C. Diagnostic
La connaissance du nombre normal des points d’ossification pour chaque os, l'existence d’une saillie osseuse à un point d'élection, les phénomènes inflammatoires constatés au niveau de cette saillie font soupçonner une anomalie osseuse. La radiographie montre un noyau osseux à contours nets, rectilignes ou légèrement courbes, dépourvus d’irrégularités, La bilatéralité est mise en évidence, lorsqu'elle existe, par l’examen d'une radiographie de la région opposée.
1° Le diagnostic différentiel est surtout à faire avec les fractures, et nous concevons toute son importanee médico-légale. La notion d'un traumatisme, dont le siège est souvent très mal précisé par l’accidenté, ne peut que troubler le jugement du praticien. Il faut demander une radiographie et alors on a l’image, en cas de fracture parcellaire ou totale d’un petit os, d’une ombre à bords déchiquetés, hérissés d’aspérités. Sur l'os principal, en regard de l'éclat osseux, il existe une perte de substance irrégulière, sensiblement égale au
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volume de la parcelle osseuse arrachée. De plus, une fracture produit toujours une douleur vive, localisée, entraînant une impotence fonctionnelle très marquée.
2° Les anomalies osseuses se révèlent souvent cliniquement par de petites poussées d’ostéomyélite atténuée. Exemple : Le scaphoïde tarsien est souvent le siège, dans la seconde enfance, de poussées de scaphoidite. On peut soupçonner un os tibial, ou encore uno apophysite de la partie postérieure d’un scaphoire dédoublé. La radiographie lève tous les doutes.
3° La confusion avec les exostoses ostéogéniques n'est guère possible. Elles sont en général multiples, irrégulières, souvent unilatérales.
Et la radiographie montre une masse claire, plus ou moins volumineuse, à extrémité souvent crochue, fixée à un os sous-jacent présentant des altérations évidentes. ”
En résumé, la précision du point traumatisé, la bénignité relative de l’impotence fonctionnelle et de la réaction douloureuse, la rareté de la fracture d’un petit os isolé, les caractères radiologiques donnant une ombre à contours nets, la fréquence de la bilatéralité rendent le diagnostic certain, écartent toute confusion.
D. Traitement
Quelques mots sur le traitement sont indispensables avant de terminer cette étude.
Il ne concerne guère que les os surnuméraires du membre inférieur, souvent douloureux, s’accompagnant parfois d’attitudes vicieuses.
Nous nous oecuperons de l’os tibial et du sésamoïde interne bi ou tripartitum souvent cause de syndromes douloureux.
A. — 1° Lorsque l'os tibial est associé à un pied plat valgus, il faut tout d'abord recourir au traitement orthopédique de ce pied plat, afin de soulager les douleurs en rétablissant la concavité de la voûte plantaire.
Moucner préconise le port d'une semelle spéciale, en celluloïd, relevant le bord interne du pied.
Mais souvent ce moyen est insuffisant, l’os tibial étant douloureux pour son propre compte : il faut alors pratiquer l’extirpation de l’os surnuméraire. On peut même commencer par cette intervention et faire porter ensuite au malade une semelle spéciale.
2° Si l'os tibial douloureux existe sans pied plat, proposer l’extirpation d'emblée de l'os surnuméraire, intervention facile, sous anesthésie locale, que le malade acceptera facilement en général.
3° Dans les cas légers, le repos, des chaussures sou-
ples et bien cambrées suffisent.
B. — Le sésamoïde interne bi ou tripartitum donnant lieu à une métatarsalgie doit être de même extirpé, et on conseillera au malade le port de chaussures larges, à talons bas, à semelles épaisses, avec ou sans support immobilisant le métatarse.
En un mot, tout os supplémentaire douloureux doit être extirpé.