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II. — ANOMALIES ISOLÉES DU GROUPE QRS

L’atypie de QRS, nous l’avons vu, réside dans des modifications simples ou multiples de sa forme, de son amplitude et de sa durée. Dès l’apparition de la méthode d’Einthoven les auteurs se sont surtout préoccupés des rapports qui pouvaient exister entre l’amplitude des tracés et l’énergie de la contraction cardiaque, mais bientôt ils se rendirent compte, en confrontant les données de la clinique, de l’anatomie pathologique et de l’e.c. graphie que, mieux que ce rapport demeuré insaississable les altérations dans la forme du groupe QRS étaient susceptibles à côté de la notion de pédominance électrique, de donner de précieuses indications sur l’état fonctionnel ou sur l’existence de lésions du myocarde. (Neuhof.)

Contrairement aux altérations de l’onde T,__ et par rapport aux altérations combinées de QRS et de T - , les altérations isolées du groupe Q RS sont relativement peu fréquentes et il nous a semblé, à la lecture des publications consacrées à cette modalité d’anomalie, que ses principaux types n'étaient pas toujours étudiés dans leur état de pureté.

Aussi dans notre statistique actuelle, ferons-nous la distinction entre les cas où une seule des anomalies est présente : élargissement, déformation, bas voltage, et ceux où elles se trouvent combinées, soit entre elles, soit avec des modificatons de l’onde T.

19 L’élargissement du groupe QRS n’a été pris en considé-

ration que lorsque sa durée exprimée par l’espace Q RS atteignait ou dépassait 0710. En opposition avec l’opinion de certains auteurs : Neuhof, Deglaude, ete., qui, en raison de l’inconstance des ondes Q et S préferent ne tenir compte que de la durée du sommet R qu'ils tiennent pour pathologique au delà de 0”’07, nous croyons qu'il vaut mieux mesurer la durée du groupe QRS, dans sa totalité. En effet, indépendamment de linterprétation physiologique de le.c.g. généralement admise, qui fait de ce groupe une véritable entité, l’examen de nombreux tracés nous a montré, contrairement à l’opinion courante, que l’espace QRS, à condition de le mesurer toujours de la même façon, est, sauf de rares exceptions, sensiblement égal, dans les trois dérivations, alors que la durée de l’accident R varie dans de fortes proportions d’une dérivation à l’autre.

20 Nous avons considéré comme déformations proprement dites du groupe Q RS, soit l’épaississement en masse de l’ensemble de ses branches ou de l’une d’entre elles, soit surtout les accidents localisés : renflemients formant nodules, simples brisures, ou crochets plus ou moins profonds (notches ou notchings des auteurs de langue anglaise). Ces accidents généralement uniques, parfois multiples siègent, ou bien sur les pointes R et S, — rarement sur l’oscillation Q —- qu’elles échancrent et semblent parfois dédoubler, ou bien: sur leurs branches. La situation de ces accidents n’est d’ailleurs pas absolument fixe et certains facteurs physiologiques, notamment la respiration (Mahaim), la peuvent faire varier, mais cela dans d’assez faibles proportions.

D'un autre côté, les divers aspects qu’ils présentent, ont entre eux une parenté indiscutable : il est fréquent d'observer sur des tracés recueillis à intervalles éloignés, le passage ou la transformation d’un accident (nodule ou brisure), dans un autre (crochetage). De plus, les statistiques de Willius montrent qu’ils se rencontrent dans des conditions pathologiques analogues, et que leur valeur pronostique est sensiblement la même. Aussi avons-nous pensé qu'il était inutile de pousser trop lom l’analyse de ces accidents, et qu’il suffisait de grouper leur étude sous une seule rubrique, et cela d’autant plus qu’ils se rencontrent très rarement en dehors d’un élargisssement du groupe QRS et d’une altération constante de l’onde T.

Lewis, Mosler et Sachs pensent que les e. €. g. normaux peuvent présenter occasionnellement des encoches de R et des ; en fait, cette éventualité ne se voit guère que dans la troisième dérivation, dont on ne saurait par conséquent tenir compte isolément, alors qu’elle garde toute sa valeur, lorsque le trouble considéré se retrouve en même temps, dans l’une ou dans les deux autres dérivations.

30 Le « bas voltage » de Q RS réside dans une diminution de Pamplitude de ce groupe. Il serait nécessaire de codifier, de standardiser l’amplitude maxima au-dessous de laquelle on peut parler de bas voltage, car l’acception des différents auteurs

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n’est pas toujours identique : Heard et Hein prennent pour

limite extrême dix divisions horizontales du film, Pardee, Sprague et White, Hepburn et Jamieson fixent cette limite à une déflexion maxima de cinq millimètres, Burnett et Piltz à huit millimètres, en mesurant cette distance entre la pointe Q, ou à son défaut entre la ligne isoélectriqte et le sommet R. Pour notre part, nous considérons qu’il y a bas voltage de Q RS lorsque la déflexion principale : R ou S selon les cas, ne dépasse pas cinq millimètres depuis la ligne horizontale jusqu'à sa pointe. Nous avons tenu compte du bas voltage lorsqu'il se rencontrait dans plusieurs dérivations, ou seulement dans l’une d’elles, sauf en D3 isolément.

49 Les différentes altérations simples que nous venons de décrire, peuvent enfin s'associer entre elles, pour constituer une atypie complexe du groupe QRS.

FRÉQUENCE. — Nous avons réuni 65 observations dans lesquelles nous avons constaté des anomalies isolées, simples ou multiples du groupe Q RS, soit 15 % des cas avec altérations significatives du complexe ventriculaire, et 7,2 % de l’ensemble de notre statistique.

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