide d'un grossissement un peu fort, on parvient à distinguer à la surface de cet organe des soies tactiles forts rares, courtes et ténues.

La trompe exsei tile pénètre jusqu'au 8"'" segment. Son ouverture est entourée d'un

DU r.OLFE DE NAPLES. 81

cercle (le papilles. Les màchoii-es qui en arment la région antérieure (1 F) sont trèssemblables aux mâchoires tles Polynoés. Au 8'"*^^ segment commence l'intestin biliaire avec ses cliverticules.

Les zoospermes qui remplissent la cavité périviscérale sont simplement filiformes avec une petite tête ovoïde.

4^'^^ TRIBU : ACOETIDES (kinbehg).

Genre POLYODONTES Renier. ,

Le genre Polyodoiites, établi par Ueuier pour la Phijllodoce maxillosa (le Ranzani, renferme des Annélides gigantesques, mais à ce qu'il paraît fort rares el jusqu'ici mal connues. Nous devons à M. Grube' une revue approfondie de ce genre, accompagnée d'une critique des travaux de ses prédécesseurs. Ce savant parait malheureusement ne pas avoir eu connaissance des ligures et dissections de Délie Chiaje.

J'ai eu le bonheur de retrouver à Naples l'espèce de Délie Chiaje, le géant peut-être des Annélides européennes. Cet animal ne réunit point complètement les caractères que M. Grube et surtout M. de Quairefages ont assignés au genre Polyodonte. Mais ces caractères doivent-ils être acceptés sans aucune restriction? Ne faut-il pas plutôt se souvenir que M. Grube n'a étudié que des exemplaires conservés dans l'alcool et que les musées, malgré l'exactitude des observateurs, ne réussissent qu'à encombrer la science de diagnoses fausses? Quant à M. de Quatrefages, il ne paraît pas connaître par lui-même les Polyodontes. Il ne fait qu'extraire le travail de M. Grube, mais il l'a lu peu attentivement, aussi sa caractéristique diflere-t-elle essentiellement de celle de son prédécesseur.

Voici sur quels points le P(dyodonte de Naples s'éloigne de la caracté-

' Besclireibmiyeu neuer odev ivenig bekannler Anneliden von D'' Ed. Grube. — Arcliiv fur Naiuryeschichte, Band XXI, p. 83.

82 ANNÈLIDES CIIÉT0l>OI)ES

nsliqiKi de M. Gnibe. 11 |)ossôdo en oulro des palpes, deux aiileinies cépli.iliqiies et, au segment buccal, deux paires de cirres lenlaculaires. M. Grube indique au contraire pour le genre Polyodonte (Acoetes exclu) quatre antennes et quatre cirres tentaculaires. Il est à remarquer, cependant, que dans les deux cas la somme des appendices de la tête et du segment buccal s'élève à 8. Il ne s'agit que d'une légère dilTérence d'interprétation : M. Grube fait passer au lobe céphalique l'une des paires d'appendices du segment buccal. Je ne crois pas pouvoir hésiter sur la manière d'envisager ces appendices. L'existence de deux paires de cirres tentaculaires au segment buccal en outre des palpes est d'ailleurs la règle chez l'immense majorité des Aphroditiens. On voit donc qu'il est facile de reconnaître dans notre espèce un vrai Polyodonte dans le sens de M. Grube.

M. de Quatrefages, comprenant mal le texte de M. Grube, indique pour les Polyodontes quatre antennes et deux tentacules, savoir six appendices en tout au lieu de huit. Sa diagnose est décidément fausse. C'est d'ailleurs une erreur très-semblable à celle qu'il a connuise pour d'autres genres d'Aphroditiens'.

Polyodontes maxillosus.

Phyllodoce maxillosa llanzani, Mem. di Sloria nat. Uec. 1, p. 5, tav. 1, lig. 2-9 (fide Menegliiiii).

Enmolpe maxima Okeii, Isis, lome IV, p. 1452.

Poli/odonles aplirodiiœus Renier, Musée de Vienne, in liU.

l'hi/lludoce maxillosa BInv., Dicl. d'hist. natur. t. LVII, p. 461, Atlas, pl. 12.

l'ohjodontes maxillosus Aud. et Edw., Règne animal de Guvier, 3'"'= édit. Il, p. 127.

» maxillosa Délie Chiaje, Descrizione e not. V, p. 106, tav. 99, fig. 1-5.

» aplirnditœiis Renier, Osservazioni postume, tav. VI.

