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ANOMALIES DU GRAND DORSAL

Le muscle grand dorsal s'insère normalement sur les apophyses épineuses des six ou sept dernières vértèbres dorsales, sur les apophyses épineuses des cinq vertèbres lombaires, sur la crête sacrée, sur le tiers postérieur de la crête iliaque, et sur les trois ou quatre dernières côtes. Les divers faisceaux muscu-

laires qui le constiluent convergent tous vers l'aisselle où ils se condensent et viennerit se terminer, après avoir contourné le grand rond, soit sur la lèvre interne, soit dans le fond de la coulisse bicipitale. Cette insertion humérale se fait à l'aide d'un tendon aplati, fort résistant, qu'une languette aponévrotique réunit souvent à la petite (ubérosité de riiumérus.

Les anomalies fort nombreuses que pei^t présenter le muscle grand dorsal, peuventêtre ramenées aux neuf variétés suivantes: 1° Variations dans les insertions épineuses; 2" variations dans les insertions iliaques; 3° variations dans les insertions costales: 4° faisceau d'origine accessoire naissant de l'angle de l'omoplate; 5° union plus ou moins complète avec le grand rond ; 6° faisceau anasiomotique pour le grand pectoral ; 7° faisceau élévateur du tendon du grand dorsal ; 8° faisceau coracoïdien de ce même muscle ; 9" faisceau accessoire se rendant au coude ou à l'avant-bras.

§ I. — Variations dans les insertions épineuses. — Il n'est pas rare de voir le muscle grand dorsal prendre insertion sur la 6*^ dorsale. Winslow l'a vu s'élever jusqu'à la o'^ inclusivement. Par contre, le muscle peut s'arrêter au-dessous de la 7". Je l'ai vu, dans deux cas, prendre ses insertions les plus élevées sur la dorsale. Macalister signale une observation où les premiers faisceaux du grand dorsal naissaient de la première vertèbre lombaire.

Anatomie comparée. — Dans la série des mammifères, les insertions vertébrales du grand dorsal sont soumises à des variations nombreuses. Pour ne citer que quelques exemples, le muscle grand dorsal occupe les deux tiers postérieurs du thorax chez le porc-épic. Chez la marmotte, chez le tatou, il prend naissance sur toutes les vertèbres thoraciques, la première exceptée. Chez Y ornithorynque, d'après Meckel, le muscle qui est très long et très large s'attache à toutes les vertèbres dorsales et lombaires, et chez Yéchidné, disséqué par Alix, le muscle grand dorsal s'attacherait également à toute la série épineuse de la région dorsale.

§ II. — A ariations dans les insertions iliaques. — Les faisceaux musculaires qui, chez l'homme, s'attachent à la crête iliaque, peuvent être rudimentaires ou même faire complètement défaut. Ils peuvent aussi se développer outre mesure. Macalister les a vus s'étendre assez loin pour recouvrir le muscle grand oblique de l'abdomen.

Analomie comparée. — Ces variations s'observent également chez les animaux. Tandis que chez quelques-uns d'entre eux l'insertion iliaque n'existe pas, il en e>t d'autres où cette insertion occupe non plus le tiers postérieur, mais toute l'étendue de la crête iliaque. Sur le gorille disséqué par Bischofî, les faisceaux iliaques du grand dorsal dépassaient même la région de l'épine pour prendre allache sur le ligament de Poupart.

§ III, — Variations dans les insertions costales. — On a vu le grand dorsal s'insérer au niveau du thorax; a) sur la

9'^ côte (Cloquel); ;5J sur la 8^ aponévrose intercostale (Wood), j'ai observé un cas semblable ;-/; sur les 10*^ et 1 1*^ côtes (fréquent);

sur les 8^ 9% 10*' et côtes (Meckel, Arc/i., t. VIII, p. 585). D'autre part, Macalister a trouvé la portion costale du grand dorsal isolée jusqu'à son insertion humérale, et, dans un cas de Langer, celte même portion costale, également isolée, se terminait sur l'aponévrose axillaire. Ces deux derniers cas nous ramènent au chondro-coracoïdien de Wood, portion distincte et du grand pectoral et du grand dorsal, et qui s'arrête parfois aux couches aponévrotiques du creux axillaire. (Voir ce muscle p. 15.) On pourrait peut-être interpréter l'anomalie de Langer comme un cas de muscle coslo-coracoïdien, arrêté à l'aponévrose axillaire et remplaçant la portion costale absente du muscle grand dorsal.

Anatomie comparée. — Même inconstance dans les insertions costales du grand dorsal des autres mammifères. D'après Meckel, on voit le grand dorsal s'attacher aux 5^, 6*^ et 7^ cô!es chez le davphin; aux 8 dernières côtes chez X ornitJxorxjnque; à toutes les côtes, les deux premières exceptées, chez le tatou; aux 4 dernières côtes chez le coati; sur les dernières côtes, à

partir de la 7^, chez Vatèle. Chez le gorille, Virchow a constaté des insertions sur les 9*^, 10'', 11° et ISt" côtes.

D'autre part, les insertions costales t'ont complètement défaut chez le daman, le porc-épic, la sarigue, Yhyène, les makis (Meckel), la civette (Devis), Véchidné (Alix), les Chéiroptères et les Crocodiliens (Sabatier).

§ IV. — Faisceau d'orijjine accessoire naissant de rang:le inférieur de romoplate. — J'ai observé bien des fois, dans les ^salles de dissection de la Faculté, ce faisceau scapulaire mentionné par la plupart des anatomistes étrangers, et signalé en France par Beaunis et Bouchard, comme étant assez fréquent. Ce faisceau accessoire présente des dimensions fort variables et il est souvent, à son origine, peu distinct du muscle grand rond (^).

Ce dernier fait nous indique suffisamment quelle est sa signification précise : c'est un premier degré de l'anomalie suivante : union du grand dorsal et du grand rond dont le degré le plus complet est la fusion intime des deux muscles.

Analomie comparée. — M. Alix a signalé, chez Véchidné, une disposition absolument semblable. Chez ce didelphien le grand dorsal se détache, comme nous l'avons déjà dit plus haut, des apophyses épineuses de toutes les vertèbres dorsales et vient s'attacher, par un large tendon, à la face interne de l'épitrochlée. A ce large faisceau, qui n'offre aucun indice de torsion, vient se joindre un faisceau plus étroit qui naît de l'angle postérieur (angle inférieur chez les bipèdes) de l'omoplate, avec le grand rond, dont il ne tarde pas à se détacher, pour aller s'unir au grand dorsal, à 4 centimètres environ de l'épitrochlée.

§ V. — Union du g:rand dorsal et du jjrand rond. —

J'ai vu, une fois, les tendons de ces deux muscles se fusionner au niveau de la coulisse bicipitale; cette disposition n'est pas

(') Calori a figuré, dans son mémoire, un faisceau cliarnu se détacliant du bord axillaire de l'omoplate, immédiatement au-dessous du grand rond et venant s'attacher au tendon du grand dorsal.

très rare. Macalister a vu les deux muscles s'unir par leurs bords inférieurs, et cette union était quelquefois tellement intime qu'il était impossible de séparer l'un de l'autre les deux corps charnus. Enfin, on a observé des faisceaux anastomotiques plus ou moins volumineux se détachant du grand rond pour aller renforcer le grand dorsal.

Anatomie comparée. — D'après Sabatier, le grand dorsal et le grand rond se confondent, chez les Reptiles, au niveau de leur extrémité huraérale, et ont une insertion commune. Ces deux muscles sont également unis chez le fourmilier et chez la civette (Young). Chez le phoque, Duvernoy a vu le grand dorsal se diviser en deux portions, dont la postérieure se confondait avec le grand rond. Il existe une disposition analogue chez le raton.

