OBSERVATION XX
(LAPOINTE. — Bulletins et Mémoires de la Société de Chirurgie 1911)
Le nommé D... 24 ans, terrassier depuis sa sortie du régiment, est présenté par le médecin de l’assurance comme atteint d’une fracture du séaphoïde gauche.
L'accident remonte à deux semaines. D... marchait sur le bord d'une tranchée de la Compagnie du gaz. Son pied gauche, chaussé d’un gros brodequin de travail, fit ébouler la terre et glissa sur le bord de la tranchée. D... put se maintenir en équilibre sur le pied droit sans que le gauche vint porter sur le fond de la tranchée. Il | éprouve une douleur vers la partie postérieure du pied, suffisante pour provoquer la cessation du travail. Cependant il ne fut pas obligé de retirer sa chaussure et put, aussitôt après l’accident, faire à pied, sans aucun soutien, les six cents mètres qui le séparent du domicile du médecin de son choix,
Celui-ci nous déclare avoir constaté une saillie anormale et douloureuse au niveau de la tubérosité du scaphoïde du pied gauche. Il ajoute qu’il n’y avait ni excoriation cutanée, ni ecchymose,
Six jours après l’accident, D... est examiné par le médecin du patron, qui fit part au médecin du blessé de
ses doutes sur la relation entre la déformation du pied et l’étiologie invoquée par l'intéressé. Je fus alors chargé d’examiner le sinistré et (quatorze jours après l'accident) je constatai ce qui suit :
Le pied gauche présente une déformation localisée à la tubérosité du scaphoïde. Celte tubérosité fait sur le bord interne du pied une saillie très marquée, régulièrement arrondie, qui déborde en dedans le premier cunéiforme et la tête de l’astragale, Elle se continue avec le corps du scaphoïde. Ni mobilité anormale, ni crépitation. Pas d’ecchymose.
La voûte plantaire est effacée, mais les autres signes du pied plat n’existent pas.
La saillie osseuse est peu douloureuse à la pression, le pied est souple. Il y a cependant une légère boiterie, mais D... s'accroupit facilement sur les pointes.
Le bord interne du pied droit, dont le malade ne souffre pas du tout,n'est pas absolument normal. La tubérosité du scaphoïde paraît un peu grosse et la voûte plantaire est légèrement effacée.
La radiographie montre une ligne claire qui coupe presque verticalement ce qui paraît être au premier abord la tubérosité du scaphoïde.
Sur la radiographie du pied gauche, on voit un noyau surajouté à l’extrémité postéro-interne du scaphoiïde.
OBSERVATION XXI (FrœLiIcH. — Revue Médicale de l'Est, 1913)
Il s’agit d’une petite fille de douze ans qui depuis un an présente une saillie douloureuse des deux côtés sur le bord interne du pied. Cette saillie est nettement constituée par le scaphoïde, elle est dorloureuse à la pression, la peau est rouge à son niveau, le pied dans sa totalité est placé en valgus, la voûte plantaire cependant n’est pas effacée ; il n’existe pas de contracture du péronier, ni du tendon d’Achille,
Les douleurs à la marche sont peu accentuées la matin,
mais deviennent intolérables vers le soir ; la pression de la chaussure sur la saillie des scaphoïdes ne semble pas étrangère à cette exagération des douleurs.
La radiographie montre de magnifiques osselets scaphoïdiens surnuméraires, articulés avec .l’os scaphoïde principal. Ces os ont une forme triangulaire, la base étant articulée avec l'extrémité interne et postérieure du scaphoïde.
OBSERVATION XXII (FROELICH. — Revue d'Orthopédie 1913)
Mlle de X.… nous est adressée, le 3 juin 1913, par le Professeur HAUSHALTER pour une tarsalgie des adolescents.
Il s’agit d’une jeune fille de 14 ans, d'aspect pâle, qui depuis huit mois souffre de douleurs au niveau des pieds, surtout à ‘droite.
A l'examen nous constatons du pied valgus des deux côtés, plus accentué à droîte; de ce côté il existe une certaine contracture du tendon d’Achille et du long péronier latéral, Il n'y a pas d’aplatissement de la voûte plantaire, mais les scaphoïdes sont très saillants des deux côtés, et très douloureux à la pression, pas de rougeur au niveau de la peau.
