‹ Les anomalies musculaires chez l'hommeChapitre 6 sur 177 · PRÉFACE. XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XI

rente avec nos idées, nous nous tiendrons à cet égard dans une sage réserve; et, plutôt que de modifier des convictions assises sur un assez grand nombre de preuves, nous expliquerons l'exception par l'insuffisance de nos connaissances en anatomie comparée. »

C'est qu'en effet il est merveilleux de voir combien tous les faits rentrent d'une manière satisfaisante dans ce cadre précis d'interprétation par la réversion atavique. S'agit-il des anomalies d'un muscle particulier à l'espèce humaine, du long fléchisseur propre du pouce par exemple, qui a conquis chez nous une indépendance anatomique absolue? Les diverses anomalies qu'il présente tendront toutes à le ramener à son état primitif, c'est-àdire à reproduire la disposition caractéristique de certaines espèces simiennes, car tantôt il sera soudé au fléchisseur profond commun, de manière à perdre toute indépendance, tantôt cette fusion ne portera que sur la partie la plus élevée des corps musculaires, parfois même la tendance à la fusion ne sera représentée que par un simple faisceau anastomotique jeté entre les deux muscles voisins. Inversement, s'agit-il du dédoublement anormal d'un muscle de l'homme? L'anatomie nous montre que chez les mammifères placés au-dessous de l'homme la formation en question est représentée par deux muscles, et, si elle nous fait assister dans la série à la fusion graduelle des deux masses, les divers degrés de l'anomalie chez l'homme reproduisent avec une égale évidence les phases successives de cette fusion. Tel est le cas de l'anomahe caractérisée par la présence d'un muscle long abducteur du gros orteil. Ce muscle, allant du tibia à l'extrémité postérieure du premier métatarsien, est complètement distinct chez quelques, singes inférieurs; il se

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