Nous devons rattacher à cette anomalie le fait singuher, observé en 1873 par Curnow : le grand dorsal s'insérait par un tendon arrondi sur un tubercule spécial, situé sur la partie la plus inférieure de la lèvre interne de la coulisse bicipitale. De ce tubercule partait une languette aponévrotique, qui allait s'insérer en haut, vers le bord axillaire du scapulum, et sur le bord externe de laquelle venaient s'attacher les faisceaux musculaires du muscle grand rond. (Voir la fig. de Curnow, Journ. of. Anal., VII, 1873, p. 305.) J'ai rencontré une fois, en avril 1881, un tendon huméral affectant la forme cylindrique; mais il n'existait pas, comme dans le cas de Curnow, un tubercule osseux spécial pour son insertion.

§ VI. — Faisceau d'union pour le grand pectoral; Arc axillaire (Achselbogen) de Lang-er, et ses formes incomplètes. — Les divers faisceaux musculaires qui se rendent du grand dorsal au grand pectoral, croisent transversalement le paquet vasculonerveux de l'aisselle, d'où le nom générique d'arc axillaire (Achselbogen), qui leur a été donné par Langer, en 1846 [OEslerreich. medicin. Wochenschrift, n° 15, p. 6.) Ramsay paraît être le premier qui ait signalé et décrit ces deux faisceaux anormaux chez l'homme ; ses observations, faites en

1795, ont été publiées dans VEdimburg med. and surg. Journal de 1812. Après Ramsay, le muscle anastomoiiquedorso-pectoral a été mentionné par un grand nombre d'anatoraistes, entre autres par Meckel, Rosenmuller, Kelch, Gruber, Struthers, Luschka, Hyrtl, Bérard, Calori. Plus récemment, des observations nouvelles ont été signalées par Wood, par Macalister, par Flesch, par T. Kolliker et par moi-même.

A. ■ — Description de l'Achselbogen. — C'est un faisceau musculaire aplati, le plus souvent triangulaire, dont la base prend naissance sur la portion axillaire du grand dorsal, et dont le sommet, plus ou moins tronqué, vient se continuer avec le feuillet postérieur du tendon du grand pectoral, au niveau du point où ce tendon vient s'attacber à la coulisse bicipitale. Son attache au grand dorsal se trouve le plus souvent sur le tendon lui-même ; mais le muscle peut se détacher aussi de la portion charnue, un peu en arrière da tendon, et, dans ce cas, une intersection aponévrotique sépare généralement le muscle normal du muscle surnuméraire. C'est à tort que Luschka considère cette intersection comme constante : dans deux cas au moins, j'ai vu des faisceaux musculaires passer directement du grand dorsal à Varc axillaire.

Le faisceau musculaire anormal que je décris, forme une espèce de pont, au-dessous duquel passent la longue portion et la courte portion du biceps, le muscle coraco-brachial, la veine axillaire, l'artère axillaire, le nerf médian, le nerf musculocutané, le nerf cubital, le brachial cutané interne et son accessoire. On conçoit sans peine les difficultés que peut faire naître la présence inattendue de ce muscle, pour la ligature de l'artère axillaire. Malgaigne se trouva un jour très embarrassé en présence d'un sujet qui offrait cette anomalie, et sur lequel il cherchait à lier cette artère : « i\.u-dessous de l'aponévrose, dit-il, je tombai sur un faisceau musculaire rouge, épais, que je pris pour le coraco-brachial ; en conséquence, je découvris son bord interne, mais je fus surpris de ne trouver, en dedans, ni nerfs ni artères. C'était un faisceau anormal qui, détaché du bord externe du grand dorsal, venait croiser obliquement

l'aisselle pour se réunir au tendon du grand pectoral. L'obliquité de la direction me remit dans la voie : je le divisai en travers et, au-dessous de lui, tous les rapports étaient à l'état normal.

V Achselbogen est entouré d'une gaine propre, présentant toujours des connexions plus ou moins intimes avec l'aponévrose du creux axillaire et l'aponévrose brachiale. Il est innervé d'après Biirdeleben, par le nerf thoracique antérieur. Dans un cas, j'ai vu ce muscle traversé de part en part par un rameau perforant du deuxième intercostal, qui allait à la rencontre du nerf brachial cutané interne.

B. — Fréquence de cette anomalie. — - Elle se rencontrerait une fois sur trente d'après Meckel, une fois sur quatre d'après Langer. Ce degré de fréquence est assurément exagéré et nous croyons, avec Galori, qu'il faut aduietlre une distinction entre les formes complètes de Y Achselbogen et les formes incomplètes de ce muscle que nous étudierons tout à l'heure. Si l'on fait entrer en ligne de compte tous les cas où quelques faisceaux musculaires, souvent très petits, se portent du muscle grand dorsal aux aponévroses axillaire ou brachiale, ce muscle s'observe sans doute assez fréquemment. Mais, si on ne considère que les muscles qui du grand dorsal vont au tendon du grand pectoral, cette anomalie est très rare. « Depuis trentesix ans que je m'occupe d'anatomie, écrivait Calori en 1866, je n'ai rencontré ce faisceau musculaire qu'une seule fois. Pour rester dans la vérité, je suppose n'avoir disséqué que quatre cadavres par an pour les préparations du creux axillaire. Cette anomalie ne s'observerait, d'après moi, qu'une fois sur 144 sujets. »

Voici la statistique de M. Wood : sur une série de 102 sujets {Proc. of Roy. Soc. of London, t. XVI, p. 494), 68 hommes et 34 femmes, le savant professeur de Londres a rencontré 6 fois \ Achselbogen, 3 fois sur des hommes, 3 fois sur des femmes. 4 fois l'anomalie était bilatérale, % fois elle existait d'un côté seulement et, dans les deux cas, elle se trouvait à gauche.

Perrin, en 1871, a donné les chiffres suivants [Journ. of Anat., p. 237): sur 29 sujets qu'il a disséqués dans le semestre

d'hiver de 1868-1869, il a rencontré VAchselbogen 7 fois, 5 fois sur des hommes, et 2 fois sur des femmes : sur 4 des hommes, l'anomalie existait des deux côtés, et sur le 5" du côté gauche seulement. Sur une des femmes, elle existait des deux côtés, et sur l'autre du côté gauche seulement. Dans le semestre suivant (1869-1870), Perrin a observé 3 fois VAchselbogen sur2l9 sujets, toujours sur des hommes et des deux côtés.

D'après Struthers, cette anomahe s'observerait plus fréquemment chez la femme que chez l'homme. Ces conclusions sont en opposition avec les observations de Macalister et aussi avec les chiffres, cités plus haut, des statistiques de Wood et de Perrin.

C. — Faits DE l'auteur. — Depuis l'année 1878, en trois semestres, j'ai observé sur trois sujets, l'arc axillaire de Langer.

Sur le premier (homme de quarante à cinquante ans) l'anomalie était bilatérale, et, des deux côtés, le faisceau musculaire allait s'attacher au tendon du grand pectoral. Sur le deuxième (homme adulte très vigoureux), le muscle existaitégalementdesdeux côtés. A droite, il se terminait en partie sur le tendon du grand pectoral, en partie sur l'aponévrose qui recouvre le coraco-brachial ; à gauche, il s'insérait en entier sur l'aponévrose du coraco-brachial. Sur le troisièm£ sujet, VAchselbogen se détachait, à gauche, du bord supérieur du tendon du grand dorsal et se terminait, à quelques centimètres au delà de son origine, sur un tendon aplati, lequel s'épanouissait sur l'aponévrose qui recouvre le coraco-brachial et la courte portion du biceps. 11 était traversé, comme je l'ai déjà mentionné plus haut, par un rameau perforant latéral du 3" nerf intercostal. Ces deux derniers cas ont été dessinés d'après nature et figureront dans mon atlas.