A la radiographie nous constatons l'existence de chaque côté d’un os tibial externe très gros à droite, de dimensions moindres à gauche.
A droite, l'os surnuméraire qui a la forme d’un triangle à angles arrondis mesure un centimètre et demi sur un centimètre, à gauche ses dimensions sont moitié moindres.
L’interligne articulaire qui le réunit à la tubérosité du scaphoïde n’est pas net mais dentelé, ce qui semble indiquer un certain degré d'ostéo-arthrite.
Les deux apophyses du scaphoïde qui portent l’osselet surnuméraire sont très développées.
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OBSERVATION XXIII FROELICH. — Revue d'Orthopédie 1913
Hélène Th... 12 ans, entre dans notre service le 12 juin 1913 pour des phénomènes de coxalgie à droite. De plus elle a des épistaxis fréquentes, et des ecchymoses spontanées sur les téguments (légère hémophilie). Abolition du réflexe pharyngien et cornéen,
Les deux pieds de la malade sont en valgus, les scaphoïdes très saillants, mais jamais la fillette n’a souffert spontanément des pieds. Il est vrai qu’elle ne porte que rarement des souliers, presque toujours des pantoufles et des sabots.
Les scaphoïdes semblent porter un os surnuméraire qu'il est même possible de mobiliser sur l’os sous-jacent. La pression sur le scaphoïde est douloureuse.
Le 16 juin, l’enfant est chloroformé pour l'application d'un appareil plâtré,et nous profitons de cette intervention pour faire l’ablation d’une partie du scaphoïde et de son osselet surnuméraire du coté droit. Une radiographie nous avait confirmé l'existence d’un os tibial externe des deux côtés,
Examen anatomique : L’osselet enlevé est entouré de cartilage ‘hyalin, il est fixé au scaphoïde par des ligaments, mais qui permettent une certaine mobilité de l’osselet sur son support.
Dans son plus grand diamètre, l’osselet, qui a la forme d’un croissant dont la base emboîte la tubérosité du scaphoïde, mesure un centimètre, sa largeur et son épaisseur mesurent chacun six millimètres.
La direction de son plus grand diamètre était de bas en haut, et de dehors en dedans.
L'osselet était recouvert en dehors par le tendon du jambier postérieur.
Sur une coupe le revêtement cartilagineux a une longueur de deux millimètres, le noyau osseux central a quatre millimètres dans tous les sens.
Examen histologique : Il existe une couche externe de tissu fibreux, puis du tissu hyalin dans lequel pénètrent quelques fibres tendineuses, puis le noyau osseux ; enfin,
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à la limite du noyau osseux et du cartilage, des figures de cellules cartilagineuses et du tissu cartilagineux en voie de transformation osseuse, ;
OBSERVATION XXIV (FROELICH. — Revue d'Orthopédie 1913)
Homme de soixante-dix ans qui nous est adressé pour une arthrite tibio-tarsienne d’origine infectieuse,
Le malade a toujours eu des pieds plats, légèrement déviés en valgus, et des phénomènes douloureux pendant la marche.
Sur une radiographie prise en juin 1913, nous constatons l'existence d’un os tibial externe de fortes dimensions, articulé avec un scaphoïde dont la tubérosité est également très forte. L'autre pied n’a pas été radiographié.
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OBSERVATION XXV (MoucHEr. — Revue de Chirurgie, décembre 1913)
D... René, 16 ans, se présente le 16 janvier 1912, à la consultation de chirurgie de l'Hôpital Saint-Louis pour des douleurs qu’il ressent dans le pied gauche.
C’est un grand garçon, assez maigre, pourvu de longues jambes et dont la croissance a été assez rapide depuis quelques années.
Depuis le 14 février 1910, il est garçon charcutier à Paris, il est toute la journée debout. Depuis 3 ou 4 mois il se sent très fatigué le soir quand son travail est terminé et il éprouve des douleurs vives dans le pied gauche.
Il a toujours été bien portant, il a ses parents et une sœur en parfaite santé,
Nous sommes frappé par la saillie exagérée de la tubérosité du scaphoïde sur le bord interne du pied gauche. Ce bord interne n’est pas spécialement affaissé ; peut-être est-il cependant un peu abaissé, mais ce qui le caractérise essentiellement, c’est qu’il n’est pas seulement
rectiligne, comme dans le cas de pied plat, de pied valgus ; il forme un angle saillant à ouverture externe dont le sommet est représenté par la tubérosité scaphoidienne.
