XIV PRÉFACE
l'expression de Humphry, « peuvent disparaître sans inconvénient » , soit qu'ils puissent être facilement suppléés, soit qu'ils n'aient à remplir dans l'organisme qu'un rôle tout à fait secondaire. C'est donc le cas de signaler la disparition si fréquente du petit palmaire, du pyramidal de l'abdomen, du petit psoas et autres formations dont l'état rudimentaire présente, en anthropologie zoologique, la valeur d'organes rudimentaires.
Du reste, en allant au fond même des choses, anomalies progressives et anomalies régressives ont la même valeur : les premières sont une tendance vers un progrès à accomplir, une adaptation à eftèctuer, et nous ne pouvons les apprécier que lorsque cette adaptation est réalisée; or c'est ce que nous montrent les anomalies régressives, car elles sont comme des ressouvenirs de l'évolution, des jalons provisoires, qui, destinés normalement à disparaître, ont cependant été conservés chez quelques individus et marquent les étapes parcourues par la généralité de l'espèce. A ce point de vue, la question des anomalies musculaires, envisagée dans l'ensemble des mammifères, est loin d'être épuisée. Il reste encore à chercher chez les animaux les anomalies de musculature qui peuvent tendre à reproduire des dispositions appartenant à des animaux supérieurs, à rechercher, par exemple, dans le système musculaire des singes anthropoïdes, des dispositions anormales chez eux, mais méritant le nom de dispositions humaines, parce qu'elles sont devenues la forme normale chez l'homme.
En anthropologie zoologique, les anomalies musculaires deviennent donc une étude de première importance; on en trouvera la démonstration dans les pages