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CHAPITRE III Région dorso-cervicale

Quatre muscles contribuent à former cette région : le rhomboïde, [^angulaire de l'omoplate, le petit dentelé supérieur, le petit dentelé inférieur (Sappey). De plus, on rencontre quelquefois dans la région dorso-cervicale un muscle surnuméraire qui s'étend de l'occipital au scapulum, et qui a été particulièrement étudié par Wood, sous le nom de muscle occipito-scapulaire. Ce muscle peut dans la plupart des cçis être rattaché aux anomalies du rhomboïde, mais, en raison de son importance, nous lui consacrerons un article à part.

ARTICLE PREMIER

ANOMALIES DU RHOMBOÏDE.

Large, aplati et assez régulièrement losangique, le muscle rhomboïde s'insère généralement par son bord interne sur la portion inférieure du ligament cervical, sur les apophyses épineuses de la 7'' cervicale et des 4- ou o premières dorsales, ainsi que sur les ligaments inter-épineux correspondants. Son bord externe, d'autre part, vient se fixer sur lé bord spinal de l'omoplate, dans toute l'étendue de ce bord, qui est situé audessous de l'épine.

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§ I. — Variations dans la constitution anatomique du muscle. — Le muscle rhomboïde peut être conslilué : a) par deux portions distinctes; (3) par plusieurs couches superposées.

1° Grand rhomboïde et petit rhomboïde. — La plupart deS

auteurs étrangers, Theile et Hyrtl entre autres, suivant en cela l'exemple de Vésale, Albinus et Sœmmering, décrivent deux rhomboïdes : un petit rhomboïde (rhomb. supérieur) partant du ligament cervical et de la 7*^ vertèbre cervicale, pour venir s'attacher dans le voisinage de l'épine scapulaire; un grand rhomboïde (rhomb. inférieur) comprenant tous les faisceaux qui se détachent des vertèbres dorsales. Les auteurs classiques français, Cruveilhier, Sappey, Beaunis et Bouchard, ne décrivent qu'un rhomboïde.

II existe, dans la grande majorité des cas, entre les faisceaux cervicaux et les faisceaux dorsaux du rhomboïde, un interstice celluleux qui permet d'isoler entièrement les deux portions, mais il n'est rien de plus variable que les proportions de cet interstice; sur quelques sujets, il mesure 1/21 centimètre de hauteur, et les deux portions du rhomboïde sont naturellement séparées; d'autres fois, il est à peine visible, et une dissection minutieuse est nécessaire pour isoler, sans intéresser les faisceaux charnus, le rhomboïde inférieur du rhomboïde supérieur. J'ai vu celui-ci déborder celui-là en arrière et le recouvrir dans une étendue de 1 centimètre. Sœmmering rapporte un fait analogue. Enfin j'ai observé des cas où le scalpel était impuissant à déceler un interstice séparatif quelconque entre les faisceaux du muscle rhomboïde; les deux portions étaient entièrement fusionnées.

Anatomie comparée. — Cette double disposition s'observe dans la série animale : ainsi le rhomboïde est unique dans les cétacés, le chameau, le cochon, le fourmilier, Yaï, le porc-épic, la sarigue, la chauve-souris, le gorille, le chimpanzé, etc. Il existe au contraire deux rhomboïdes chez le cheval, le tatou, le daman, le castor, la martre, le blaireau, le chien, le chat, la taupe, etc.

2° Rhomboïde à plusieurs couches. — Macalister a trouvé la partie inférieure du grand rhomboïde divisée en deux feuillets.

Le môme auteur a rencontré le petit rhomboïde, divisé également en deux feuillets distincts.