D. — Variations et formes incomplètes ds l'achselbogen. — L'arc axillaire ne se termine pas toujours (formes complètes) sur le tendon du grand pectoral. On l'a vu s'insérer suivant les cas (formes incomplètes) :

a) — Sur l'aponévrose axillaire (cas fréquent) ; (3) — Sur l'aponévrose qui recouvre le biceps; y) — Sur l'aponévrose qui recouvre le coraco-brachial ;

a) — Au bord inférieur du pclit pectoral (Wood);

e) — Au fond de la coulisse bicipitale ;

'C) — Dans le cas de Galori, il existait, à côté du muscle parfait, un deuxième muscle plus grêle se terminant dans l'aponévrose qui ferme intérieurement le creux de l'aisselle; ce dernier prenait naissance sur le côté externe de la portion costale du grand dorsal, se dirigeait en haut et se divisait, à sa terminaisoui, en trois petits faisceaux de longueur inégale. L'un de ces faisceaux présentait quelques insertions à la face profonde du creux axillaire.

■n) — Dans un cas rapporté par G. Fi'itsch, il existait, indépendamment d'un arc dorso-pectoral, un deuxième faisceau se rendant à l'aponévrose qui recouvre la 5" digitation du grand dentelé, et un troisième faisceau qui venait s'attacher sur l'aponévrose axillaire.

0) — Meckel a encore vu Y Achselbogen coïncider avec un faisceau étendu du grand pectoral au petit pectoral, et un deuxième faisceau allant du grand pectoral au grand dorsal, Rûdinger signale et figure un cas analogue assez remarquable, dans lequel le grand pectoral envoie un faisceau au grand dorsal, et où un faisceau du grand dorsal qui l'accompagne, envoie un tendon au grand pectoral (cité par Macalister).

E. — Anatomie comparée. — L'existence d'un pont musculaire, émanant du grand dorsal et passant sur le paquet vasculonerveux de l'aisselle pour rejoindre le muscle pectoral ou le côté externe de la coulisse bicipitale, s'observe chez un grand nombre d'espèces animales. Voici, d'après Meckel, la disposition qu'il affecte chez quelques mammifères :

Chez le daman, le muscle grand dorsal se partage en deux faisceaux : l'un, plus grand, se rend au point ordinaire ; l'autre, plus petit, s'insère à l'humérus, immédiatement au-dessus de la grande tête du grand pectoral. C'est entre ces deux faisceaux que passent les artères et les nerfs du bras.

Chez la marmotte, il existe également deux têtes : l'antérieure se confondant avec le peaucier dorsal, se dirige, entre les couches du grand pectoral, vers la crête antérieure de

l'humérus; la postérieure se rend, avec le muscle grand rond, à la crête postérieure de cet os.

Le grand dorsal de Vhyène se divise, sous l'omoplate, en un faisceau antérieur et un faisceau postérieur. Le premier se rend, avec le peaucier, fort haut à l'humérus, en passant entre le biceps et le grand pectoral; le second s'insère plus en dedans avec le grand rond.

Chez le coali, chez le raton, chezV ichneumon, le grand dorsal se divise également avant d'atteindre l'humérus, en deux portions distinctes : l'une {|ui va à l'humérus, en se confondant plus ou moins avec le grand rond, l'autre, qui se porte sur le grand pectoral.

Chez les makis, V Achselbogen est réduit le plus souvent à une petite languette qui, se réunissant au peaucier, rejoint à l'aide d'un court tendon la face profonde du grand pectoral. Cette disposition manque chez Yatèle; mais elle reparaît chez le magot et chez quelques macaques.

J'ai observé pour ma part, chez le Macacus sinicus, la disposition suivante : le muscle grand dorsal, arrivé dans le creux axillaire, se divisait en trois portions confondues à leur origine, mais nettement distinctes par leurs insertions brachiales. Les fibres internes formaient une masse volumineuse qui se portait sur le côté interne de la coulisse bicipitale, point d'insertion normal chez l'homme. Les fibres inférieures formaient le muscle dorso-épitrochléen, qui s'insérait, d'autre part, à la fois à l'épitrochlée et à l'olécrâne. Les fibres qui constituaient le bord libre du grand dorsal se séparaient du muscle, à un centimètre et demi de l'artère axillaire, et se jetaient bientôt sur un tendon aplati, lequel, après avoir croisé en avant le paquet vasculonerveux, venait se terminer, en partie sur l'aponévrose brachiale, en partie sur la lèvre externe de la couHsse bicipitale. Cette dernière portion du grand dorsal était entièrement recouverte par le grand pectoral.

J'ai disséqué etdessiné, chez le chai, une disposition analogue. Dans cette espèce, comme l'avait déjà parfaitement décrit Strauss-Durckeim [lac. cit., p. 340), le' grand dorsal se divise,

116 LES ANOM.VIJES MUSCULAIRES CHEZ l'hOMME.

en atteignant l'aisselle, en deux portions distinctes et à peu près d'égal volume. Le faisceau postérieur [pilier supra-externe de Strauss) se réunit au grand rond et vient s'insérer, comme le grand dorsal des anthropotomistes,^ sur la lèvre externe de la coulisse bicipitale. Quant au faisceau antérieur [pilier infra-interne de Strauss) , il recouvre à la manière d'un arc le coraco-brachial, le biceps et le paquet vasculo-nerveux, pour venir se terminer avec le grand pectoral sur la lèvre antérieure de la coulisse.

F. — Fonctions probables de l'achselbogen chez l'homme et CHEZ les animaux. — Lcs rapports intimes que l'arc axillaire de Langer contracte avec les aponévroses axillaire et brachiale nous indiquent suffisamment que la contraction de ce muscle anormal doit tendre les feuillets aponévrotiques.

Tout en acceptant ce rôle pour l'arc dorso-pectoral, le professeur Calori lui en accorde un autre, en rapport avec la circulation veineuse: «Les rapports de contact avec la veine axillaire, dit-il, nous font déjà pressentir qu'il ne doit pas être sans action sur ce vaisseau. On sait que la contraction musculaire, en comprimant et en aplatissant les veines sur un plan résistant, accélère le cours du sang vers le cœur. Or pourquoi refuser à un muscle anormal un rôle qu'on accorde à tous les autres muscles? assurément on n'a aucune raison pour le faire. Aussi j'estime que ce faisceau musculaire sert non seulement à renforcer et à tendre les aponévroses, mais aussi à comprimer la veine axillaire et à favoriser la marche centripète du sang qu'elle contient. »

g VIL — Faisceau élévateur du tendon du grand dorsal, levator tendinis latissimi de Gruber. — Ce faisceau très rare, décrit par Gruber et par Wood, peut être considéré, dans certains cas, comme une variété de VAchselbogen, s'insérantà la capsule ou à l'apophyse coracoïde ; mais le plus souvent il se rattache par son insertion supérieure aux muscles coraco-brachial et coraco-capsulaire. Nous l'étudierons avec ces derniers muscles. (Voir IP partie, muscles du bras.)