L’astragale, le premier cunéiforme ne forment pas de saillies accentuées sur le bord interne du pied.
En somme, pied plat, mais pas le pied plat valgus ordinaire, un pied plat dans lequel le bord interne forme un angle saillant à sommet scaphoïdien, dans lequel cette saillie de la tubérosité scaphoïdienne est exclusivement prédominante.
Les tendons du jambier antérieur et des extenseurs des orteils sont un peu contracturés.
Cependant les mouvements du pied sur la jambe sont complets.
Le jeune homme accuse des douleurs spontanées autour des malléoles et au niveau du scaphoïde ; la pression sur ces os ne réveille point de sensibilité spéciale. La peau est un peu rouge au niveau de la tubérosité du scaphoïde, sans doute # cause de la pression du soulier, mais elle n’est pas épaissie.
Le pied droit ne présente pas une saillie aussi marquée du scaphoïde que le pied gauche ; cependant il est comme lui aplati, mais les tendons jambier antérieur et extenseurs des orteils ne sont pas contracturés. D... prétend qu’il ne souffre pas de ce pied.
Lorsqu'il pose le pied sur le sol, D... semble abaisser le bord interne à droite et à gauche et l’appui de la plante sur le sol au niveau des deux pieds paraît élargi. D’ailleurs nous avons pris des empreintes par le procédé de la poudre de sous-carbonate de fer et l’on peut constater l'effondrement de la voûte plantaire (à gauche surtout).
Pas de genu valgum, pas de coxa vara, nous ne relevons chez notre sujet aucune trace de rachitisme de l’enfance, aucune trace de tuberculose, même larvée.
Le cliché radiographique nous permet de constater l'existence d’un os tibiale externum sur le pied gauche seulement, le seul qui faisait souffrir D.
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OBSERVATION XXVI (Moucer. — Revue de Chirurgie, 1923)
M"° Ch..., 27 ans, se plaint de souffrir dans le pied droit depuis six mois. Elle a commencé à ressentir ces douleurs pendant qu’elle était enceinte de son troisième enfant. Elle n’a pas eu d’autre incident pendant cette grossesse qui s’est terminée dans les meilleures conditions, il y a trois mois.
Bien qu’elle présente l’aspect de la santé la plus florissante, M"° Ch... porte une adénite certainement bacillaire en période de poussée inflammatoire dans la région sousmentale et des cicatrices très nettes d’écrouelles dans les régions sous-maxillaires droite et gauche.
Lorsque nous examinons ses pieds, nous sommes frappé par la saillie très marquée de ses scaphoïdes, surtout la saillie du scaphoïde droit qui est vraiment acuminée, soulevant la peau.
Les pieds ne sont pas aplatis, ne présentent pas de signes de déformation en valgus. Les empreintes des deux pieds sont normales. L
La malade ne fait pas de travaux fatigants ; elle est debout une grande partie de la journée pour vaquer aux soins du ménage et s’occuper de ses enfants.
La radiographie des deux pieds montre un os tibial externum des deux côtés, plus développé à droite, où il est séparé du scaphoïde par une ligne claire, qu’à gauche où il paraît soudé à l'os.
OBSERVATION XXVII (Moucxer, — Revue de Chirurgie. Décembre 1913)
I s’agit d’un ingénieur âgé de 34 ans qui souffre de douleurs de métatarsalgie depuis l’âge de 18 ans dans le pied droit.
Ces douleurs n’ont pas été assez pénibles et assez durables pour l'empêcher de s'occuper activement de ses affaires,
50 et
Mais depuis quelque temps, lorsqu'elles surviennent à l’occasion de la marche sur une inégalité du sol ou à l’occasion du port de pantoufles lâches, ces douleurs, localisées d’une façon précise au niveau des 2° et 3° articulations métatarso-phalangiennes sont assez prolongées pour le gèner dans sa profession. Sur la radiographie on voit que le pied droit porte un os tibiale externum. Cet os n’accusait sa présence par aucune saillie visible ou palpable et la pression sur lui ne réveille qu’une sensibilité insignifiante. Le pied porteur de cet os tibial n’est ni plat, ni valgus ; il est impossible d’attribuer à la présence de cet os surnuméraire la moindre part dans les douleurs dont se plaint M. X..