‹ Les Anomalies d'Auscultation du Cœur NormalChapitre 7 sur 18 · CLINIQUE · texte numérisé non relu

CLINIQUE

LE MALADE. — Les formations militaires les plus diverses relevaient médicalement du Centre.

On y envoyait donc des consultants de tous âges, allant de 20 à 45 ans, de toutes les tailles, de toutes les corpulences.

SIGNES FONCTIONNELS. — Les premières manifestations accusées par les malades sont les palpitations, particulièrement la nuït ; l’effort n’a pas d’effet sur ces palpitations, dont l’ampleur n’en est pas augmentée.

Elles surviennent souvent par salves, que provoquent une émotion ou un repas et peuvent en imposer pour une crise de tachycardie paroxystique.

Mais le début en est moins brutal et surtout il est exceptionnel que la tachycardie dépasse 120-130.

Le pouls est le plus souvent ample et régulier. Les bruits du cœur vigoureux, souvent même tumulteux, s’écartant des caractères habituels de la maladie de Bonneret.

Dans certains cas la sensation est constante, nuit

et jour, pouvant entraîner de l’insomnie.

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Dans de nombreuses observations, ces palpitations s’accompagnaient d’algies thoraciques et ce n’était pas une.

Ces algies peuvent apparaître à n'importe quel moment, sans qu'aucune cause extérieure puisse être incriminée. Cependant, celles apparaissent surtout la nuit, alors que le malade est plus livré à lui-même et plus sujet à « s’écouter », traduisant ainsi leur origine plutôt psychique que physique.

Elles ne sont pas calmées par la trinitrine qui chez ces sujets aurait tendance à donner des bouffées congestives accentuées, mais sont calmées par le bromure, l’aspirine.

Leur type n’est pas bien défini; elles peuvent être soit transfixiantes, soit aiguës, soit sourdes.

Elles siègent particulièrement dans la région mesocardiaque et s’y cantonnent, ayant peu de tendances à l’irradiation.

Elles diffèrent donc profondément de langine de poitrine vraie.

Il leur manque le caractère de gravité angoissée que donne la douleur profonde rétrasternole et l'impression de mort imminente, les irradiations dans les membres, le cou, la mâchoire, d’une si grande valeur sémérologique; enfin elles ne cèdent

pas à la thérapeutique héroïque qui est la trinitrine.

L’examen clinique apporte un élément différentiel

de plus: à lindifférence de l'examen clinique de

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langor vrai s'oppose une sémérologie importante : le pouls est rapide, le cœur tumultueux, la pression artérielle souvent un peu élevée à 17-18, en un mot comme dans la sensation de palpitations, on retrouve ici l'examen de léréthisme cardiaque vrai per-

manent.

Au cours des examens des billets d'hôpital portaient le diagnostic d’angine de poitrine et l’âge des sujets de 20 à 40 ans, et la gravité de la maladie nous amènent à serrer de près l'interrogatoire et à replacer dans le chapitre des algies thoraciques simples ces redoutables diagnostics.

Toutefois, chez les sujets dont nous nous occupons, la ténacité des algies nécessitent parfois un interrogatoire long et précis, le récit de la maladie s’enrichissait fréquemment de souvenir d’angor qui peu-

vent avoir existé dans la famille.

Il est nécessaire de faire préciser ce que ressent exactement notre malade et pour cela il faudra parfois une mise en observation assez prolongée avec des interrogatoires fréquemment renouvelés. Ceci du point de vue médical d’abord et aussi du point de vue militaire, pour voir si le sujet ne tente pas de nous en faire accroire sur la gravité de son état et en profite pour se soustraire à ses obligations militaires.

La DysPNÉE. — La dyspnée d’effort, moins importante, a cependant une existence réelle.

C’est surtout une dyspnée d’origine psychique (comme la plupart de ces manifestations chez ces malades) s’exagèreront justement par la crainte qu'éprouve le sujet de ressentir cette dyspnée.

On ne constate ni store pulmonaire, ni store hépatique, ni store dans les membres inférieurs.

La tension artérielle est généralement élevée. La minima est relativement plus élevée que la maxima. Le type courant en est 17-11.

Cependant, tout rentre rapidement dans. l’ordre. Dans la station debout la tension peut monter audessus de ces chiffres, la minima pouvant atteindre 19 et même 20. |

Le simple repos couché, au lit, fait retomber ces

nombres à 17-14.

SIGNES PSYCHIQUES. — Comme nous l’avons déjà dit, l'examen est dominé par les signes d’éréthisme cardiaque qui tiennent la plus grande partie du tableau.

La tachycardie est importante, pouvant monter à

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