§ VIII, — Faisceau coracoïdien du grand dorsal. — II

n'est pas rare (5 fois sur 1 02 sujets, Wood) de voir la portion costale du muscle grand dorsal envoyer un prolongement à l'apophyse coracoïde (sommet, base, bord antérieur) ou même à la capsule articulaire. Ce faisceau aberrant peut être confondu à son origine avec le corps du muscle, mais il peut aussi en être distinct dans toute son étendue. Situé dans ce dernier cas entre le grand pectoral et le grand dorsal, il appartient tout aussi bien à l'un qu'à l'autre. Ce sont là des variétés du costocoracoïdien de Wood, sur lequel nous nous sommes déjà suffisamment étendu, à propos des anomalies de l'insertion du grand pectoral. (Voir ce muscle p. 15.)

§ IX. — Faisceau accessoire se rendant au coude et à ravant-brasj muscle dorso-épitrocliléen. — En raison de son importance je consacrerai à ce muscle un article spécial.

ROSENMULLER. De noiiniiUis muscul. variet. dissertatio, Leipzig, p. 5. Ramsay. Edimburg nied. Journ., vol. VIII, 1812, p. 281. Kelch. Bcitrœge zur pcdholog. Anatomic, Berlin, 1813, p. .34-35. Meckel. Manuale d'anatomia gcner. descrit. e patolog. del corpo u/nano,

trad. italienne, Milan, 1825, p. 314.

Langer. Ueber die Achselbinde wid ihr Vcrahltniss Latissimus dorsi

[Œsterreich. medicin. Wochenschrlft, 1846, n°s 15 et 16.) Malgâigne. Traité d'anat. clùrurg., 1888, p. 410.

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de Eoncati, Milan, 1858.

Hyrtl. Trattato di anatonna dcll' uomo, p. 369 de la trad. italienne de

Lanzilloti-Buonsanti e Occhini.

BÉRARD. Traité d'Anat. topogr. mcd .-chirurgicalej 2® édit., Paris, 1857. Meckel. Arch., vol. VIII, p. 585.

RuDiUGER. Ueber die Mv.skeln des vordernExtrcm., Haarlem, 1870, tab. XII, fig. 34.

Strtjthers. Anat. and Plitjs. observ., Edimburg, 1854, p. 193.

Calorl Intorno ad alcune variété incontrate neJle niuscolatura degli arti

superiori {Mem. dell' Academia dellc Scien;:c dcll' Instituto di Bologna,

série II, t. VI et VII).

Gruber. Neue Anomalien als Bcitrœge der Phys. chirurg. u. Path. anat.,

Berlin, 1844, p. 31, taf. VI.

Meckel. Henle u. Pfcafcr's Zeitschrift, Bd XXIX, p. 168.

Gruber. Mcm. de l'Acacl. imp. de Saint-Pétersbourg, 1857, n° 4, p. 3. WOOD. Proc. of Roy. Soc. of. London, t. XIV, p. 381 et 388, et t. XVI, p. 494.

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K. bayer. Akademie der W,, 1879.

ARTICLE V

Dans un grand nombre d'espèces animales, nolamment chez les singes (disposition normale), et quelquefois mais bien rarement chez l'homme (anomalie), le muscle grand dorsal, avant d'atteindre l'humérus, laisse échapper un faisceau musculaire descendant qui se dirige vers le côté interne du coude. Il glisse verticalement de haut en bas, le long du triceps, et arrivé au niveau de l'articulation huméro-cubitale, il s'attache, suivant les espèces et aussi suivant les individus, soit à l'épitrochlée, soit à l'olécrâne, ou bien encore à l'une et à l'autre de ces deux tubérosités; il contracte généralement, au niveau de ses attaches inférieures, des rapports intimes avec l'aponévrose antibrachiale.

Ce faisceau aberrant du grand dorsal a reçu des dénominations multiples : c'est le dorso-épitrochlien de Duvernoy, le dorso-épitrochléal de Mûrie et Mivart, le dorso-epHrochlearis de Wood, X accessoire du grand dorsal de Broca, le 4" extenseur de l'avanl-bras de Guvier et Laurillard, le chef postérieur du triceps de Milne-Edwards, Vomo-anconeus de Devis, la latissimoconc/2//oici!ews de Bischolî, etc., etc. En France, il est générale-

MUSCLE SURNUMÉRAIRE DORSO-ÉPITROCHLliEN. 119

ment connu sous le nom de dorso-épitrochléen ; je conserverai celte dernière dénomination, tout en faisant remarquer qu'elle est souvent inexacte, le faisceau accessoire du grand dorsal ne s'inséranl pas toujours sur l'épitrochlée et méritant quelquefois, en raison de ses attaches, les noms de dorso-olécranien et de dorso-antibrachia l .

§ I. — Le muscle dorso-épitrochléen chez les animaux. —

Le muscle dorso épitrochléen est signalé, par Meckel, chez le fourmilier, chez la sarigue, chez Yaï. Dans les deux premières espèces, il s'insère à l'olécrâne ; dans la dernière, il vient s'attacher à l'épitrochlée. Dans Vhyène, le même auteur signale une forte languette charnue qui se détache du grand dorsal pour venir renforcer le long ventre du triceps brachial.

Chez la civette, d'après Devis, il s'insère sur l'aponévrose antibrachiale II s'insère aussi sur l'aponévrose antibrachiale chez le procyon et chez quelques Lémuriens.

Chez le phoque, le muscle descend beaucoup plus bas; il s'attache à l'aponévrose antibrachiale et jusqu'à l'aponévrose palmaire, devenant ainsi « un rétracteur vigoureux de tout le membre antérieur » . Nous trouvons, chez Véchidné, un muscle analogue qui a été parfaitement décrit par M. Alix : c'est un faisceau volumineux, prenant naissance sur les 10®, 11'', 12*^, 13'' et 14® côtes, se dirigeant vers le coude, glissant entre l'épitrochlée et l'olécrâne et se terminant, à la partie moyenne de l'avant-bras, sur un tendon qui vient se fixer sur le pisiforme. Ce tendon, uni en dedans à celui du muscle cubital antérieur, s'unit en dehors à l'aponévrose antibrachiale, et, par l'intermédiaire de cette aj)onévrose, il se continue avec l'aponévrose palmaire.

Sur un loup de forte taille, que j'ai disséqué dans les premiers jours de janvier de celte année, le muscle accessoire du grand dorsal était représenté par une bandelelle charnue de 2l centimètres 1/2 de largeur et venait s'attcicher à l'olécrâne, en arrière de la longue portion du triceps.

Chez VUrsus omericanus, j'ai trouvé le faisceau dorso-épilro-

chléen très clévelo(Dpé et surtout très large. Il mesurait à son origine supérieure 7 centim. 1/21; ses fibres, parallèlement dirigées vers le côté interne du coude, se jetaient, à 11 centiin. au-dessous du grand dorsal, sur un tendon aponévrotique large de 5 centim. 1/2l, lequel tendon s'insérait à la fois sur l'olécrâne et sur la portion de l'aponévrose antibrachiale qui recouvre l'origine des muscles épitrochléens.

Chez quelques guenons, le muscle accessoire du grand dorsal m'a paru remarquable par sa largeur; je ne saurais mieux le comparer qu'à un deltoïde, englobant par sa cavité tournée en dehors, la saillie cylindrique du triceps. Sur un sujet que j'ai étudié en février 1881, ce muscle s'insérait sur la face postérieure du grand dorsal dans une étendue de 3 centim. 1/2. Ses fibres se portaient ensemble verticalement en bas et venaient s'attacher, non pas à l'épitrochlée ou à l'olécrâne, comme je l'avais observé dans quelques dissections antérieures, mais bien sur la portion interne de l'aponévrose brachiale. Au niveau de leur terminaison, les fibres antérieures et les fibres postérieures du muscle descendaient un peu moins bas que les Fibres moyennes, de sorte qu'il existait là nne sorte de V, comuie pour l'inserlion inférieure du deltoïde.

