‹ Les anoblis de l'EmpireChapitre 46 sur 47 · Archives nationales ; CC., volume 254, f° I · texte numérisé non relu

Archives nationales ; CC., volume 254, f° I

cémie, malgré les soins et le dévouement des chirurgiens Larrey, Yvan,Lanefranque, qui s’étaient vainement adjoint le célèbre médecin viennois Franck L Yvan devint officier de la Légion d’honneur et reçut par décrets impériaux des 16 août 1808 et ier janvier 1812 une rente de neuf mille francs sur l’Oost-Frise et l’Illyrie.

Par lettres patentes du 3 1 janvier 1810, Napoléon le créa baron de l’Empire et lui concéda les armes suivantes : Ecartelé : au /, d’argent, à la tête de Minerve en profd de sable ; au 2, des barons officiers attachés à la maison de l’Empereur1; au 3 , de gueules au coq d’argent , adextré en chef d’une étoile d’or; au 4, d’argent au pélican et sa piété d'azur.

Le baron Yvan suivit la grande armée en Russie en 1812, et reçut, aux côtés de Larrey et de Ribes, le dernier soupir du grand maréchal Duroc, blessé mortellement à Dresde en 1 81 3- Durant cette campagne beaucoup de jeunes conscrits, inexperts dans le maniement du fusil, s’étaient fait de graves blessures à la main droite ; le nombre des blessés de cette sorte était si considérable que Napoléon crut à une blessure volontaire et les déféra à un Conseil de guerre ; Des Genettes et Yvan qui faisaient partie de la Commission médicale furent de l’avis de l’Empereur et il fallut toute l’éloquence de Larrey pour sauver ces malheureux, complètement innocents 2.

En 1 8 1 4» Yvan ne demeura pas fidèle à son bienfai-

1 et 3. Triàire : Dominique Larrey , etc., passim.

2. Le signe des barons officiers attachés à la maison de l’Empereur est ; une pièce honorable de gueules au portique ouvert à deux colonnes surmontées d'un fronton d’argent accompagné des lettres initiales D. A. du même. Nous n’avons pu retrouver parmi les lettres patentes, qui sont aux Archives nationales, celles d’Yvan, aussi donnons-nous sous réserves la description de ses armes d’après la Revue historique, nobiliaire et biographique de 1869, page 462.

teur; sans doute effrayé de sa responsabilité, il s’enfuit du palais de Fontainebleau le 12 avril, lendemain de la tentative d’empoisonnement de Napoléon L

Il est mort à Paris le 2g décembre 1 83g 1 2, laissant une très bonne étude sur l’amputation des membres à la suite des plaies d’armes à feu {Paris, i8o5 ).

Son fils, Napoléon-Alexandre Yvan, fut également médecin et devint dans la suite chevalier de la Légion d’honneur.

1. Le docteur Triaire nous donne à ce sujet la note suivante de Larrey : « Le 11 avril, Napoléon tenta de s’empoisonner avec une dose d’opium que lui avait donnée Yvan. Thibeaudeau dit que le poison avait été composé par Cabanis, et c’est celui dont s’était servi Condorcet, sur sa demande, le jour où il faillit tomber entre les mains des Cosaques à Maro-Jaroslawetz et qu’il portait toujours sur lui pendant ses campagnes. Il eut quelques mouvements convulsifs, puis des vomissements qui expulsèrent le poison. » (Larrey.) Voir aussi sur Yvan Delorme : Traité de chirurgie de guerre, tome I, page ig^.

a. C’est avec le plus grand plaisir que nous avons appris que notre savant confrère, le docteur Bergounioux se proposait de donner une étude, qui ne peut être qu’intéressante, sur cette grande figure médicale trop peu connue jusqu’à ce jour.

Page 1