Anatomie comparée. — L'anatomie comparée vient encore nous expliquer celle disposition anormale en nous montrant, chez quL'Ic{ues espèces-, le muscle rhomboïde constitué par deux feuillels distincts et superposés. C'est ainsi que chez le hérisson (Meckrl), on rencontre, sous le rhomboïde normal (romb. superficiel), un deuxième muscle plus petit, s'étendant, comme le précédent, de quelques-unes des premières vertèbres dorsales, à la région moyenne du scapulum (rhomb. profond). Chez la taupe et chez le blaireau, on voit encore les deux portions consécutives du rhomboïde se superposer dans une certaine étendue.

§ II. — Variations dans les insertions scapiilaires. —

Macalister a vu le muscle rhomboïde s'attacher à la moitié posléi ieure seulement du bord spinal de l'omoplate. J'ai observé chez une femme, pourtant bien musclée, le faisceau le plus élevé du rhomboïde s'insérant à 1 centimètre 1/21 au-dessous de l'épine. Enfin dans le cas de Kelly, où les insertions scapulaires étaient encore plus réduites, le rhomboïde s'insérait seulement à l'angle inférieur de l'omoplate par un tendon large d'un demi pouce; le muscle en pareille circonstance affecte, on le conçoit, une forme triangulaire.

Analomie comparée. — Le chameau, d'après Meckel, nous offre une disposition absolument semblable; le rhomboïde affecte, en effet, dans cette espèce, une forme triangulaire et, parlant des deux vertèbres dorsales antérieures, il vient se fixer uniquement à Vancjle postérieur du scapulum.

Macalister signale, comme une anomalie de l'insertion externe du rhomboïde, sa terminaison sur une arcade tendineuse, fixée en haut, à la base de l'épine, et en bas, à l'angle inféiieui' du scapulum. Cruveilhier et Sappey regardent cette disposition comme normale. « L'insertion scapulaire du rhomboïde, dil ce dernier auteur, se fait sur une bandelt llc fibreuse qui suit la direction du bord interne de l'os, mais qui ne lui adhère que'

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par ses extrémités et surtout par l'inférieure. Entre ces deux points extrêmes, elle n'est unie au bord spinal que par un tissu cellulaire plus ou moins dense. Celte bandelette, sur laquelle le grand dentelé prend des insertions, est formée par l'extrémité des fibres tendineuses du rhomboïde qui longent le bord spinal, au lieu de s'y attacher, et qui se juxtaposent ainsi de haut en bas. »

§ III. — Variations dans les insertions vertébrales. — On

a vu le rhomboïde ne pas dépasser en bas la S'' et même la 2" vertèbre dorsale : dans des cas contraires, on l'a vu descendre au-dessous de la 4*=. Quant à l'insertion de ses faisceaux supérieurs, elle se fait anormalement sur tous les points intermédiaires à l'occipital et à l'apophyse épineuse de la 6'' cervicale. On voit même parfois le rhomboïde dépasser la région cervicale et prendre ses points d'attache sur l'occipilal. Nous décrirons à part cette dernière anomalie (Voyez art. III, M. rhomho-ailoïdien). Nous ne nous occupons ici que des insertions anormales de ce muscle à la région cervico-dorsale. Eh bien, une fois encore, nous voyons toutes les variations du muscle à cet égard, se reproduire à l'état normal dans la série des mammifères.

Anatomie comparée. — Pour ne citer que quelques exemples, le muscle rhomboïde ne s'insère chez le chameau, comme nous l'avons déjà fait remarquer plus haut, que sur les deux premières vertèbres dorsales. Chez les Indrisinés (Milne-Edwards), le muscle s'arrête à la 21® dorsale. Chez le daman, il s'étend jusqu'au cjuart supérieur du cou. Chez \e gorille (Duvernoy), il s'arrête à la partie moyenne du ligament cervical. Chez le chimpanzé (Testut), il s'arrête en haut à la hauteur de la 5'' vertèbre cervicale, et descend en bas jusqu'à la 6*^ vertèbre dorsale. Chez Voiirs, j'ai vu le rhomboïde s'attacher au ligament cervical, à partir du centimètre au-dessous de la protubérance occipitale externe; les faisceaux les plus externes s'arrêtaient en dehors de la ligne médiane sur l'aponévrose d'enveloppe du splénius.

