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1° l'épuisement maternel consécutif :
aux grossesses multiples, à l’âge avancé, aux causes débilitantes : priv
ations, surmenage, chagrios ;
2° l'épuisement paternel plutôt dû aux chocs ner. veux qu’à l’âge ; 30 la syphilis.
La théorie chromosomique
et le mongolisme.
En isolant le mongolisme, Langdon Down en a fait une affection d’origine germinative. Plus tard naissent les théories de l’origine embryonnaire tandis que l'hypothèse de Langdon Down subit des modificaions progressives.
Actuellement, il est hors de doute que la théorie germinative est la plus généralement admise. Il nous a paru intéressant, sur les conseils de notre Maitre le D' Babonneix, d'essayer de pénétrer un peu plus intimement le mécanisme du mongolisme en lui appliquant la théorie chromosomique.
Cette théorie. due à Morgan, fait du chromosome le support physique de l’hérédité. Quelques précisions sont nécessaires. Que sont donc les chromosomes ?
À un fort grossissement, on distingue à l'intérieur
des noyaux cellulaires trois éléments différents :
1° un liquide, lé suc nucléaire ;
20 baignant dans ce liquide, des filaments qui s'entre-croisent en formant le réseau nucléaire ;
30 sur ce réseau, de fines granulations d’une substance riche en phosphore, présentant une
H. Fourment 3
RE AU affinité marquée pour les colorants et appelée
de ce fait, la chromatine.
Au cours de la division cellulaire, les grains précédents s'échelonnent en un long filament pelotonné sur lui-même. Par la suite, ce filament se segmente en plusieurs tronçons qui constituent les chromosomes. Ces chromosomes d’aspects variés, forment des paires
dont les deux éléments sont semblables entre eux.
Toujours pendant la division, chaque fragment se fissure longitudinalement. Il se forme ainsi deux lots chromosomiques symétriques. Les deux lots s'éloignent l’un de l’autre, tandis qu'entre eux le noyau s'étrangle pour finalement se diviser en deux parties dont chacune englobe le lot correspondant. La division du protoplasme suit et il naît deux cellules filles qui, fait essentiel, ont le même nombre de chromosomes que la cellule mère. Comme toutes les divisions cellulaires se font suivant un mode identique, il en résulte que toutes les cellules d’un individu ont la même richesse chromosomique que sa cellule initiale, l’œuf.
Mais, fait remarquable, le nombre des chromosomes est également constant pour tous les individus d'une même espèce. En effet, au cours de la formation des cellules sexuelles, il se produit une division anormale durant laquelle la cellule fille ne reçoit qu'un seul des éléments de chacune des paires chromosomiques. Pendant cette division appelée première division de maturation, il y a réduction chromatique. La
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deuxième division de maturation qui lui succède, se fait normalement et donne des cellules sexuelles prêtes à la fécondation. En s’unissant entr’elles deux cellules sexuelles, mâle et femelle, rétablissent dans l'œuf le nombre chromosomique normal.
Cette constance des chromosomes pour une espèce déterminée, semble bien indiquer que ces bâtonnets microscopiques jouent un rôle important et justifient la théorie de Morgan.
De multiples travaux ont apporté des preuves nombreuses en faveur de cette hypothèse. Sans entrer dans les détails, rappelons qu’un des principaux arguments de la théorie, est qu’elle donne une explication aisée des lois de Mendel.
Les adversaires de l'hypothèse de Morgan objectent que c'est attribuer trop d'importance à des éléments aussi peu fixes que les chromosomes qui, en dehors de la division cellulaire, semblent totalement disparaître. En fait, si ces éléments deviennent invisibles, rien ne prouve qu'ils ne continuent à exister en conservant leur individualité. Dans le cas contraire, on peut supposer qu’au cours de la division cellulaire, il se produit dans le noyau un travail comparable, dans une certaine mesure, à celui qui se fait lors du développement de l'œuf. Ce travail nucléaire donnerait un groupe chromosomique toujours semblable à luimême, comme le développement de l’œuf aboutit à un être présentant toujours les mêmes caractères.
En tous cas, dans la théorie de Morgan, ces groupes
chromosomiques sont considérés pour chaque espèce,
LME
comme constants par le nombre et la forme de leurs constituants. Chacune des paires chromosomiques, dont les deux éléments symétriques sont, l’un d'origine paternelle, l’autre d’origine maternelle, se retrouverait dans toutes les cellules de l'espèce, avec sa même morphologie.
Bien plus, l'architecture de chaque chromosome resterait invariable. Chacun d’eux serait constitué de minuscules éléments caractérisés par une forme et une étendue propres. Ces éléments appelés chromomères, se suivraient comme les grains d’un chapelet, en nombre et en ordre invariables.
Chaque chromomère est considéré comme le support d’un facteur héréditaire. À ce compte, le chromosome représente donc un certain nombre de ces facteurs, unis entre eux et formant un bloc héréditaire.
Une paire chromosomique représente deux blocs, l'an: maternel l’autre paternel, dont les facteurs s'appuyant sur des chromomères symétriques sont deux à deux homologues. L’héritier de la paire précédente présentera un groupe factoriel tout nouveau, tenant à la fois des blocs paternel et maternel et formé des facteurs non inhibés par leur homologue.
Jusqu'à présent les chromosomes nous apparaissent comme des entités bien définies et pour ainsi dire immuables. Dans ces conditions, il serait difficile de les rendre responsables des troubles survenant dans le développement ovulaire.
En réalité, la pérennité chromosomique n'est pas
absolue ; sous l'influence de causes variées physiolo-
DAC; REEN
giques ou pathologiques, les chromosomes pourraient se modifier ainsi que leur bloc héréditaire.
On admet comme possible la double section des éléments d'une paire chromosomique. Cette section serait suivie de la soudure du fragment inférieur de l'un des chromosomes au fragment supérieur de l’autre et inversement. Ce phénomène constitue l’entrecroisement (cross-over de Morgan) ; il donnerait naissance à deux chromosomes et deux blocs héréditaires nouveaux.
L'entre-croisement ne peut être affirmé de façon absolue ; cependant, on a fréquemment observé l’enlacement des deux chromosomes d'une même paire et l’on suppose que l’entre-croisement se fait au cours de cet enlacement. En tout cas, il semble que la longueur plus marquée des chromosomes, qui permet à ces bâtonnets de s’enlacer plus facilement, soit propice aux échanges inter-chromosomiques. Par exemple, chez les mammifères où les chromosomes se caractérisent par leur brièveté, les échanges sont rares.
Les entre-croisements se produisent pour chaque espèce avec une fréquence déterminée qui dépendrait de la longueur chromosomique. Toutefois, le pourcentage varie sous l'influence de conditions extérieures
comme la chaleur ou les rayons X.
Malgré tout son intérêt, la notion d’enjambement ne peut expliquer les troubles du développement ovulaire, les malformations. Les échanges inter-chro-
mosomiques ne se traduisent que par de petites particu-