MUSCLE LONG PÉRONIER LATÉRAL
plantaire. Cette insertion fémorale du long péronier latéral perd peut-être un peu de son importance, rencontrée qu'elle est sur un membre déformé; elle mérite cependant d'être mentionnée, comme représentant chez l'homme une disposition normale chez un grand nombre de Vertébrés.
Anatomie comparée. — Le long péronier latéral provient en effet du fémur chez la marte, Miyène, Yours, le coati. Il s'insère à la fois sur le fémur et sur le péroné (disposition mixte) chez Y aï, la loutre (Meckel), le phoque (Humphry), etc. Chez la sarigue, il existe trois têtes, d'après Meckel : deux proviennent du péroné, la troisième remonte au fémur.
§111. — Insertions surnuméraires sur les métatarsiens et les cunéiformes. — Il convient de distinguer, parmi ces insertions surnuméraires : a) celles qui se font sur les métatarsiens du milieu ; /3j celle qui se fait sur le métatarsien externe ; y) celle qui se fait sur les cunéiformes.
1° J'ai vu, dans deux cas, le long péronier latéral envoyer une forte expansion sur l'extrémité postérieure du second métatarsien ; une pareille disposition est considérée comme à peu près normale par Theile. Des insertions surnuméraires sur les deux autres doigts du milieu sont mentionnées par Macalister, Walter, Humphry.
2° Au moment de s'engager dans la gouttière cuboïdienne, le tendon du long péronier latéral peut envoyer une expansion tendineuse à l'extrémité postérieure du cinquième métatarsien, qui se trouve donner ainsi insertion aux trois muscles péroniers. Macalister signale cette disposition, dont j'ai observé moi-même un cas en 1880 : c'était sur le côté gauche d'une femme adulte, qui présentait également un prolongement digital très volumineux fourni au 5" orteil par le péronier antérieur.
3" L'insertion surnuméraire sur le premier cunéiforme a été notée par Walther.
Anatomie comparée. — Toutes ces dispositions anormales se retrouvent normalement dans la série des Mammifères :
a) — Chez le porc-épic, le long péronier latéral s'attache prin-
cipalement au premier métatarsien; mais il se fixe aussi aux deux précédents ainsi qu'aux cunéiformes (Meckel). Chez Vu7iau (Humphry), son insertion principale se fait sur le premier métatarsien avec insertions moins importantes sur les troisième, deuxième et premier. Chez le chat (Strauss-Durckheim), le premier métatarsien reçoit la presque totalité du tendon du long péronier latéral ; mais ce tendon fournit, dans son trajet plantaire « des languettes aux autres métatarsiens, c'est à dire une forte à la tubérosité postérieure du deuxième, une au bord interne de la tubérosité du troisième, une à celle du quatrième et une très fo;:'te qui pénètre entre la tête du quatrième et du cinquième, pour se fixer à ce dernier, au milieu de la face interne de sa tête » .
/3J — L'insertion au cinquième métatarsien ne s'observe pas seulement chez le chat. Elle existe concurremment avec l'insertion sur le premier chez la civette, d'après Young, chez VOrycteropus capensis, d'après Humphry, etc., etc. J'ai vu moi-même, chez YUrsus americanus, le tendon du long péronier latéral ne s'engager dans la gouttière cuboïdienne pour atteindre le premier métatarsien, qu'après avoir envoyé au cinquième une expansion tendineuse. L'insertion sur le cinquième métatarsien existerait même seule chez ïaï et chez Vhyène, d'après Meckel.
y) — Quant à l'insertion sur les cunéiformes, elle s'observe dans un grand nombre d'espèces, notamment chez le porc-épic (Meckel) et chez \e fourmilier (Humphry).
§ IV. — Renforcement du long- péronier latéral par un péronier accessoire. — Henle a décrit, sous le nom de péronier accessoire (peroneus accessoriusj un petit muscle surnuméraire qui se détache de la face externe du péroné, entre l'un et l'autre des deux péroniers normaux, glisse comme eux dans la gouttière rétro-malléolaire, pour venir se terminer sur le tendon du long péronier latéral, au moment où ce dernier s'engage dans la gouttière du cuboïde. Nous verrons dans la suite (voir art. IV, p. 744), que ce péronier accessoire, dont l'existence est loin d'être rare, n'est qu'une forme incomplète du troisième péro-
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nier latéral, dont la variété la plus commune et la mieux connue est le peroneus quinti digiti de Huujpbry, ou peroneus parvus de Bischoff.