§ IV. — Faisceau d'union pour les muscles voisins. — On

observe parfois des faisceaux plus ou moins volumineux, passant directement du bord inférieur du rhomboïde dans les muscles qui prennent insertion sur l'angle inférieur de l'omoplate : grand dorsal (fait de Sœmmering), grand rond (fait de Henle), grand dentelé (fait de Flesch). Ces anomalies n'ont qu'une médiocre importance au point de vue anatomique comme au point de vue anthropologique. Toutefois de pareilles dispositions doivent se rencontrer chez les mammifères inférieurs, tout aussi bien que chez l'homme; j'ai vu notamment chez l'Ursus americanus, un faisceau d'un demi-centimètre de largeur, franchir sans s'y arrêter, l'angle inférieur du scapulum et venir renforcer la digitation inférieure du grand dentelé.

§ V. — Insertion du rhomboïde à roccipital. — (Voyez art. m, M. rhombo-occipital ou orxipito - scapulaire de Wood.)

Henle. Mmkellchrc, zweite Auflsege, p. 27. Sœmmering. Loc. cit., p. 227.

Kelly, cité par Macalister. Trans. of Roy. Irish Acad., 1871, p. 62. Davies-Colley. Gay's Hospilal Reports, 1873, et Joarn. of Anat. and

Plujs., t. VII, p. 327.

Flesch. Varictœtcii Beohachtungcn, etc., Vurzbourg, 1879. Chudzinski. Reçue d'Anthropologie, t. III, p. 403.

ARTICLE II

ANOMALIES DE l'aNGULAIRE DE l'oMOPLATE,

Le muscle angulaire de l'omoplate est représenté, chez l'homme, par « un gros faisceau musculaire allongé, divisé supérieurement en 3, 4 et quelquefois 5 faisceaux secondaires, aplati de dehors en dedans dans sa moitié inférieure qui est indivise. » (Cruveilliier.) Il s'attache en bas à l'angle supérieur du scapulum, tandis que ses faisceaux vertébraux viennent s'insérer sur les tubercules postérieurs des 3, 4 ou 5 premières

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vertèbres cervicales, entre le splénius qui est en arrière et le scalène postérieur qui est en avant.

Les dispositions anormales présentées par ce muscle sont multiples et par cela même difficiles à classer; nous les étudierons sous les six chefs suivants :

§ I, — Variations dans les insertions scapulaires; insertions à l'épine. — Meckel a vu l'angulaire s'attacher à l'origine de l'épine de l'omoplate. Max Whinnie et Blandin ont également vu un faisceau de l'angulaire prendre naissance sur l'épine. Macalister signale un faisceau distinct, situé d'abord plus profondément que le muscle lui-même et allant se fixer sur la surface triangulaire, qui termine l'épine en dedans et sur laquelle vient généralement s'insérer une portion importante du muscle trapèze. — Cette insertion à l'épine s'observe, d'après Meckel, chez le mannet et la sarigue.

§ IL — Variations dans Fétendue des insertions cervicales.

— Les insertions vertébrales de l'angulaire peuvent dépasser la S'' vertèbre cervicale. On a constaté des faisceaux surnuméraires pour la 6® et même la 7". C'est là une tendance du muscle à se fusionner avec le grand dentelé, disposition normale chez un grand nombre de mammifères. Nous nous sommes déjà longuement appesanti sur cette anomalie. (Voyez muscle (jrand dentelé, p. 65.)

