Archives nationales : CC., volume 254, f° 3i
général Bonaparte avait autour de lui en Italie durant la campagne de 1796 et fut chargé de recruter les jeunes savants qui devaient accompagner l’expédition d’Egypte ; c’est de cette époque que date l’estime que Napoléon, dont il devint un des familiers, lui conserva toujours.
Durant cette pénible campagne, il partagea la rude vie des soldats qu’il accompagnait et le baron Larrey, dans ses mémoires, nous le montre en compagnie de Monge, manœuvrant bravement le canon comme un simple artilleur et se défendant à l’arme blanche contre les Arabes durant la marche de la flottille du Nil sur Chebreiss et rapporte sur lui l’anecdote suivante : Au plus fort du combat, Monge le vit avec étonnement remplir ses poches de pierres et de mitraille. Il lui en demanda Jemotif : «Ne voyez-vous pas que nous sommes perdus, répond Bertholet, c’est afin de rester au fond de l’eau si je suis tué 1. »
Membre de l’Institut d’Egypte, fondé le 20 août 1798, il habitait en cette qualité le palais de Hassan-Kachef au Çaire, où se tenaient les séances de cette assemblée. Bertholet suivit Bonaparte dans l’expédition scientifique que ce dernier organisa vers l’isthme de Suez et nous le voyons faire très courageusement des expériences sur le Natron au bord du lac de ce nom dans un pays infesté d’Arabes assassins et pillards 2.
Avant de rentrer en France il eut la douleur de recueillir le dernier soupir du général Cafïarelli, qu’il avait soigné avec la plus grande sollicitude.
Devenu empereur, Napoléon n’oublia pas Bertholet qui, membre du Sénat conservateur en nivôse an VIII, membre de la Légion d’honneur en vendémiaire
1 et 2. Triaibe : Dominique Larrey et tes campagnes de la Révo-
lution et de l’Empire ( 1768-184.2 ). Tours, Marne et fils, igoa.
ai) XIII, grand-officier le 25 prairial suivant1, reçut, le 19 mars 1808, une donation de mille francs de rente en Westphalie; il était alors sénateur titulaire de la sénatorerie de Montpellier et chevalier de l’Ordre royal (d’Italie) de la couronne de fer 2.
Enfin, par lettres patentes du 26 avril 1808 datées de Bayonne, Bertholet fut créé comte de l’Empire, avec pour armoiries :
Ecartelé: au 1, des comtes sénateurs3; au 2, de gueules à l'ibis d'or ; au 3, de gueules au chien d'or triomphant ; au 4, d'azur à l'appareil chimique d'argent 4 5.
Pour livrées: Bleu, jaune, rouge.
Bertholet vota en i8i41a déchéance de Napoléon qui l’avait comblé d’honneurs.
Pair de France à vie par l’ordonnance royale du 4 juin 1 8 1 4> pair héréditaire le ig août 1 8 1 5, Louis XVI11 le fit comte-pair héréditaire le 3i août 1817, et, par lettres patentes du 26 décembre 1818, lui confirma son titre sur majorât- pairie et modifia ainsi ses armes de comte de l’empire:
D’azur à un appareil chimique d'argent ; parti de gueules à un ibis d'or ; coupé de gueules à un lévrier rampant et accolé d’or$.
1. Dr Robinet -.Dict.biog. ethist. de la Révolution et de l’Empire, I, p. 169.
a. Archives nationales : CG. volume, 2^0, f° 61.
3. Le signe héraldique des comtes sénateurs de l’Empire est : un franc quartier d'azur chargé d’un miroir d’or en pal, après lequel se tortille et se mire un serpent d'argent, et les ornements extérieurs : Toque de velours noir, retroussée de contre-hermine avec porte-aigrette or et argent, surmontée de cinq plumes, accompagnée de quatre lambrequins, les deux supérieurs en or, les deux autres en argent.