» maxillosus Meneghini, Ibid. p. 23-20.

» » Grube, Arcliiv fur Naturg. XXI, p. 90.

? ? Costa, Fauna del regno di Napoli, Annellidi, tav. VU (texte non |)ublié).

Polyodontes maxillosus Qlrfg., Hist. natur. des Annelés, I, p. 214,

Pl. RI, lig. 2.

De ce géant des Annélides européennes il n'existe jusqu'ici que des

' Il n'est pas impossible que TAnnélide imparfaitement décrite par M. Gabr. Goila (Ann. des st. nnlur. XVI, 1841, p. 269) .sous le nom de Sifinlinn Blainvillci soit un Polyodonte.

figures insuffisantes', lellemenl qu'il est difficile de dire si elles se rapportent toutes à la même espèce. C'est ce qui m'engage à en publier un dessin exécuté d'après le vivant.

Le seul exemplaire que j'aie eu entre les mains était un tronçon antérieur large de 25™'" et long d'une quinzaine de centimètres. Au dire des pêcheurs il serait impossible de jamais l'obtenir autrement que par fragments, dont les plus longs observés atteindraient |)rès d'un mètre. Délie Chiaje paraît cependant en avoir possédé un exemplaire complet long de deux pieds seulement. Les exemplaires figurés par Renier et M. O.-G. Costa sont bien moins larges que le mien.

Je ne doute pas qu'il ne s'agisse de la m(Mne espèce ([ue Délie Chiaje a ligurée et à peine décrite, et j'attribue les divergences à de simples erreurs. Je n'insiste surtout pas sur ce que la ligure du savant napolitain indique des élytres à tous les pieds, tandis que ces organes ne se montrent que de deux en deux pieds. Il ne s'agit sans doute ((ue d'une erreur du dessinateur, car Délie Chiaje ne dessinait pas lui-môme. M. iVleneghini semble inclinera voir là une ditrérence spécifique, mais c'est peu vraisemblable.

Toute la pai'tiodii dos laissée à découveit par lus él.ytresest ornée de bandes transverses alternativement brunes et jaunes, chaque segment portant deux bandes, savoir une de chaque couleur. Dans la plus grande partie du corps les petites élytres ont la forme de triangles sphériquos à angles ari'ondis. Non-seulement elles ne s'imbriquent pas les unes sur les autres, mais encore elles n'arrivent le plus souvent pas au contact par leur bord. Une exception est fournie par les six premières paires d'élytres (jui sont imbriquées, et diffèrent d'ailleurs aussi des suivantes par la forme, les dimensions et la couleur. Elles sont relativement beaucoup plus larges et plus arrondies au sommet. Les deux premières paires sont fort petites ; les trois suivantes augmentent rapidement de grandeur et la sixième est de nouveau bien plus petite. Les élytres de la cinquième paire sont les plus grandes de tout le corps. Ces six premières paires d'élytres sont d'un brun varié et jaunâtre, beaucoup moins foncé que celui des élytres suivantes. Celles-ci sont toutes ornées d'un certain nombre de taclies claires. Enfin, il

' iiicillciires sont celles de M. Costa. Ce savant paraît avoir (Hudic un individu niulilé en tiain d(! reproduire son exliéniilé postérieure.

84 ANNÈLIDES CHÈTOPODES

est à remarquer que les élytres de la seconde paire recouvrent le bord soit des élytres de la troisième paire, soit de celles de la première, comme cela se voit aussi chez beaucoup de Sigalionides. N'étant point maintenues en position par l'imbrication, elles oscillent avec facilité

Le lobe céphalique vu par-dessus ne laisse apercevoir aucune base d'antennes. Les larges ommatophores s'y opposent. Ceux-ci se touchent en effet sur la ligne médiane et portent un gros œil hémisphérique à l'extrémité. Sur la racine de chaque ommatophore, on aperçoit en outre une petite tache noire oculiforme bien circonscrite. En revanche, en considérant l'animal par-dessous, on découvre jusqu'à leurs racines six appendices antenniformes, disposés en rangée transversale. La paire médiane (les antennes) est insérée le plus en arrière: c'est la plus petite; les deux paires externes au contraire sont insérées un peu plus en avant, parce qu'elles reposent sur les pieds rudimentaires du segment buccal qui embrassent le lobe céphalique en se dirigeant en avant. Les palpes sont beaucoup plus gros et plus longs que tous les appendices précédents. Tous ces appendices ont été vus et exactement figurés par Délie Chiaje. M. Meneghini - a, de son côté, bien compris la signification des appendices latéraux, puisqu'il les décrit comme des cirres tentaculaires. En revanche^ ni Ranzani, ni Renier, ni M. Costa n'ont vu clair dans cette question.