§ III. — Faisceau atloïdien distinct. — M. Chudzinski a rencontré, chez un nègre, le faisceau atloïdien complètement séparé du reste du muscle; c'était une sorte de ruban charnu qui, partant de l'apophyse transverse de l'atlas, venait se fixer isolément au-devant de lu portion principale de l'angulaire, au bord interne de l'omoplate et à une petite portion de la fosse sous-scapulaire. « Une disposition analogue, ajoute M. Chudzinski, s'observe chez les singes anthropoïdes; elle consiste en un faisceau atloïdien qui reste distinct dans toute l'étendue de la portion principale du muscle. »

Anatomie comparée. — Je n'ai pas rencontré ce faisceau alloïdien chez mon chimpanzé; niais il a été signalé chez le gorille, par Diivernoy, et chez le Troglodytes Aubryi par Gratiolet et Alix {loc. cit., p. 139). Dans ces deux espèces, les deux portions de l'angulaire seraient superposées dans le sens antéropostérieur, comme chez le nègre étudié par M. Chudzinski.

Au-dessous des Primates, on rencontre des dispositions à peu près analogues clans quelques espèces animales étudiées par Meckel. Chez le mannet, l'angulaire se rend seulement à l'atlas; chez la sarigue, il existe un angulaire tout à fait isolé qui se rend à l'atlas ; dans le blaireau, la loutre, le yotlo, la martre, l'angulaire ne s'attache le plus souvent qu'à l'apophyse transverse de la première vertèbre cervicale ; il en serait de même chez les Loris et les Makis.

Signalons, à propos de ces derniers faits, une division plus étendue de l'angulaire en trois faisceaux (cas de Kelch, cas de Macalisler); en six faisceaux (cas de Wood).

§ IV. — Insertions au crâne. — Blandin a observé un faisceau de l'angulaire, dépassant les limites de la colonne cervicale et venant s'attacher à l'apophyse, mastoïde. Avant lui, Meckel avait signalé un faisceau charnu qui provenait de la portion écailleuse du temporal, et venait renforcer l'angulaire.

Anatomie comparée. — Chez \e pécari, le muscle angulaire de l'omoplate, très grêle, vient de même s'insérer à l'apophyse mastoïde (Meckel). Chez Yorang de Duvernoy, il existait indépendamment des faisceaux cervicaux deux languettes très grêles se rendant, la première à l'occipital, la deuxième à la portion occipitale du slerno-cléido-mastoïdien.

§ V. — Union de quelques faisceaux de Tangrulaire avec des muscles voisins. — On a signalé comme anomalies de l'angulaire des faisceaux aberrants de ce muscle, s'unissant : a) avec la face profonde du trapèze; /3j avec les scalènes; y) avec le splénius; rj) avec le complexus. Il n'est pas utile de décrire en détail ces divers faisceaux, que je considère comme

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des formes incomplètes ou avortées de deux muscles surnuméraires chez l'homme: l'omo-trachélien, que j'ai déjà décrit, et i'occipito-scapulaire, que j'étudierai dans l'article suivant. (Voyez ces muscles.)

§ VI. — Faisceaux d^origine provenant d**un point qui n'est pas le seapulum (Faisceaux péiiscapulaires) . — On a vu des faisceaux de l'angulaire naître anormalement en dehors de l'angle de l'omoplate, mais dans des régions toujours voisines de cet os :

oi) Du grand dentelé (Theile) ;

(3) De l'aponévrose du petit dentelé postérieur et supérieur (Rosen millier, Wood, Reid et Taylor) ;

y) Du tissu cellulaire compris entre l'omoplate et le thorax (Kelch) ;

dj De la 2« côte (Meckel, Theile, Blandin) ;

e) De la l^c côte (Testul) ;

Çj De la 1^"^ et de la 2° côtes (Clason) ;

■n) De l'apophyse épineuse de la 7® cervicale (Reid et Taylor)

Tous ces faisceaux musculaires anormaux, quels que soient leur volume, leur situation, leur origine, peuvent être rattachés, suivant les cas, soit à Vomo-trachélien, soit à Voccipitoscapulaire dont ils constituent des formes incomplètes. Au point de vue de leurs homologies dans la série animale, tout ce que nous avons déjà dit à propos du premier de ces muscles, tout ce que nous dirons en étudiant le second, leur est applicable.

