ANOMALIES ISOLÉES DU GROUPE QRS
L’élargissement du groupe QRS traduit peut-être, comme le suppose Pezzi, la difficulté et la lenteur avec lesquelles se propage le stimulus à travers les «barrages » successifs qu’il rencontre ; les encoches ont parfois été attribuées à un asynchronisme des deux ventricules (1); Laubry et ses collaborateurs y voient plutôt «la traduction d’un trouble myocardique parcellaire provoquant l’asynchronisme des processus d’excitation dans la zone intéressée et dans le reste du myocarde ».
Quant au bas voltage, s’il constitue un des caractères fondamentaux du soi-disant bloc des arborisations, nous avons vu qu’il pouvait apparaître en clinique en dehors de toute autre anomalie des complexes et même indépendamment de toute altération cardiaque évidente, comme par exemple dans les . états d'insuffisance thyroïdienne (v. p. 187). Aussi, en dépit des expériences intéressantes de Laubry, Walser et Deglaude qui ont montré que des excitations faradiques répétées portant sur un muscle squelettique — en l’espèce le gastro-cnémien de la grenouille — déterminent des courbes électriques cù l’on voit le groupe Q RS diminuer d'amplitude à mesure que la fatigue s’accentue, ne peut-on conclure avec certitude que dans l’ensemble des tracés e. ce. graphiques où se montre le bas voltage, cette atypie est sous la dépendance de la seule fatigue du myocarde contractile.
Toutefois on pourrait tirer argument, en faveur de l’hypothèse de la fatigue musculaire, de la constatation fréquente d’une réduction du voltage des complexes, sans anomalie surajoutée, au cours de certains épanchements péricardiques, et plus généralement dans la plupart des cas où une lésion de voisinage, médiastinale ou pleurale, est susceptible de troubler la dynamique cardiaque, soit directement en modifiant la position de l'organe, soit indirectement en gênant la circulation locale.
(1) MM. Clerc et Bascourret, qui ont fait allusion à cette théorie, ne la considèrent nullement comme.la leur. -