Sur le chimpajizé (Troglodytes niger), j'ai vu une bande musculaire de 13 millim. de largeur, se détachant en partie du tendon du grand dorsal et se confondant en partie avec le corps charnu du muscle. Ce muscle s'appliquait à la face interne du bras, le long du triceps; à 2 centim. au-dessous de l'épitrochlée, les fibres charnues se jetaient sur un tendon aplati qui venait s'attacher à la fois sur l'épitrochlée, le bord interne de l'olécrâne et sur l'aponévrose antibrachiale. Il ne contractait avec le triceps que des rapports de contiguïté.

Sur un deuxième chimpanzé, disséqué il y a quelques années au Muséum d'iiisloire naturelle, à Paris, par M. X..., dont le manuscrit a étégracieusement mis àmadisposition par M. Gervais, aide-naturaliste, le faisceau dorso-épitrochléen naissait à la fois, comme sur mon sujet, du tendon et du corps charnu du grand dorsal e se terminait, au niveau du iiers inférieur, sur l'apo-

névrose brachiale. Sur le chimpanzé qu'a disséqué Vrolik, le muscle dorso-épitrochléen s'insérait à la fois à l'épitrochlée et à l'olécrâne.

La disposition rencontrée par Gratiolet et Alix chez le Troglodytes Aubryi esl plus complexe que chez le Troglodytes niger el me paraît assez remarquable pour que je rapporte ici, in extenso, la description qu'en ont donnée ces deux anatomistes : « Le corps charnu principal naît de la face palmaire du tendon du grand dorsal, précisément où les fibres charnues s'arrêtent sur ce tendon et là se trouve un entre-croisement très marqué entre les fibres de terminaison du grand dorsal et les fibres d'origine du muscle accessoire. Ce muscle forme une bande rubannée qui s'applique au vaste interne, le revêt parallèlement à sa direction et se termine sur le sommet de l'épitrochlée par l'intermédiaire d'un fort tendon aponévrolique. Chemin faisant, ce muscle reçoit du sommet de l'apophyse coracoïde un petit faisceau musculaire très grêle, terminé par un petit tendon filiforme qui vient se perdre dans sa gaîne fibreuse. Enfin, sur son aponévrose d'attache h l'épi liochlée, vient obliquement se porter un petit corps charnu, né de l'humérus, dans le point môme où finit le coraco-brachial. Les fibres supérieures de ce petit corps charnu s'entre-croisent sensiblement avec celles du brachial antérieur; inférieurement ses fibres d'attache à l'épitrochlée contribuent à l'élargissement du tendon du muscle accessoire; il est évident que ce muscle n'est là que pour tendre l'aponévrose d'attache du muscle accessoire, de manière à modérer son action. »

Je ne sache pas qu'on ait signalé, chez une autre espèce de chimpanzé, ces petits faisceaux de renforcement du muscle épitrochléen. Nous devons rapprocher de cette disposition anatomique celle du magot, dont le muscle dorso-épitrochléen, d'après Duvernoy, reçoit à sa partie moyenne et par son bord antérieur, un petit muscle qui provient du tendon commun du biceps et du coraco-brachial.

Sur Vorang fSimia satyrus), le dorso-épitrochléen se fixe seulement à l'épitrochlée ; mais dans son tiers inférieur il est

lié par une aponévrose à la partie interne du biceps (Duvernoy, loc. cit.). Sur [e gorille (Gorilla gina), le même anatomiste a vu le dorso-épitrochléen s'attacher également à l'épitrochlée ou contlyle interne de l'humérus.

Chez le dernier des singes anthropoïdes, le gibbon, le muscle dorso-épitrochléen existe encore. Il a été disséqué par Bischoff sur VHylobates leuciscus et ne descend dans celte espèce que jusqu'au niveau du bras.

§ II. — Le muscle dorso-épitrocliléen chez Tliomme. — Le

muscle dorso-épitrochléen que nous venons de rencontrer, comme organe constant, chez tous les singes anthropomorphes, fait complètement défaut chez l'homme à l'état normal. Mais, si cette formation musculaire qui semble s'atténuer au fur et à mesure que l'on s'élève dans l'échelle zoologique, a complètement disparu chez le plus parfait des mammifères, il a laissé dans notre organisation des traces non équivoques de son passage, et il y reparaît même quelquefois avec des proportions qui rappellent la disposition normale de cet organe dans quelques espèces animales.

1° Vestiges fibreux du muscle dorso-épitrocliléen. — La longue portion du triceps brachial s'insère en haut, à l'aide d'un tendon légèrement aplati sur cette petite surface triangulaire qui termine le bord axillaire de l'omoplate. Ce tendon d'origine, comme l'a parfaitement fait remarquer Cruveilhier, « se dédouble bientôt en deux lames aponévrotiques réunies par leurs bords externes, dont la postérieure est mince et courte et dont Vantérieure, extrêmement épaisse, surtout à son bord externe-, se prolonge jusqu'à la partie moyenne du muscle. » C'est sur la surface interne de ce demi-cornet aponévrotique que prennent naissance les tibres charnues du muscle. D'autre part, toutes les fibres du grand dorsal, convergeant vers l'aisselle, viennent se terminer sur un tendon quadrilatère de 3 à 4 centimètres de longueur, lequel vient s'attacher, suivant les cas, soit à la lèvre postérieure, soit au fond de la coulisse bicipitale.

Ce tendon terminal du muscle croise, en avant, l'aponévrose

d'origine du long triceps et repose directement sur elle. Presque toujours (2i fois sur 3) les deux muscles sont réunis à ce niveau par une arcade fibreuse, fort variable du reste par sa forme et ses dimensions. Tantôt, c'est un simple épaississement de la gaîne musculaire, tantôt c'est une série compacte de faisceaux tendineux et nacrés, fusionnant d'une façon intime les tendons d'origine de la longue portion du triceps et le tendon terminal du grand dorsal. Entre ces deux dispositions extrêmes, se trouvent tous les intermédiaires. Dans certains cas, qui sont loin d'être rares, l'expansion tendineuse du grand dorsal vient s'épanouir jusque sur la portion charnue du triceps, de telle sorte qu'une portion des faisceaux constitutifs de ce dernier muscle prend en réalité naissance sur le tendon du grand dorsal. Cette arcade fibreuse n'est évidemment qu'un vestige du muscle dorso-épilrochléen des singes anthropoïdes, qui, n'ayant pas à jouer chez l'homme le rôle qui lui est dévolu chez ces premières espèces, a subi la transformation fibreuse. Une pareille assertion est tellement exacte que cette arcade est quelquefois remplacée par un véritable muscle.

2° Vestiges chai'nus et forme complète du muscle dorso-épitrochiéen. — Des faisceaux manifestement charnus, réunissant le tendon du grand dorsal à la longue portion du triceps, ont été vus par Halbertsma, par Wood et par moi-lnême. Sur deux sujets, qu'il a disséqués dans la session de 1866-1867, Wood a rencontré une bandelette charnue, large et épaisse, se détachant du tendon du grand dorsal, pour descendre le long du triceps, jusqu'au deuxième quart inférieur du bras, et finalement se fusionner avec la longue portion du triceps. « C'est là, ajoute le savant professeur de Londres, les plus beaux spécimens du muscle dorso-épitrochléen de l'orang, que j'ai observés chez l'homme. »

Macalisler mentionne des faits analogues. M. Pozzi a rencontré à trois reprises le muscle dorso-épilrochléen chez l'homme. Cette anomalie se rencontrerait même assez fréquemment, si l'on s'en rapportait aux chiffres indiqués par quelques analomistes :

D'après Macalister, des vestiges du muscle dorso-épitrochléen

chez l'homme s'observeraient 1 fois sur 18 sujets, ou même

I fois sur 10 sujets. Sur 1C2l sujets (68 hommes, 3i femmes) qui ont été étudiés, pendant la session de 1867-1868, dans les salles de dissection de King's Collège, M. Wood a rencontré ce muscle 3 fois, 3 fois sur des hommes, 2 fois sur des femmes. Comuie je l'ai déjà fait remarcjuer plus haut, l'analomiste anglais me paraît avoir pris pour des vestiges du dorso-épitrochléen, des faisceaux, charnus qui se rattachent plutôt à 1' « arc axillaire » [Achseîbogen de Langer). Cette considération abaisse considérablement le degré de fréquence de cette anomalie musculaire.