Les pieds (2 A) sont courts et trapus, brusquement tronqués à l'extrémité, fendus en deux lèvres pour le passage des soies. La rame supérieure n'est représentée que par un tubercule (a) qui s'élève sur l'extrémité même de la rame ventrale et qui ne porte aucune soie. Cette absence du faisceau de soies supérieures a déjà été signalée. Cependant il n'y a pas a hésiter sur la signification de ce tubercule, car il renferme un acicule (b) et porte l'élytre ou le cirre dorsal (c) selon les segments. La grande masse du pied est donc formée par la rame ventrale qui porte deux faisceaux de soies dorées dont aucune n'est composée. Les soies se succèdent de haut en bas dans l'ordre

* Cette confonnalioii particulière des premières paires d'éiytres est assez bien figurée par Délie Ciiiaje et plus imparfaitement par M. Costa. Quant aux figures de Hanzani, reproduites par Blainville, et de Ilenier, elles n'en laissent rien reconnaître.

' Osservazioni postume di Zooloyia Adrialicu del piof. Stef. And. Kenier, publ. p. cur. d. r. Ist. Veneto, a stud. del prof. Meneghini; grd. in-folio, Venezia, 1817, p. 24. Ce magnifique ouvrage, omis dans la bibliulheca zoologicu de MM. Carus et Engelmann, a échappé à presque tous les auteurs récenls qui se sont occupés des Annélides. Seul M. Grube le cite dans un de ses Mémoires. Renier était prédestiné à l'oubli : ses manuscrits ont été perdus ; les cuivres qu'il avait fait graver avec soin sous ses yeux, ont été vendus pour quelques liards à un chaudronnier, et lorsque quelques-uns d'entre eux ont été sauvés par l'Institut vénitien, leur sort n'a guère été meilleur. En effet, les planches, et le texte de M. Meneghini qui les accompagne, ont été publiés à un nombre d'exemplaires (5t) d'après les catalogues ihï librairie) qui s'oppose à leiu' vulgarisation, et avec un luxe (|ui ellVaie la bom'sc des savants.

suivant : d'abor'd , au faisceau supérieur, des soies grêles et lisses en ter de lance allongé (2 D; 2 A, /), puis des soies très-grosses et massives (2 B; 2 A, c) se terminant en pointe, et légèrement recourbées en S à l'extrémité ; enfln, au faisceau inf(!ri(^ur, des soies toutes semblables aux dernières mentionnées, suivies de nombreuses soies grêles (2 G; 2 C; 2 A, g) qui pi'ésentenl dans leur dernière moitié inie crête spirale, faisant un grand nombre de tours comme cliez les soies des Sigalionides.

Le cirre ventral est implanté plus près de la base du pied que le cirre dorsal. Tfius deux sont relativement courts et renflés à la base.

A l'ouverture du corps du Polyodonte, l'œil est frappé d'une particularité anatomique extrêmement singulière et unique jusqu'ici parmi les Annélides. La cavité de chaque pied renferme un cordon sinueux qui se prolonge sur la paroi ventrale de la cavité du corps jusque près de la ligne médiane. La longueur de ces cordons varie de 10 à i^mm sur une largeur de 7,""". Ils sont recouverts par le péritoine et se distinguent par une belle couleur vert-dorée à reflets métalliques. Porté sous le microscope le cordon se résout en un éclieveau de soies dorées extrêmement ténues'. A ce propos, il convient de rappeler que M. Grube signale chez le Pohjodontes çjulo, de la mer Rouge, un faisceau de plus de trente soies capillaires porté par la rame supérieure, soies qu'il compare aux franges de poils des Aphrodiles. Ne faudrait-il pas voir dans l'écheveau du Polyodontes maxillosus quelque chose d'analogue, quand môme les soies sont bien plus ténues et groupées par plusieurs milliers dans chaque écheveau? Dans ce cas il faudrait supposer que ces soies sont complètement rétractiles, et cachées pour l'ordinaire dans la cavité du pied, puisque personne jusqu'ici ne les a aperçues. A cela s'opposent deux dilficultés: l'absence d'ouverture pour la sortie du faisceau, puis l'absence de muscles destinés à le mettre en mouvement. L'ouverture pourrait être facilement méconnue. Il n'en est pas de même des muscles.

