XII PRÉFACE
fusionne en partie, chez les singes anthropoïdes, avec le tibial antérieur; chez l'homme enfin il est normalement tout à fait absorbé pour ainsi dire par ce dernier muscle. Or, les anomalies diverses du jambier antérieur chez l'homme consistent soit dans la présence d'un simple sillon sur son tendon, soit dans le dédoublement de ce tendon seulement, soit enfin dans un dédoublement qui remonte jusque dans l'épaisseur du corps charnu et aboutit à la différenciation d'un véritable long abducteur du gros orteil.
Telle est la règle générale qui suffit à l'interprétation de toutes les anomalies dites muscles surnuméraires, lesquelles représentent des formations qui, constantes dans les diverses espèces animales, ont totalement disparu chez l'homme sous l'influence de l'adaptation ; l'atavisme, en les faisant renaître, les reproduit avec les formes les plus variables, correspondant toujours aux degrés successifs de leur disparition graduelle dans la série.
Au point (le vue de l'anatomie philosophi([ue et de la théorie des liomologies, ces interprétations nous réservent des surprises plus agréables encore. Si nous considérons, en eftét, le membre supérieur et le membre inférieur comme des parties homologues, cette idée ne saurait se borner à une conception purement idéale et elle imphque cette hypothèse que primitivement cuisse et bras, jambe et avant-bras, main et pied, devaient être composés de parties absolument semblables, qui se sont ultérieurement différenciées en s'adaptant à des usages différents : l'embryologie, notamment pour ce qui est des formes extérieures, confirme cette hypothèse, en nous montrant qu'au début le membre supérieur et le membre inférieur apparaissent ^sous forme de palettes identiques;