Bibliographie :

Kelch. Beitrœgc sur Pathologisch. Anat., 1813, p. 33. Meckel. Descript. nonnull. monstroruni, Leipzig, 1826, p. 22. RosENMULLER. DisseH. de iionnullis musculorum corporis humani varie-

tatibus, Leipzig, 1804, p. 5.

Blandin. Anatotnie, p. 34D.

Theile. Encrjcl. anat;, trad. Jourdan, 1813, t. III, p. 124. Meckel. Arch. fur die Pliysiologie, t. V, p. 115.

— Ibid., t. VIII, p. 585.

Clason. On muskel anoinalien [Upsala Lakaref, II Bd, p., 517). Macalister. Transact. of roy. Irish Academij, 1871.

Chudzinski. Revue d'Anthropologie, t. III, p. 22.

WoOD. Pror. of roy. Soc. of London, 1865, t. XIV, p. 380; 18GG, t. XV,

p. 523, et Ti-ansact., 1809.

Pye-Smith, Howse et Davies-Colley. Guij's Hospital Reports, 1870, et

Jourii. of Anat. and Physiol., t. V, p. 376. Reid et TA.YLOR. Anatomical variations {S'-T/ionias's Hospital Reports,

1879; tirage à part, p. 3).

MUSCLE RHOMBOÏDE DE LA TÊTE (CuVier) ET SES FORMES INCOMPLÈTES

(Synon. Rhombo-occipital de Mivart, occipito-scapulaire de Wooil, Rhomboïde antcrieur de Meckel, Rliomboïdeus cei'vicalis de Miva.vt, Levator anguii scapulw vel scapulx minor, de Kraûse).

§ I. — Description du rhoml)oïde de la tête, cliez Tliomme.

— C'est un muscle aplati dans le sens antéro-postérieur, généralement très grêle, situé immédiatement au-dessous du trapèze, s'étendant entre le bord spinal de l'omoplate et l'occipital. En haut, il s'attache au-dessous du tiers moyen de la ligne courbe supérieure, entre les insertions supérieures du trapèze et celles du grand complexus, un peu en dedans du bord interne du splenius capitis; ses insertions scapulaires se confondent plus ou moins avec les attaches externes du rhomboïde.

Telle est la description donnée par Wood d'un cas observé par lui en 1867. Dans un cas analogue qué j'ai rencontré chez un jeune sujet, dans le semestre d'hiver 1881-1882, le muscle rhomboïde de la tête mesurait 1 centimètre 1/2 de largeur seulement, et se fusionnait intimement à son origine avec le petit rhomboïde. Il n'existait que d'un seul côté.

A côté de cette formation musculaire anormale, que j'appellerai le type parfait du rhomboïde de la tête, se trouvent des formes incomplètes, qui pour s'éloigner sous bien des rapports de la disposition typique de ce muscle, n'en ont pas moins une signification identique.

§ II. — Formes incomplètes de ce muscle chez l'homme. — Elles ont été parfaitement étudiées par le professeur Wood, et

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c'est d'après les observations de ce savant analomisle que j'établirai les variétés suivantes :

(y.) — Faisceau musculaire partant do la base de l'épine du scapulum et venant se terminer sur l'aponévrose du splénius de la tête, à la hauteur de la 4® vertèbre cervicale.

(3) — Faisceau musculaire fusiforme prenant naissance sur la face postérieure du petit dentelé postérieur et supérieur, audessous du rhomboïde, pour venir s'attacher en haut sur l'aponévrose du splénius de la tête. Cette disposition anormale peut coïncider, comme dans le cas de Wood, avec le muscle cléidooccipilal et des faisceaux surnuméraires de l'angulaire de l'omoplate.

y) — Faisceau musculaire se détachant du rhomboïde, du petit dentelé, des apophyses épineuses des dernières cervicales ou des premières dorsales, pour venir se terminer en haut, à l'apophyse transverse de l'atlas; c'est le rhombo-atloïdien de Macalister. (Voyez plus loin.)