' Oans la ligme de tlanzani, telle que je la trouve reproduite dans le Dkl. des Sciencen nul., on voit figurés, lie clia(|ue côté du corps, une série de sacs qui re|irésenlen( décidément ces éclieveaux. .le ne sais niallieureuseinenl pas comment Uanzani les avait interprétés.

86 ANNÊLIBES CHÉTOPODES

Je n'ai rien à ajouter aux figures excellentes de Ranzani et de Délie Chiaje concernant la structure de la trompe et des formidables mâchoires. Le développement extraordinaire des papilles médianes supérieure et inférieure est signalé aussi par M. Kinberg chez les Panthalis et les Eupompe. 11 est probablement général chez les Acoëtiens. Ajoutons seulement que la trompe extrêmement comprimée est divisée par deux sillons latéraux en une moitié supérieure et une moitié inférieure. Elle est d'ailleurs enveloppée d'une gaine péritonéale à laquelle va s'attacher de chaque côté un éventail de fibres musculaires, naissant de l'extrémité même de la trompe. Je n'ai pas saisi quelle pouvait être la fonction de ces muscles. A la suite de la trompe vient un estomac musculeux à paroi fort épaisse et ornée de sillons longitudinaux qui lui donnent l'apparence d'un groupe de colonnes. La section transversale de cet estomac (2 E) montre la forme que prend la cavité par suite de cette disposition.

Délie Chiaje a déjà reconnu que les ovaires se présentent chez les Po. lyodontes sous la forme de boyaux à la base de chaque pied. C'est la forme typique chez les Aphrodiliens.

5^" TRIBU : SiGALlONIDES mmi^,\

Genre STHENELAÎS Kinberg.

Les Sthénélaïs ont été séparées des Sigalion Aud. et Edw. par M. Kinberg, parce que les premières possèdent une antenne impaire qui fait défaut aux seconds. M. Elilers n'a pas admis cette distinction, et M. Malmgren pense à peu près comme lui. Sans nier que M. Kinberg ait pu rencontrer des Sigalionides dépourvus d'antenne médiane, ces auteurs

' Tous les Muleiii's oal rccoiiiia ijiie l(!iifs piéli^ntlus cirras ilorsiiux, c'esl-à-ilire les jjranriiii's, cxisli'iil .'-1 tons les seymetUs. Seul, M. Viclor Carus {fliiii'lljitrJi dfi' ZdoIo'jIc, l(Slj3, |). '1:^1) l'ail, al(cruer les hranchies avec les élyii-es ilaus la régiou aiil('ri(!(U'e du coi |is. C'esl une erreur uianileslc.

DU C.Or.FE DE NAPLES. S7

loiil it'iii;in|iiri' (|iir rospèco lypi(iu(3 (lii gonro Sii>;ilioii, le S. Malhihhv And. L'I P.dw.', CM |)Ossù(lc copoïKlniil une. En cflcl, M. Edw.-irds ;i pour ainsi diio animié la description première du S. M(dhilda> en pnliliani pins tard' nne nonvelle fii];nrc de ce ver, où il est orné d'nne anteinie médiane, et on donnant à entendre que la description et les illnstrations antérieures avaient été laites d'après un individu mutilé. Toutel'ois, M. Edwards ne se serait-il pas trompé lui-même, et ses deux descriptions ne seraient-elles pas basées sur deux espèces distinctes, dont l'une serait dépoui'vue d'antenne médiane et l'autre en serait munie? IM. de Quatrefages qui s'est posé la même question l'a résolue par l'alTu niative. Il a en conséquence conservé le nom de Sigalïon Malliildœ jiour la première espèce dépourvue d'antenne, et créé celui de Slhendaïs Andouini pour la seconde. En cela il a eu parl'aitement raison '. J'ai r(Micontré, moi-même à Naples, en outre de plusieurs espèces de Sthénélaïs, un Sigalion fort voisin du S. Mathildœ ancien. Je ne suis pas même sûr qu'il ne soit pas identique avec lui. Or ce Sigalion est liien dépourvu d'antenne médiane. M. Costa parait s'en être aussi assuré, l.a distinction générique faite par \J. Kinberg est donc parfaitement fondée, et le Sif/alion limicola Elil. devra dorénavant prendre rang dans le genre Sthénélaïs sous le nom de Slh. limicola.

Les Sthénélaïs du golfe de Na[»lcs se distinguent toutes très-facilement les unes des autres par la simple inspection des élytres. Ce caractère étant d'une observation facile, je l'indiquerai en première ligne dans la description de chaque espèce.