3" Faits de l'auteur. — Je n'ai observé que deux fois le muscle dorso-épitrochléen chez l'homme. J'ai rencontré le premier cas, au mois de juin 1881, chez un Boschiman que j'ai disséqué, grâce à l'obligeance de M. Hamy, dans le laboratoire d'anthropologie du Muséum, C'était un petit muscle quadrangulaire se détachant de la face antérieure et du bord inférieur du tendon du grand dorsal, du côté droit, à vingt-deux millimètres en dedans de la coulisse bicipitale, et se dirigeant en bas, parallèlement à la longue portion du triceps, sur laquelle il reposait.

II avait huit millimètres de largeur; sa longueur atteignait trente-neuf millimètres. Son bord interne était débordé par les fibres charnues de la longue portion du triceps ; il en était de même de son bord externe.

Il était constitué de la façon suivante : ses fibres les plus externes naissaient sur le tendon lui-même du grand dorsal; ses fibres internes n'étaient autre chose que des faisceaux charnus du grand dorsal lui-même, qui se recourbaient en anse pour prendre une direction verticale et constituer une portion du muscle surnuméraire.

L'extrémité inférieure de ce muscle surnuméraire s'insérait en partie seulement sur l'aponévrose d'origine du long triceps; quelques-unes de ces fibres se continuaient directement avec la portion charnue de ce dernier muscle.

Le deuxième cas a été rencontré dans les laboratoires de la Faculté de médecine de Bordeaux par l'im de mes élèves,

PEAUCIEn DE LA NUQUE ET PEAUCIER DORSAL CHEZ l'hOMME. ISSB

M. Bernard, qui a bien voulu me remettre, à ce sujet, une note et un dessin. Le muscle surnuméraire dorso-épitrochléen s'étendait du grand dorsal à l'épitrochlée ; il était aplati en forme de ruban et charnu dans presque toute sa hauteur, il mesurait un centimètre de largeur, deux à trois millimètres d'épaisseur. Ses fibres, verticalement dirigées de haut en bas, se détachaient du grand dorsal, au moment où le muscle se jette sur son tendon terminal; elles longeaient ainsi le bord interne du long triceps et venaient s'attacher, par l'intermédiaire d'un tendon mince et aplati, sur le côté interne de l'épitrochlée.

Evidemment, ce muscle est une forme complète du c?orso-epitrochléen et rappelle, de tous points, par sa situation, son développement, son origine et sa terminaison, la disposition du dorso-épitrochléen dans quelques espèces simiennes.

Bibliographie :

Meckel, Macalister, Duvernoy, Gratiolet et Alix. Loc. cit. WooD. Proc. of roy. Soc. of LondoUj, t. XV, p. 524, et t. XVI, p. 494. Perrin. Notes on sorties variationSj etc. {Journ, of Anat., 1871, p. 239). Halbertsma, cité par Macalister. Transact. of roy. Irish Acadomy, 1871 p. 61.

Pozzi. De la valeur des anomalies musculaires au point de vue de l'anthropologie j^oologique (Assoc. française pour l'avancement des sciences, 1874, p. 583).

Testut. Disccction d'un Boschiman, en préparation.

— Communication à la Société Darwin, janvier 1882, et Journal

d'Histoire naturelle de Bordeaux, 1882, p. 11. , BiscHOFF. Beitrœge sur anatomie des Hylobates leuciscus, aus demAbhandl.

der K. bayer. Akad. der W., Munclien, 1870.

ARTICLE VI

PEAUCIER DE LA NUQUE ET PEAUCIER DORSAL CHEZ l'hOMME

§ l. — Anatomie comparée. — Chez les mammifères quadrupèdes la peau du tronc est doublée, dans presque toute son étendue, d'une couche musculaire connue, en anatomie vétérinaire, sous le nom de pannicule charnu (panniculus carnoms) et dont la contraction fait trémousser (Chauveau) la partie du

tégument qui la recouvre, pour chasser les insectes qui incommodent l'animal ou projeter au loin les gouttelettes d'eau et les particules solides qui viennent s'amasser sur les poils. La disposition des muscles peauciers, leurs variations suivant les espèces constituent un des sujets les plus intéressants de l'anatomie comparée; à cet égard, le cheval^ le renard, le chien, le chai, sont d'excellents sujets de l'étude.

Chez le chat, où le peaucier charnu est très développé, Strauss-Durckeim (t. II, p. 250) décrit, indépendamment du peaucier du cou et du peaucier releveur de la vulve et du sci'olum, trois muscles peauciers, parfaitement distincts : le sus-cervico-cutané, le dermo-huméral et le dermo-gastrique.

ol) — Le sus-cervico-cutané que l'on pourrait appeler encore le peaucier de la nuque, « ne semble être que la continuation du cervico-facial (peaucier du cou) auquel il fait suite sur la nuque. Il naît tout le long du ligament cervical, d'où des fibres se portent en avant et au-dessous, en contournant le cou, pour venir s'implanter, par le moyen de petits prolongements aponévrotiques, à la peau du cou le long de sa face latérale, où elles s'entre-croisent avec celles du cervico-facial qui se fixe à la peau sur la même ligne. Les fibres de ce muscle, très prononcées en haut où leur couche est assez épaisse, deviennent de plus en plus rares et plus courtes en bas; les dernières qui avoisinent l'omoplate sont dispersées par de très petits faisceaux dans le tissu cellulaire. »

(î) — Le dermo-huméral entoure, à la manière d'un vaste manteau, la plus grande partie du thorax et tout l'abdomen; il recouvre une partie de la fesse et s'étend jusque sur les origines de la queue. Ce muscle présente cette particularité importante qu'il se confond en partie dans l'aisselle avec le muscle grand dorsal, et se fixe avec lui à la partie antérieure de la face interne de l'humérus. Cette insertion osseuse du dermohuméral a été parfaitement décrite par MM. Chauveau et Arloing, chez les animaux domestiques; chez eux le pannicule charnu, « arrivé au bord postérieur de la masse olécrânienne se partage en deux lames superposées : l'une, superficielle, se

PEAUCIER DE LA NUQUE ET PEAUCIEP. DORSAL CHEZ l'hOMME. 127

continue sur des muscles du membre antérieur; l'autre, profonde, se termine bientôt par une aponévrose, unie au sternotrochinien et bordée à son bord supérieur par un ruban nacré, laquelle aponévrose pénètre entre le thorax et les muscles du bras pour aller se fixer au trochin. »

J'ai retrouvé cette insertion humérale chez l'ours, le renard, le loup, quelques Cercopithèques^ et sur un Mncacus sinicus. Je dois ajouter cependant que chez ces derniers singes, le tendon terminal du muscle peaucier ne s'étend pas toujoursjusqu'à l'os et se perd sur l'aponévrose qui recouvre le biceps et le coracobrachial.

y) — Enfin, sous le nom de dermo-gaslrique, Strauss-Durckeim comprend un ensemble de faisceaux musculaires, souvent très faibles, qui, partant de la partie la plus antérieure de la ligne blanche, se dirigent en dehors et en arrière pour se perdre dans la peau delà région latérale de l'abdomen.