Ce muscle peut ne pas atteindre l'atlas, et s'arrêter à l'axis (rhombo-axoïdes) , ou même à la 3** ou 4® cervicale (faits de Flesch et de Wood).

Il peut se confondre en haut avec une des digitations de l'angulaire (fait de Wood) .

ù) — Enfin il convient encore de rattacher à la variété « rhomboïde de la tête » , la formation musculaire décrite par Walther sous le nom d\idjutor splenii ou singularis splenii accessorius, qui n'est autre qu'un faisceau charnu naissant sur la face postérieure du grand dentelé et longeant ensuite le bord externe du splénius, pour s'insérer à l'apophyse transverse de l'atlas. Ce muscle n'est autre chose que le rhombo-atloïdien de Wood ; les noms seuls sont changés.

Le muscle rhomboïde de la tête, on le voit, s'éloigne singulièrement parfois de ce que nous avons appelé son type parfait. Formes, dimensions, constitution anatomique, et jusqu'à ses insertions, tout cela est essentiellement mobile. En haut, nous le voyons s'insérer depuis l'occipital jusqu'aux vertèbres cervicales moyennes, en s'arrêtant successivement sur l'atlas, l'axis, la

face postérieure du splénius. En bas, il s'attache le plus souvent dans le voisinage du bord spinal de l'omoplate, soit sur l'os, soit sur le rhomboïde, soit sur le petit dentelé ; mais nous le voyons se déplacer en dedans jusque sur les apophyses épineuses, et en dehorsjusque sur le grand dentelé. Dans ce dernier cas, il confine à une autre formation anormale, sur laquelle nous avons déjà longuement insisté, le cléido-iransversaire ou omo-lrachélien, avec lequel du reste il présente de nombreuses analogies. Le cléido-transversaire se comporte à peu près sur le plan antérieur de la même manière que Voccipito-scapulaire sur le plan postérieur; et ces deux muscles se rapprochant par degré, l'un en arrière, l'autre en avant des limites de ces deux plans, arrivent à se confondre. Nous serions bien embarrassé en effet de rattacher exclusivement à l'une ou à l'autre formation le faisceau anormal qui, parlant de l'atlas, aboutit à la face interne du grand dentelé, au niveau du point où ce dernier muscle se met en rapport avec ce rhomboïde.

§ III. — Anatomie comparée. — Dans les espèces animales placées au-dessous de l'espèce humaine, le rhomboïde dépasse sur le cou les limites oii s'arrête le bord supérieur du rhomboïde de l'honmie. Dans la plupart d'entre elles, il atteint l'occipital, sur lequel il prend de fortes attaches. Ce faisceau antérieur ou occipital peut être entièrement confondu avec le reste du muscle, et former entre le scapulum, l'occipital et la colonne cervico-dorsale, une nappe uniforme; mais il peut aussi être nettement distinct du rhomboïde, et constituer alors la reproduction exacte de l'occipito-scapulaire, observée anormalement chez l'homme. Le lecteur trouvera dans le traité de Meckel, l'Atlas de Cuvier et Laurillard (lettre C), la disposition qu'affecte le rhomboïde de la tête chez le kanguroo, Y écureuil, le lapin, le lièvre, le castor, le pacà, Yagouti, le porc-épic, le cochon, le pécari, Y hippopotame, le tatou, le hérisson, la loutre, le chien, le putois, le blaireau, le coati, Yours noir, le lion, la panthère, etc. Wood a figuré ce muscle chez le chien, le blaireau, la belette, le lapin, \erat deNorwège{Transact. ofRoy. Soc. of London, 1869,

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