' Classification des AnnrJides et rlcscriplloii de celles qai liahilenl les Càles de France par iMM. Amloiiin l't iMiliie ivlwarils. — Annales des Se nalitr., t. XXVll, 1832, p. 441.

- Georges (juvicr, Le rùi/ne animal illustré. Annélides, [lar M. Eilwards, pl. "10. Il sullit (le comparer les dessins (pie iM. I']ilwar(ls donne des élylres pour se (;oiivaiiic,re ipi'il s'ayil. de deux es|i(:ces entièrement dillërentes. Chez l'une, les élylres portent de siui|iles jiapilles en ahjne, cliez l'antre, des papilles dendriti(]ues Tort grandes et complexes.

ANNfiLIDES CHÈTOPODES

1, StHENELAIS CTENOLEPiS.

? ? Costa, Fuuiia dcl rcgno di Napoli. Annellidi, lav. VI, fig. 1-10 ((exte non paru).

PI, IV, fig. 1 et PI. VI, fig. 2.

Cori)US longitudine 7-9"''^\ latitudine 4-5""", segmentis ultra 160, iiifra paUklmi, supra fusco pundatum. Elytra tuberculis minimis imdiqm sparsis punctata, spinis raris hrevibiisque prope marginem externmn pectinata. Pedes mammilla suhhrancMali ciliata unica prœditi.

Les élytres (1 C) sont vaguement réniformes, à bord antérieur concave et bord postérieur convexe, sauf la première paire qui est plutôt ovale. Elles sont colorées en brun par un pigment celluleux, sauf dans les parties recouvertes par les élytres voisines. Le bord externe est armé de plusieurs rangées de dents qui lui donnent une apparence pectinée. Tout le reste du bord de l'élytre est lisse.

Le lobe céphalique (fig. 1) arrondi porte, du côté doi^sal, quatre très-petits yeux noirs, disposés en carré, dans lesquels je n'ai pas trouvé de cristallin. L'antenne unique est portée par un article basilaire. Les prétendues antennes latérales ne sont pas pour moi de véritables antennes. Déjà M. Ehlers, chez la Sth. limicola, remarque que leur conformation est tout autre que celle des vraies antennes; il les compare à des écailles foliacées (hlaltarlige Schuppen). En outre, M. Ehlers décrit, sur le côté inférieur du segment buccal, une paire d'organes qui avaient échappé h tous les observateurs antérieurs et qu'il compare aux brandies d'une pince, branches ornées du côté interne de longs poils brunâtres. Ces deux paires d'organes existent aussi chez les Sth. ctenolepis et même chez toutes les Sthénélaïs de Naples. Elles sont sans doute caractéristiques du genre. Seulement elles ne sont point indépendantes l'une de l'autre et doivent être envisagées un peu différemment que ne l'a fait M. Ehlers. Que ce savant n'ait pas reconnu leur signification physiologique, cela n'est explicable qu'en supposant les individus examinés par lui morts ou moribonds.

Pour comprendre le rôle de ces organes, il faut jeter un coup d'œil sur la conformation générale du corps. Chez toutes les Sthénélaïs, la première paire de pieds est dirigée en avant, à tel degré que les extrémités des pieds sont plus rapprochées que leurs bases. Chaque pied étant armé d'un gros faisceau de soies fines, longues et arquées, ces soies arrivent à

nr GOLFE DE NAPLES. 80

contact et nicme ;i ciitre-croisemciit à l'extrémité, l"oi'm;nit ainsi nue cage cé)»]ia!i(|uc (tig. 1) bien plus fei iiiée encore que celle des Siphonostonies, soit Clilorèmes. Dans cette cage sont enfermés Tantenne et les organes buccaux, sanf les palpes qui à droite et à gauche se dirigent en «dehors, en passant sons le pied de la première paire et faisant un angle avec lui. Dans les segments suivants, Finclinaison des pieds en avant va diminuant graduellement; bientôt la direction des pieds devient perpendiculaire à celle de l'axe du corps; enfin dans la région postérieure, les pieds se dirigent en arrière, sans arriver jamais, comme Fa déjà relevé M. Ehlers, à faire avec l'axe du corps un angle aussi aigu que dans la région antérieure.

