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lur-nifs armes qiu* son {déniai conlcinjtorain, mais r-oniltii'U moins ledoiUablos maniées par lui, combien plus énioussées I (►n (lécouvie dans ses livres la preuve ontologique, la démon;? Iralion de l'existence de notre être pensant par la connaissance qu'il a de lui-même, la création continuée, etc. Or voie* la plate inlorprétalion que Silhon donne du Cogito en 1034 : « Il t>l impossible qu'un homme qui a la force, comme plusieurs l'ont, de rentrer en lui-même, et de faire ce jugement qu'il <'st, qu'il se trompe en ce jugement, et qu'il ne soit pas. C'est une vérité aussi sensible à la raison que celle du Soleil l'est aux yeux sains, que l'opération suppose l'être, qu'il est nécessaire qu'une chose soit afin qu'elle agisse, et qu'il est impossible que Cl' qui n'est pas fasse quelque chose... De faire que ce qui n'est pas agisse auparavant c[u'il soit, c'est ce qui emporte contradiction, c'est ce que la nature des choses ne souffre |)as, c'est ce qui est du tout impossible » ^
Si telle était l'idée commune exprimée dans les passages du Dp libero arbitrio et fie la Secoiide Méditation, nous aurions sans nul doute le droit d'assimiler au Cogito l 'argument de Saint-Auguslin, mais quelle serait la rançon de cette assimilation, obtenue du reste par un rapprochement de phrases trop arbitrairement découpées dans les développements d'ensemble avec lesquels elles font corps 9 Ce serait l'attribution à c€s textes d'une signification appauvrie qui ne correspond nullement à la pensée des deux auteurs. — Pour ce qui concerne Descartes, nous savons qu'il a très nettement aperçu et dénoncé l'insuffisance et le caractère sophistique de la j)reuve présentée à la manière de Silhon. Pour lui le Cogito jtarl de la pensée, et de la fiensée seule, et c'est pourquoi il n'atteint de l'être que ce qui est supposé par la pensée Du moment que le doute méthodique est complet, il porte sur la léalité de toutes les opérations autres que la pensée, seule impliquée dans la présupposition initiale du doute. Veut-on ehoisir comme point de départ de l'argumentation quelqu'une de ces opérations, en substituant par exemple à la pensée
1. De l'Immortalitâ de l'Ame, par Siltion, Paris, Pierre Billaine, 1034, in-40, p. 178-170. — Cf. Strowski, Pascal, t. III, p. 283-284, et .Adam, Descartes, note b, p. }fi3 sq.
l'action de respirer ou de se promener P La réalité d'une telle action, exclue par hypothèse, demande une preuve qui justement ne peut être que postérieure à la démonstration de l'existence de notre être, à laquelle vise toute l'argumentation du Cogito. La préjuger, c'est supposer ce qui est en question. Si on a le droit de chercher dans une telle opération quelque chose qui puisse être admis à titre de donnée préalable, ce « quelque chose » ne pourra nullement être l'opération ellemême, envisagée comme réelle, par exemple le fait qu'on respire ; ce pourra être seulement la pensée de l'acte, l'opinion, vrai ou fausse, que l'on a de sa réalité, par exemple la pensée ou le sentiment de la respiration ; — et la validité de la preuve, alors régulière et invulnérable au scepticisme, résultera de son identité avec le Cogito. « Je respire, donc je suis » signifiera : « Je pense que je respire, donc je suis », ou plus simplement : « Je pense, donc je suis », le contenu particulier de la pensée ne présentant nul intérêt pour la conclusion, qui en fait complètement abstraction ^
Le correspondant inconnu de Descartes avait donc aussi mal compris que Silhon la pensée du philosophe lorsqu'il écrivait en 1638 que le premier principe de la philosophie nouvelle n'était pas « plus certain que tant d'autres, comme celui-ci : je respire, donc je suis ; ou cet autre : toute action présuppose l'existence » ^. Mais son objection n'était pas inutile, puisqu'elle fournissait à Descartes l'occasion de la réponse suivante : « Lorsqu'on dit : je respire, donc je suis, si l'on veut conclure son existence de ce que la respiration ne peut être sans elle, on ne conclut rien, à cause qu'il faudrait auparavant avoir prouvé qu'il est vrai qu'on respire, et cela est iml>ossible, si ce n'est qu'on ait aussi prouvé qu'on existe. Mais si l'on veut conclure son existence du sentiment ou de l'opinion qu'on a qu'on respire, en sorte qu'encore même que cette opinion ne fût pas vraie, on juge toutefois qu'il est impossible qu'on l'eût si on n'existait, on conclut fort bien ; à cause que cette pensée de respirer se présente alors à notre esprit avant celle de notre exister et que nous ne pouvons douter que nous