I. — ANOMALIES ISOLÉES DE L’'ONDE T
Nous avons vu plus haut que les altérations de l’onde T peuvent se faire selon de multiples éventualités. La plupart des auteurs ont étudié tout particulièrement la valeur pronostique de l’inversion de cette onde, et les autres altérations isolées : élargissement ou rétrécissement, augmentation ou diminution d’amplitudé, aplatissement complet, diphasisme n’ont qu’exceptionnellement retenu leur attention, et ne figurent pas en général dans leurs statistiques. Il nous est apparu qu’à la fois Paplatissement complet de T, au point qu’il devient inappréciable, et le diphasisme de cette onde ont même signification que linversion. Nos recherches concernant Pétiologie, les manifestations cliniques concomitantes et la valeur pronostique sont en effet presque identiques dans leurs résultats quand elles ont pour objet la seule inversion de T ou quand on lui annexe les deux autres variétés d'anomalies, d’ailleurs beaucoup moins fréquentes. Leur existence sur un même tracé, mais dans des dérivations différentes, n’est du reste pas excep: tionnelle.
De plus nous avons assez souvent remarqué dans les €. €. g. recueillis en série chez un même sujet, dans le cours de la maladie, la transformation, ou mieux, l’évolution d’un de ces types d’altération vers un autre, et cela en dehors de toute influence médicamenteuse et de tout phénomène clinique évident (4). C’est assez montrer les liens de parenté qui les unissent.
Quant à l'élargissement et l’augmentation d’amplitude, (T en dôme, ou en angle aigu), atypies qui se rencontrent pour une déflexion positive ou négative de T, il s’agit de phénomènes évolutifs qui se combinent souvent avec des
(1) Toutefois le diphasisme est peut-être moins significatif dans certains cas que l’inversion : chez un malade souffrant d’angine de poitrine et dont le tracé montrait habituellement un T diphasique en D, et positif en D2 ; nous avons vu
pendant un paroxysme le T devenir négatif en D1, tandis qu’en D2 il devenait diphasique.
modifications de l’intervalle ST, pour acquérir, comme nous le verrons plus loin, une valeur séméiologique du plus grand intérêt. |
Nous rappelons en outre que les altérations qui se rencontrent en D3 seule, n’ont pas été prises en considération : nos recherches à cet égard confirmant pleinement les conclusions de Harris et de Willius.
Nous nous limiterons done, pour le moment, à l’étude de cas dans lesquels la courbe e. c. graphique montre de façon durable l’inversion, le diphasisme ou l’aplatissement de l’onde T. En ce qui concerne les combinaisons de dérivations, les éventualités sont les mêmes, que l’on considère la seule inversion de T ou les trois altérations fondamentales, c’est dire que nous avons à envisager successivement :
Les altérations de T en D1 seule. \ -— Diet AD?:
— ID2NELADS — DIFD2retmtDS:
FRÉQUENCE. — Le nombre global des cas que nous avons réunis est de 208, soit 48,14 % de l’ensemble des cas avec altérations significatives du complexe ventriculaire, et 28,11 % de la totalité des 900 observations de notre statistique actuelle.