Les fibres du pannicule charnu s'attachent en majeure partie à la face profonde du derme, mais elles peuvent également s'insérer sur les aponévroses d'enveloppe des muscles superficiels. M. Lannegrâce signale quelques faisceaux venant prendre leur point d'implantation sur l'épine de l'omoplate.

Le pannicule charnu perd de ses dimensions en passant de la classe des Carnivores à celle des Quadrumanes. Chez les I^émuriens, il existe encore un peaucier de la nuque, undermohuméral et un dermo-gastrique. Chez le cynocéphale (Broca) un muscle peaucier très développé embrasse toute la nuque, et s'étend jusque sur le dos et sur la partie latérale du thorax. J'ai rencontré moi-même un large peaucier dorsal chez le bonnet-chinois et chez quelques singes du Sénégal. Chez le chimpanzé, la plupart des peauciers ont disparu et du pannicule charnu des carnassiers il n'existe que le peaucier du cou qui n'est guère plus étendu que chez l'homme. Il en est de même chez le gorille, Vorang et le gibbon.

§ IL — Reproduction des peauciers de la nuque et du dos chez rhomme. — Quelques faits bien constatés démontrent la

possibilité d'une réapparition plus ou moins complète dans l'espèce humaine de ces muscles moteurs des téguments,

1° Faits de Tui-ner. — Turner a observé comme vestiges du pannicule charnu :

a) — Des faisceaux musculaires couchés sur l'aponévrose sous-épineuse ;

/5j — Un faisceau prenant naissance sur l'aponévrose susacromiale et se rendant au trapèze, en face de l'épine de la première vertèbre dorsale;

•/^ — Des faisceaux charnus partant de l'aponévrose du grand pectoral, et contournant le bord antérieur du creux axillaire pour se fusionner avec un faisceau surnuméraire du grand dorsal ;

(3y — Des faisceaux épais correspondant aux origines costales des et 5*^ digitations du grand dentelé;

z) — Des faisceaux s'étendant de l'aponévrose du grand fessier au muscle grand oblique de l'abdomen.

2° Faits de Macaiister. — Macalister a rencontré dans les salles de dissection du collège des chirurgiens de Dublin, en 1869-1870, les trois faits suivants :

aj — Quelques fibres situées sur la face antérieure du grand pectoral, et se perdant près de l'aisselle;

Ç)) — Des faisceaux couchés obliquement sur le trapèze, et croisant à angle de 60° les fibres de ce dernier muscle ;

y) — Des fibres situées sur la face postérieure du grand dorsal, au milieu du dos.

3° FaUs de M. Fiescii. — Cet anatomiste a rencontré un faisceau musculaire mince et plat, de la largeur delà main, partant de la ligne courbe occipitale supérieure, et venant se terminer dans la peau de la nuque, après un trajet parallèle au bord de ce muscle. Dans un deuxième cas, le même anatomiste a observé une lame musculaire de 8 millimètres de largeur qui, prenant naissance, comme précédemment, sur la ligne courbe supérieure, se portait obliquement sur le trapèze, le splénius, le sterno-cléido-mastoïdien, et se terminait en partie sur le bord postérieur du muscle peaucier du cou, en partie sur l'aponévrose parotido-massétérine.

PEAUCIER DE LA NUQUE ET PEAUCIER DORSAL CHEZ l'hOMME. 12i9

On peut rapprocher de ce dernier cas le muscle décrit par Wood, qui se détachait de l'apophyse mastoïde et de l'aponévrose parotidienne, croisait transversalement le peaucier du cou et s'unissait au-dessous du maxillaire avec un muscle semblable du côté opposé.

4° Nouveau fait de Turner, — Au mois de mai 1867, le professeur d'anatomie d'Edimbourg a observé, chez un homme, sur la face postérieure du trapèze du côté gauche, une bande musculaire très mince, se dirigeant parallèlement à la colonne vertébrale dans l'espace compris entre la et la G® vertèbre dorsales. (Voir le dessin de Turner, Journ. of Anat., t. V, p. 1 17.)

5° Fait de Perrin. — M. Perrin a rencontré, l'année suivante, dans les salles de dissection de King's Collège, un muscle analogue, situé à droite de la colonne vertébrale, à la hauteur de la 8*^ et de la 9*^ dorsale, sur les apophyses épineuses desquelles il venait prendre insertion. Du côté externe de ce muscle, s'irradiaient deux ou trois faisceaux qui allaient s'attacher d'autre part sur l'aponévrose sous-jacente. M. Perrin avait noté ce muscle sous le nom de dorso-fascialis, dénomination qui me parait parfaitement justifiée.

6° Faits de Popoff et de Zincone. — Popoff a signalé en 1873

un muscle iensor fasciœ deltoideœ, allant de l'aponévrose deltoïdienne à l'aponévrose de la fosse sous-épineuse. Ce faisceau doit être rapproché de celui qui a été décrit par Zincone (1877) et qui, se détachant de l'aponévrose sous-épineuse, allait se perdre sur la région deltoïdienne.

7° Fait de Fauteur. — J'ai observé et décrit, chez un nègre, sous le nom de peaucier dorso-huméral, une série de faisceaux musculaires qui s'implantaient sur la face externe de l'aponévrose du creux axillaire, et qui s'irradiaient de cette région, en partie sur la peau de la région dorsale, en partie sur la peau de la face postérieure du bras. J'ai été heureux de pouvoir faire constater cette disposition singulière à M. le professeur Hamy, du Muséum, et à ses deux préparateurs, les docteurs Verneau et Delisle.

Je ne connais aucun fait se rapprochant autant que ce dernier

de la disposition qu'affecte normalement le peaucier dans les mammifères quadrupèdes.

Nous allons trouver encore d'autres vestiges du pannicule charnu dans le muscle transverse de la nuque, qui fait l'objet de l'article suivant.

Bibliographie :

SïRAUSS-DuRCKEiM. Anutoniie du chat, t. II, p. 230.

Milne-Edwards. Histoire physique, naturelle et politique de l'île de Madagascar, t. I, p. 165.

Bhoca. Bull. Soc. d'Anthropologie, 18G9, p. 313.

Chauveau et Arloing. Anatoniic comparée des animaux domestiques, p. 201. TuRNER. On the musculus sternalis (note). [Journ. of Anat. a. Plujs., t. I. p. 232.)

Macalister. Transact. of Roy. Ir. Academy, 1871. Lannegrace. Myologie comparée des membres, p. 76. Flesch. Vccrietœtcn Beobachtungen ans deni P rœpararsaale .^u Wur^burg, 1879, n° 16.

POPOFF, cité par Froriep, Ueber den hautmuskeln des Halses (Arch. f.

Anat. und Phys. 1877, p. 46, et tirage à part). ZiNCONE, cité par Froriep. Ibid.

TuRNER. On a rudiment of the pannicuG carnosus superficial to the trape- ^ius {Journ. of Anat. and. Phys., t. V, 1870. p. 116).

Testut. Contribution à l'anatoniie des races nègres; dissection d'un BoBchiman (ea préparation).

