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IT. ANOMALIES COMBINÉES DU GROUPE QR£ ET DE L'ONDE T

L'association d'anomalies simples ou complexes du groupe de QRS et de l’onde T constitue, nous l’avons vu, une éventualité fréquente en e.c. graphie clinique. Ses modalités sont innombrables et l’on ne peut songer à les codifier toutes, ni à les étudier dans leur individualité respective. On se souvient que deux types d'anomalies combinées de QRS et de T ont été isolées avec plus de précision, non pas tant en raison de leur pathogénie fondée sur des analogies plus ou moins rigoureuses, que de leur physionomie graphique ; ce sont le type «bloc de branche » et le type «bloc d’arborisations ». Encore que ces dénominations préjugent fâcheusement du trouble fonctionnel ou des lésions, responsables des altérations électriques en question, nous les conserverons néanmoins pour ce qu’elles sont universellement adoptées, mais en leur adjoignant l’épithète « présumé ».

19 Nous rappelons que les critères fondamentaux qui permettent de porter le diagnostic électrocardiographique de «bloc présumé d’une branche du faisceau de His » consistent pour QRS : dans son élargissement, dans l’augmentation de son amplitude, dans la présence d’un aceident localisé — habituellement un crochet — sur l’oscillation principale : R ou S

suivant la dérivation considérée ; pour T dans l'augmentation de son amplitude et dans une modification de sa direction, telle qu’elle s'oppose à celle de la déflexion principale, l’ensemble prenant un aspect franchement diphasique. Dans les cas les plus typiques, l'intervalle ST est considérablement réduit et l’onde T paraît prolonger presque directement dans le sens opposé, soit la branche descendante de R, soit la branche ascendante de S. Ajoutons enfin que contrairement à la plupart des tracés de bloc de branche expérimental chez l’animal, qui montrent des courbes concordantes et rarement des courbes discordantes (Lewis) (v. p. 148), chez l’homme les tracés du tvpe bloc présumé d’une branche appartiennent tous à la deuxième variété ; c’est-à-dire que la déflexion principale s'oppose en DI et en D3 (1) et qu’il existe toujours une prépondérance droite pour le bloc de la branche gauche, d’ailleurs exceptionnel, une prépondérance gauche pour le bloc de la branche droite, plus fréquent. (Voir fig. 5 a et b.)

20 Nous grouperons sous la rubrique «forme atypique du bloc présumé d’une branche » les cas où le tracé ne diffère du bloc typique que par l’absence du crochet et où se retrouvent tous les autres caractères et notamment la grande amplitude sans laquelle, d'accord avec Carter et avec Mahaïim, nous ne saurions parler de bloc de branche. (Voir fig. 5 €.)

39 On se souvient que pour être rangés dans le cadre des «blocs présumés des arborisations », les tracés doivent réunir les caractéristiques suivantes : faible amplitude et élargissement du groupe Q RS, dont les éléments sont épaissis et présentent un ou plusieurs accidents. L’onde T est généralement atypique en une ou plusieurs dérivations, mais l’ensemble du complexe ventriculaire ne réalise pas nécessairement un aspect diphasique et la prépondérance d’un ventrieule est tout à fait contingente. C’est assez dire que les limites de ce cadre ne sont pas nettement tranchées, et nous y réunirons tous les cas où l’e. e. g., de très faible voltage dans les trois dérivations, montre des atypies combinées de QRS et de T.(Voir fig. 5dete.)

40 Certains tracés s’apparentent visiblement à la fois au

(1) En D2 la déflexion principale est le plus souvent de même sens qu'en D3. Mais l’aspect typique n’est pas toujours réalisé dans son ensemble, alors qu'il l’est parfaitement en D1 et en DS.

bloc de branche et au bloc des arborisations et participent de leurs physionomies respectives dont ils ne possèdent toutefois ni l’amplitude aussi exagérée ni amplitude aussi réduite. Ces formes intermédiaires: sont rangées par les auteurs tantôt avec l’un, tantôt avec l’autre de ces types e. €. graphiques, nous préférons leur réserver l’appellation de «bloc intraventriculaire » bien que celle-ci puisse également désigner tous les retards de conduction prenant naissance à partir de la bifurcation du faisceau de His (Oppenheimer et Rothschild). (Voir fig. 6 a et b.) 59 Quant aux tracés qui ne sont pas en conformité avec l’une des variétés précédentes, mais qui présentent néanmoins des altérations combinées de Q RS et de T, en une ou plusieurs dérivations, en dépit de leur caractère disparate, nous les grouperons dans un cadre particulier. (Voir fig. 6 c, d, €.)

FRÉQUENCE. — Nous avons réuni 159 cas dans lesquels les complexes ventriculaires montraient des anomalies combinées de QRS et de T, en une ou en plusieurs dérivations, sauf en D3 seule, soit 36,8 % des cas avec altérations significatives et 17,6 % de l’ensemble de notre statistique.

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