Chez une Sthénélaïs pleine (k^ vie, l'observateur est immédiatement frappé de ce que la cage céphalique est constamment traversée par un courant d'eau très-intense qui s'y précipite en tourbillonnant par en haut et en ressort par-dessous. Ce n'esl qu'en écartant artificiellement les pieds du premier segment l'un de l'autre, de manière à ouvrir la cage céphalique, qu'on peut reconnaître la cause de ce courant. On voit alors de chaque côté une membrane charmie (1 A, g), disposée verticalement, et appliquée contre la face du pied qui l'orme la paroi externe de la cage céphalique. Cette membrane est altacliée au lobe céphalique suivant une ligne arquée qui commence sur le dos auprès de la base de l'antenne impaire, et se prolonge autour du bord antérieur du lobe céphalique, jusque dans le voisinage de la bouche sur le segment buccal, en dedans des palpes. Ces deux membranes fort souples forment en réalité les parois latérales de la cage céphalique. Souvent celle de leurs faces qui regarde la cage est concave, la face externe étant convexe et alors elles ressemblent à deux cuillers tournées l'une vers l'autre par leur concavité, de là le nom de cuillerons céphalicpies que je leur appliquerai. Souvent aussi leurs bords supérieur et inférieur se rejettent en dehors en s'appliquant contre le pied voisin; les cuillerons deviennent dans ce cas convexes à l'intérieur de la cage céphalique et concaves du côté externe, le pied étant appliqué contre la concavité. La partie supérieure de

ANNÉLIDES CllfiTOPODES

( liacuii (le ces cuillerons est. ce que les ailleurs oui appelé les antennes exlcrnes, la partie inférieure correspond aux organes en pince de M.Ehlers.Mais, jele répèle, ces deux parties ne sont point indépendantes; elles appartiennent à une seule et même membrane verticale, et n'apparaissent distinctes que par suite d'une échancrure du bord. Les cuillerons céphaliques sont tapissés, sur toute la surface formant la cagecéphalique, de cils énergiques déjà vus par M. Ehlers. Ce savant n'a pourtant pas constaté qu'ils vibrent constamment avec vivacité. Ces cils sont en effet la cause du tourbillon qui se précipite impétueusement dans la cage ccphalique par en haut, et qui en ressort par-dessous en rasant l'ouverture buccale. Ce tourbillon a pour effet d'amener les particules nutritives à la bouche.

Toutes les espèces de Stliénélaïs du golfe de Naples m'ont présenté la même structure de la cage céphalique et des cuillerons ciliés, et le même courant d'eau traversant cette cage. Je n'insisterai donc pas sur ce point à propos des autres espèces.

Passons aux pieds (pl. IV, 1 B.), dont la stiiicture lorl complexe est digne d'intérêt. Tous les pieds sont biramés à l'extrémité, les rames étant peu profondément divisées, et la supérieure un peu plus courte que l'inférieure. Elles portent quelques petites papilles (e) en forme de tubercules, semblables à celles qu'on trouve en grand nombre (e') à la base du pied. Chaque rame possède outre l'acicule un faisceau de soies, unique pour la rame supérieure, double pour la rame inférieure. Les soies de la rame supérieure (1 D), toutes semblables entre elles, sont fort longues, minces et arquées. Dans les pieds élytrigères, en s'arquant vers le haut, elles soulèvent légèrement le bord des élytres. A un fort grossissement elles apparaissent finement barbelées. Les soies de la rame inférieure sont extraordinairement variées; dans chacun des deux faisceaux on en compte plusieurs formes principales qui se succèdent de haut en bas dans l'ordre suivant: Dans le faisceau supérieur, les premières soies (1 B, g')sont composées, avec une hampe renflée en massue à l'extrémité ; tout autour de cette massue circule en spirale élégante (1 E) une crête ou corniche très-saillante, ornée de stries perpendiculaires à son bord; le nombre des tours de spire de cette crête varie d'une soie à l'autre. L'article terminal est fort long et en forme d'alêne. Les soies de la seconde espèce (1 F ; 1 B, r) sont simples, barbelées à l'extrémité. En dessous de la barbelure, la soie

DU GOLFE DE NaPLES. 91

est entourée d'une crête spirale semblable à celle des soies de la 1'= espèce, mais faisant en général un nombre de tours de spire plus considérable. Les soies de la troisième espèce (i B, h) sont d(,\s soies composées, à hampe striée en long et toujours dijpoui'vue de corniche spirale. L'article terminal est une serpe bidentée. Ces soies forment une série graduée entre deux extrêmes que j'ai figurés, savoir : une soie trèsfortiî (1 H) à article terminal court et massif, et une soie mince (1 G) à article long et grêle. Enlin, l(!s soies de la quatrième espèce (i B, h) sont des soies com(>osées à hampe légèrement renflée en massue, avec une trace à peine perceptible de crête spirale (1 l) ; l'article terminal est une serpe unidiintée fort longue, divisée en une série d'articulations par des épaississements et des amincissements successifs de son bord.