AETICLE VII

MUSCLE OCCIPITAL TRANSVERSE

Je décrirai sous ce nom un muscle généralement très grêle, couché transversalement entre les insertions inférieures de l'occipito-frontal et les insertions supérieures du trapèze : c'est le transversus nuchœ des auteurs anglais, le corrugaior poslicus, Voccipitalis teres, Voccipitalis minor de Sanlorini, le peaucier sousoccipital de Cruveilhier. Le nom d'occipital Iransverse, que je propose pour désigner ce muscle, me parait préférable à ceux que je viens de signaler; il a l'avantage d'indiquer nettement la situation et la direction du muscle surnuméraire et aussi de convenir à tous les cas connus.

MUSCLE OCCIPITAL TRANSVERSE. 131

§ I. — Description du muscle. — Le muscle occipital transverse a été bien décrit pour la première fois par Eilhard Schultze, de Rostock. Il a été signalé depuis par Henle, par ïïallet, par Gruveilhier, par Turner et bien d'autres analomistes. Il prend naissance sur la protubérance occipitale externe ou sur la partie la plus interne de la ligne courbe occipitale qui y aboutit. De là, il se porte transversalement en dehors et vient s'attacher, suivant les cas, sur la partie la plus externe de cette même ligne occipitale, sur le tendon du sterno-cléido-mastoïdien, ou sur le bord postérieur de ce muscle, ou bien encore sur l'extrémité postérieure du muscle auriculaire postérieur. Dans ce dernier cas, une portion tendineuse sépare les deux muscles et l'auriculaire postérieur aiïecte la forme d'un muscle digastrique; ou bien encore, comme dans les faits de Gibson et d'Hallet, il y a continuité absolue des deux portions charnues et l'auriculaire semble avoir reculé son origine postérieure jusqu'à la protubérance occipitale externe. Cette dernière disposition nous paraît avoir une importance considérable au point de vue de la signification homologiqiie de ce muscle.

L'occipital transverse est généralement situé sur un plan plus superficiel que le trapèze, mais il peut aussi se rencontrer au-dessous de ce dernier muscle, comme dans le cas de Turner. Sa situation profonde mochfie nécessairement ses rapports; elle ne modifie que peu ou point son insertion d'origine et sa terminaison.

Enfin les fibres d'origine de l'occipital transverse peuvent s'enlacer avec celles du trapèze et s'insérer sur ces dernières. Macalister qui énonce ce fait considère cette disposition comme étaiît la plus commune, dans les cas oii le muscle est profondément situé. Le même anatomiste affirme que le muscle occipital transverse est constamment symétrique : je ne connais, pour ma part, aucun fait en désaccord avec cette dernière assertion.

Schultze a rencontré ce muscle 18 fois sur 25 sujets; Macalister donne le chifTre de 35 0/0, comme représentant le degré de fréquence de ce muscle chez les Irlandais; Flesch abaisse encore cette proportion : « J'ai souvent fait des recher-

ches, dit-il, dans la région sous-occipitale, dans le but de découvrir le muscle occipito-hyoïdien de Perrin, et deux fois seulement j'ai rencontré le tramversus nuchœ.y> Peut-être s'agit-il ici des différences ethnologiques.

§ II. — Sig-nification anatomique du muscle occipital transverse. — A mon sens, on a confondu sous une même dénomination des faisceaux musculaires bien différents pourtant par leur signification morphologique. Jusqu'à plus ample informé, je crois qu'il faut admettre parmi les faits nombreux rapportés par les auteurs :

1'' Des muscles occipitaux transverses s'insérant à la peau de la nuque et constituant ainsi des vestiges du pannicule charnu des quadrupèdes. Tels sont, avec bien d'autres, les peauciers sous-occipitaux de Gruveilhier, « petits faisceaux parallèles au muscle auriculaire postérieur, se fixant à la peau par leurs extrémités qui présentent des languettes tendineuses d'une très grande longueur. » Cette opinion me paraît d'autant plus admissible que Zagorsky a vu des faisceaux du peaucier du cou se détacher de l'occipital, et que Macalisler a noté plusieurs faisceaux d'union entre ce même muscle peaucier et l'occipital transverse.

Tout récemment encore (1880), Gruber vient de signaler un muscle surnuméraire qui, partant delà région postérieure de la tête, se rendait à la commissure des lèvres, croisant en partie les fibres du peaucier du cou, en partie s'unissant à elles.

Des muscles occipitaux transverses se fusionnant avec les ' auriculaires postérieurs et constituant alors des muscles rétracteurs du pavillon, insérés, comme chez certains mammifères, jusque sur la ligne médiane. Telles sont, entre autres observations, celles d'Hallet et de Gibson, où le muscle occipital transverse se fusionnait, sans ligne de démarcation aucune, avec le muscle auriculaire postérieur.

Anatomie comparée. — Il existe en effet chez nos animaux domestiques, trois muscles cervico-auriculaires (Chauveau et Arloing), naissant du ligament cervical, et aboutissant au

MUSCLE OCCIPITAL TRANSVERSE. 133 '

pavillon qu'ils ont pour mission de tirer en arrière. Cuvier décrit également chez les mammifères, comme se détachant de la ligne médiane (ligament cervical ou os occipital), un muscle cervici-aurien, un occipiti-aurien, venant des environs de la crête occipitale, un cervici-tubien profond, un occipiti-aurien rotateur, naissant de la partie postérieure de l'occiput, et un cervicoscutien, ayant pour fonction de rapprocher les deux oreilles en arrière. Ce dernier est propre au chien et au lapin.

Dans la chauve-souris (vespertilio murinus), Maisonneuve décrit deux rétracteurs de l'oreille, occipiti-aurien et occipitiaurien rotateur, partant l'un et l'autre de l'occipital.

Slrauss-Durckeim a retrouvé, chez le chat, le muscle cerviciaurien de Cuvier, qu'il décrit (t. II, p. 194) et figure (pl. II et III), sous le nom de muscle sm-cervico-pavillien : la disposition est la même, le nom seul est changé.

3° Enfin, il est possible que quelques formes de l'occipital transverse doivent être rattachées au muscle sterno-cléido-mastoïdien que nous étudierons plus lard, et dont les origines occipitales s'étendent quelquefois jusque dans le voisinage de la protubérance.

Bibliographie :

EiLHARD ScHTJLTZE. Schiiiidt's JcUirbucli, Bd CXXVII, p. 288. Henle. Muskellchre, p. 138.

GiBSON. Anat., 1716, p. 489.

Theile. Encycl. anat., trad. Jourdau, t. III, p. 15,

Santorini. Ohs. anat., chap. I, p. 4.

Cruveilhier. Anai. descript., t. I, p. 605.

Zagorski. Mén. de l'Acad. imp. de Saint-Pétershourg, t. I.

Hallet. Edimb. med. Journ., 1849.

TuRNER. Notes of the dissections of a negro (Jauni, of Anat. and Phys., 1879, p. 382).

Milne-Edwards. Leçons de Phrjs. et d'Anat. comparée, t. XII, p. 556. Macalister. Trans. of Roy. Irish Acad., 1871.

Maisonneuve. Ostéologie et myologie du Vespertilio murinus (Th. doctorat

ès-sciences, 1878, p. 153).

Cuvier. Leçons d'Anat. comparée, 2" édit., 1836. Strauss-Durckeim. Anatomie du chat, t. II, 1845.

Knott. Muscidar anomalies (Journ. of Anat. and Phys., t. XV, 1880, p. 140).

13i LES ANOMALIES MUSCULAIRES CHEZ l'hOMME.

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Grubbr. Ein in der Haut odcr Fascie des Gesichtes und mit seiner

Eiuhackc am Mundioiiikcl als Musculus risorius endender Musculus

occipitalis minor (Santorini). (VirclioLo's Archiv., Bd LXXX, S. 83-86.)

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