§ V. — Faisceau aberrant malléolaire. — Macalister signale un faisceau aberrant qui s'échappe du long péronier latéral pour venir s'attacher au ligament latéral externe de l'articulation tibio-tarsienne ; et nous trouvons, dans un mémoire déjà ancien de Budge, la mention d'un faisceau aberrant probablement analogue qui se fixait à la la malléole externe.
Ce sont là encore, bien évidemment, des formes incomplètes du muscle précité qui, s'arrêtant dans son trajet vers le
orteil, a pris sur la malléole et le ligjament latéral une insertion dite secondaire ou consécutive.
Bibliographie :
Walther. De art.j ligament, et musc. Hominis, Lipsige, 1728. PORTAL. Traité d'Anat., p. 356.
Budge. Henle u. Pfeufer's Zeitschrift, vol. X, p. 128. Henle. MuskellehrCj zweite Aufitege, p. 300. Theile. Enstjcl. anat., t. III, « Myologie », p. 325. Macalister. Transact. of Roy. Irish Acad., 1871. Meckel. Anatomie comparée, t. VI, p. 43.
HuMPiïRY. The Mijology of the limbs of the unau, the aï, etc. {Journ. of
Anat. and Phys., Nov. 1869, p. 75).
YouNG. Myology of Yiver'va. civetta {Ibid,, Jau. 1880, p. 175). HuMPHRY. On the Myology of Orycteropus capensis and Phoca communis
{Ibid., May 1868, p. 319).
Strauss-Durckheim. Anatomie du chat, t. II, p. 426.
ARTICLE III
ANOMALIES DU COURT PERONIER LATERAL.
Situe au-dessous du précédent, le muscle court péronier latéral s'insère en haut : sur le tiers moyen de la face externe du péroné, sur le bord antérieur et le bord postérieur de cet
OS, ainsi que sur les cloisons aponévrotiques qui séparent, les deux péroniers latéraux des groupes musculaires voisins. Le tendon qui fait suite au court péronier contourne la malléole externe, croise la face externe du calcanéum et vient se fixer, comme celui du péronier antérieur, sur l'extrémité postérieure du cinquième métatarsien. Sauf son dédoublement et l'insertion d'un tendon surnuméraire sur le petit orteil, les variations anatomiques de ce muscle n'ont pas une bien grande importance.
%l. — Union du court péronier latéral avec le long- péronier latéral. — (Voyez ce dernier muscle, p. 738).
§ II. — Duplicité du muscle ou du tendon et insertions surnuméraires sur les os du pied. — Comme pour tous les cas de dédoublement des muscles complexes^ la division peut porter sur le tendon seul ou remonter plus ou moins haut dans l'épaisseur du corps musculaire lui-même. Elle peut même l'intéresser tout entier, donnant ainsi naissance à de vrais muscles surnuméraires. Quant à l'insertion inférieure du tendon surajouté, elle peut se faire :
4° Sur le 5' orteil. — Elle se fait soit sur les phalanges, soit sur le tendon que l'extenseur commun envoie à cet orteil. C'est V extenseur propre du petit orteil {pero?ieus quinti digiti de Huxley) que nous décrirons en détail dans l'article suivant, soit chez l'homme, soit chez les Mammifères.
%° Sur le cuboïde. — Sur le côté gauche d'un sujet adulte, j'ai vu un petit paquet de fibres, émanant de la portion postérieure du court péronier latéral, se jeter sur un tendon fort grêle, qui venait s'attacher sur le cuboïde. Macalister et Wood signalent chacun. un fait analogue. Avec ce dernier anatomiste, je n'hésite pas à considérer ce faisceau comme une variante du peroneus quartus d'Otto [péronéo-calcanéen externe pour moi), lequel n'est, à mon sens, qu'une forme incomplète du peroneus quinti, ci-dessus mentionné.
Chez le kangurou, d'après Meckel, le court péronier latéral se divise en deux tendons, dont l'un se rend au cuboïde.