Le faisceau inférieur présente trois ordres de soies. Les premières sont d(!s soies composées (i B, ^') à serpe bidentée, semblables aux soies n" 3 (i H et 1 G ) du faisceau supérieur; puis (1 B, k) viennent des soies composées, semblables aux soies n" 4 (1 I) du faisceau supérieur, et enfin (1 B, h') des soies qui ne sont que l'exagéi'ation de ces dernières (I KJ, failicle étant devenu démesurément long avec articulations nombreuses, et la hampe étant complètement dépourvue de crête spirale. Toutes ses soies ont déjà été assez bien vues par M. G. 0. Costa, qui a connu en général les soies des Sigalionides mieux que les autres auteurs.

Chaque pied porte en outre une branchie (1 B, a), un cirre ventral [b) et un boulon cilié (c), tous placés entre la racine du pied et la bifurcation des rames. I^a branchie est l'organe que les auteurs ont considéré comme le cirre dorsal.

M. Ehlei's a déjà objecté avec raison que les éiylres élaul les lioinologues des cirres dorsaux, ou ne pouvait trouver en outie un cirre dorsal véritable aux pieds élytrigères. Il s'est d'ailleurs assuré chez la Sth. limicola, que ce prétendu cirre dorsal présente une structure toute différente des cines dorsaux de tous les autres Aphrodiliens, et ne peut leur être comparé. Cependant, M. Ehlers n'a point reconnu la nature branchiale

ce faux cirre, ce qui ne peut s'expliquer que par le peu de vitalité des individus observés par lui. En elïel, chez les Sthénélaïs de toule es|)èces, aussi longtemps que ces vers sont doués de vie, on voit des courants d'eau se jeter avec vivacité sous les élytres vers la base des pieds. Ces courants son! déterminés par la frange de cils vibraliles (|ui garnit le côlé extei ne cl concave de la branchie. Celle-ci se trouve par suite bai-

92 ANNÉLIDES GHÉTOPODES

gnée d'une eau conslamment renouvelée. Celte frange a déjà été vue par M. Malmgren ' chez la Leanira letragona Malmgr. (Sigalion letragonum OErst.) La transparence du corps de la plupart des Sthénélaïs permet de reconnaître facilement les cils vibratiles très-lins qui tapissent la cavité périviscérale. On peut s'assurer que ces cils existent également dans la cavité de la branchie : elle n'est d'ailleurs qu'un diverticule de la cavité périviscérale.

Les corpuscules lymphatiques de cette cavité, mis en mouvement par ces cils, pénètrent dans la branchie en suivant la paroi, et, arrivés à l'extrémité de l'organe, ils reviennent sur eux-mêmes, le long de la paroi opposée. Ces branchies lymphatiques olïrent, moins les vaisseaux, toute l'apparence de branchies sanguines. Le côté de l'organe, par exemple, qui porte la frange de cils est beaucoup plus épais et charnu que le côté opposé, comme cela a lieu dans les branchies sanguines des Polydores, des Aricies, etc. Je ne suis d'ailleurs point le premier à avoir reconnu le rôle de branchies de ces cirres dorsaux. Dès l'aimée 1851, M. Williams' a décrit ces branchies avec le plus grand soin, comme des organes respiratoires lymphatiques, mais ces observations n'ont pas trouvé de crédit. Elles étaient pourtant parfaitement exactes.

Sur le dos du pied, immédiatement en dehors de la branchie, se trouve un coussinet peu saillant, que nous retrouverons beaucoup plus développé chez d'autres espèces, porteur d'une rangée de cils vibratiles. La signification de ce coussinet est entièrement problématique '\

' Murdiska llufs-Aiiiuilakr. Luc. al. I8G5, p. 88, lab. XI, liy. 14, IJ.

