‹ Les anoblis de l'EmpireChapitre 36 sur 47 · Triaire : Dominique Larrey , etc., passim · texte numérisé non relu

Triaire : Dominique Larrey , etc., passim

Nommé professeur de clinique à l’Hospice de perfectionnement avant Dubois, il obtint en 1795, dès la création de l’École de Santé, qui remplaça la Faculté de Médecine, la chaire de clinique chirurgicale.

Pelletan fut pendant quelque temps chirurgien-major à l’armée des Pyrénées, puis à l’armée du Nord. C’est lui qui, avec Devault et Chopart,fut désig'né pour soigner le petit martyr du Temple. Il le fit avec une douceur et une bonté qui l’honorent. A la mort du malheureux Louis XVII, le 8 juin 1795, il dut rendre compte de l’autopsie du prince et reconnut, avec courage, que les mauvais traitements du tortionnaire Simon, bien plus que les humeurs froides, avaient causé la mort du Dauphin.

Membre du Conseil de santé des armées, de l’Institut, où il fut remplacé par Larrey, son élève de 1788, membre de la Légion d’honneur le 26 frimaire an XII, chirurgien en chef de l’Hôtel-Dieu, Pelletan devint chevalier de l’Empire par lettres patentes du 16 décembre 1810 et reçut pour armoiries :

De sable au palmier d'argent fruité de sinople, soutenu d'une champagne du tiers de l'écu de gueules au signe des chevaliers légionnaires.

Pour livrées : les couleurs de Vécu, le vert en bordure seulement.

Pelletan, toujours à court d’argent, n’eut pas une existence heureuse. A la mort de Desault il avait été nommé à l’Hôtel-Dieu ; Dupuytren, son élève — et cet acte n’est pas fait pour grandir sa mémoire — le fit évincer et prit sa place. En 1 8 1 5, il quitta la chaire de clinique chirurgicale pour celle de médecine opérative, comme on disait alors, qu’il quitta encore en 1818 pour celle des accouchements.

Membre de l’Académie de Médecine dès sa création, Pelletan fut révoqué comme professeur lorsque le gou-

vernement de Louis XVIII entreprit, en 1823, la soi-disant réorganisation de la Faculté de Médecine qui n’avait pour but en réalité que d’en éliminer les adversaires du gouvernement et d’y placer ses créatures. On lui laissa cependant le titre de professeur honoraire.

Pelletan mourut à Paris le 28 septembre 1829 et le baron Larrey prononça un remarquable discours sur sa tombe.

Le petit Dictionnaire des médecins de 1826 nous dit de lui :

« Pelletan (P.-J.), rue Sainf-André-des-Arcs, n° 4 1. Cet illustre chirurgien, l’un des opérateurs les plus distingués de l’Europe et l’un des ornements de la Faculté de Médecine, a été éliminé de l’école par M. de Corbière, auquel les nobles idées de liberté qui l’honorent ont porté ombrage L »

Pelletan laissa deux fils dont l’un, devenu chirurgien des hôpitaux de Paris, est mort le 3 novembre 1873

Percy.

Pierre-François Percy naquit à Montagney (Haute- Saône) le 28 octobre 1754. Chirurgien-major dans les régiments de Flandre, d’Artois, puis de Berry-cavalerie en 1782, il était déjà membre associé de l’Académie de Chirurgie au début de la Révolution, lorsqu’il *ut envoyé à l’armée du Rhin en 1792, où il réorganisa les ambulances, rétablit la discipline dans les hôpitaux militaires et créa le corps si utile des infirmiers et des brancardiers. Percy commença dès cette époque la lutte qu’il continua toute sa vie pour obtenir l’autonomie des services de santé militaires et fut le premier à proposer une convention analogue à la Croix de

1. Biographie des médecins français vivants et des professeurs des écoles, par un de leurs confrères, docteur en médecine Paris, 182G.

Genève. II fit toujours preuve d’humanité, de dévouement et de courage : à Rheinfelden il sauva trois cents émigrés qu’on allait fusiller, et se fit arrêter comme suspect, ayant caché chez lui l’un d’eux, le comte de Roquefeuille, gravement blessé. Cet acte inspira au chirurgien militaire Brad les vers suivants dans son poème Hygie ;

Tu diras, Roquefeuille, à la France, à ton roi,

Ce que, dans ton malheur, mon art a fait pour toi.

Au lieu de vils bourreaux, d’ennemis sanguinaires. Dans tous nos chirurgiens tu ne vis que des frères.

Et Percy, t’accueillant, te prenant dans ses bras,

Te consola, du moins, aux portes du trépas ‘.

A Manheim, Percy traverse un pont foudroyé par douze pièces de canon, portant sur ses épaules l’officier de génie Lacroix grièvement blessé; les soldats saisis d’admiration applaudissent leur brave chirurgien.

Durant cette même campagne, il créa ces lourdes voitures d’ambulance mobiles, appelées wurtz ou wartz, qui portaient le matériel nécessaire à douze cents blessés, avec huit chirurgiens et cent infirmiers, bien inférieures aux ambulances volantes de Larrey; elles n’eurent qu’une existence éphémère.

Chirurgien en chef de l’armée d’Angleterre, Percy fut nommé inspecteur du service de santé le 23 frimaire an XII et chirurgien en chef de la Grande Armée en i8o5.

Professeur à la Faculté de Médecine de Paris, il fut élu membre de l’Institut en 1807, l’emportant sur Corvisart et Deschamps.

Percy fit presque toutes les campagnes du premier Empire: il soigna Oudinot blessé à Hollabrünn en i8o5 et fit évacuer les blessés d’Iéna sur Nambourg et Vienne, où ils furent répartis dans les hôpitaux et les

Page 1