- Ik'puii ou bnt'sh Aandida, loc. cit. p. :20l, lig. '20. U. VVillidiiis dcciil el ligure déjà lu» cils vibratiles de l'inlérieiir de la biancliie i,la irange externe lui a échappé) ; il représente les coi'puscules de la caviié périviscérale circulant dans I axe sous i'iulluence des mouvements de ces cils. — liien souvent encore, dans le cours de ce Mémoire, j'aui'ai ;i relever d'excellentes observations dues à M. Williams. Certains savants distingués lionorenL à peine les travaux de cel observateur d un regard de pitié, sans se douter de tout ce qu'ils poun aient apprendre de leur lecture. Je suis le premiei' à reconnaître que les recherches de M. VVilhams sont mal digéiées, qu'elles fourmillent d'erreurs résultant eu grande partie d'une culture spéciale iasutïisaa'te ; mais je ne pense pas qu'il l'aille mépriser un métal précieux parce qu'il est enfermé dans une gaugue de moindre valeur.

^ (Je coussinet, multqjle chez certaines espèces, est déjà décrit et liguré pai' llathke idiez le Sif/iilioii Iduiuv [Beitnii/c zur Fiiuiia Nurwajcns. iSuvu Acla Acad. Cws. Leuji. Ciirmoiiim l\<ilur(e, XX, liS4o).llen

A la racine même du pied, nous trouvons un large boulon à pédoncule court et épais, couvert de cils (1 B, c), qui parait exister chez toutes les espèces. M. Ehlers l'a déjà signalé chez la Sth. limicola, sans en connaître les cils. Il le suppose lié aux fonctions génératrices. Peut-être faut-il le comparer aux rosettes vibratiles des Polynoés.

Enfin le cirre ventral (1 B, b) est situé un peu en arrière de la bifurcation des deux rames. Il n'est pas assez long pour atteindre l'extrémité de la rame ventrale. Il repose sur un article basilaire, et son extrémité porte un petit article terminal, orné de quelques soies tactiles fort courtes. A la base du cirre, on aperçoit une espèce de boyau enroulé (d) dans l'intérieur du pied.

Les pieds de la première paire, c'est-à-dire ceux qui forment la cage céphalique, sont un peu différents des suivants. Les deux rames sont encore moins profondément divisées que dans les pieds typiques. Chacune porte un faisceau de soies ', mais ici toutes sont semblables, à savoir, de longues soies sétacées très-flexibles et finement barbelées. La rame dorsale porte un seul cirre tentaculaire (1 A, c) ; la ventrale en porte deux, dont le supérieur (1 A, b), est de beaucoup le plus long, car il atteint et dépasse même la longueur de l'antenne. La circonstance que ce pied porte trois cirres (chez toutes les Sthénélaïs) paraît avoir été méconnue par les auteurs, sauf M. Kinberg et M. Ehlers, chose facile à expliquer, puisque les deux plus petits sont forts difficiles à reconnaître au milieu de la forêt de longues soies qui les enveloppent. M. Ehlers considère l'un de ces cirres comme résultant du développement excessif d'une papille, interprétation que je me sens fort disposé à admettre.

Le second segment sétigère a son cirre ventral beaucoup plus développé que les suivants.

Le dernier segment du corps porte deux longs cirres terminaux.

Le système digestif n'offre rien de particulier. Les mâchoires sont entièrement semblables à celles des Polynoés. Les diverticules de l'intestin pénétrant dans la base des pieds.

Le système nerveux (pl. Vï, fig. 2), de couleur rouge, forme une bnn-

lait (les organes mucipares. Il a été aussi représenté par M.Malmgren chez la Lcanirn Iclrnijonu, en possède, eomnie le ^i. Idniiœ, trois à chaque pied : «Organa terna sat singularia, dit-il, linearia, superlicie externa dense ciliala (annon orilicia organoruni scgnienlalium?).» Voyez ilalmi/reii, loc. cit., p. 88, lab. XI, lig. l/i, If.

' (]|iez le SinitlioH Idtiiiœ, celte première paire de pieds est entièrement dépourvue de .soies. De là I inlerprétation malencontreuse de Halhke (|ui la considère connue une paire d'aulennes à trois hranches (les Iriiis cii'res). llciln'ini' ziir Fiihyui iSuni'i'ijciis^ loc. cit.

94 ANNÉLIDES CHÉTOPODES

delette ventrale dans laquelle il est impossible de distinguer des ganglions et des commissures. Les cellules nerveuses sont disposées sur les parties latérales de la bandelette, et forment en outre un petit cordon sur la ligne médiane. Je trouve que le premier nerf {% v) de la bandelette ventrale est destiné au cinquième segment. Les quatre précédents reçoivent leurs nerfs de la commissure œsophagienne. Cette disposition ne répond nullement au schème de M. de Quatrefages.

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