I.A l'HIMM IL DF LA CO.NSCIE.NCE DE SOI
nuo lï'iro <le celui qui sail. se produit en deliors du lomps, du travail, d<' la jtassion et de l'action, de ce qui agit et de ce qui pâtit, parc€ que tout cela disparait, une fois la science acquise, combien il sera vrai davantage de la science innée de ',oi qui'lle existe au-dessus du temps, au-dessus du travail, de la passion, de l'action, et qu'elle n'a pas besoin pour l'avenir de l'être agissant ! (l'est de cette manière que tous les êtres se connaissent il une connaissance secrète, innée, non acquise, qui est le premier principe de leur être, autrement dit l'essentialilé, la Primaliié, comme la Puissance et l'Amour » ^
Nous savons maintenant quelles conditions devra remplir la science des choses extérieures par l'usage du jugement pour acquérir une valeur objective : en les connaissant, l'âme devra être ces choses au même titre et de la même manière que, dans la connaissance de soi, elle est elle-même, mais en même temps elle devra rester elle-même, pour ne pas perdre dans une aliénation complète de soi jusqu'à la possession de sa propre p»ensée. Comment concilier ces deux conditions ?
A dire vrai, c'est en Dieu seulement que leur accord absolu est réalisé. Dieu est lui-même et du même coup il est toutes choses éminemment ; la connaissance qu'il a de soi se confond avec celle qu'il a des autres êtres ^. Il n'en est pas de même pour nous. Etres Dnis, nous ne sommes pas toutes les choses créées', et c'est pourquoi nous avons besoin, pour les (?onnaître, de devenir ces choses, par l'entremise de ces assimilations partielles qu'elles produisent en nous quand elles nous impressionnent du dehors. Mais en un sens pourtant nous sommes ces choses, par les analogies que notre nature présente avec la leur. Si, avant la passion, nous n'avions pas déjà été ces choses, nous n'aurions jamais pu devenir ces choses *. Pour atteindre l'être, le jugement et le discours devront donc partir du savoir originel qui, seul, a le privilège de le posséder immédiatement : c'est de la connaissance de notre âme qu'ils tireront, par la voie de l'analogie, la connaissance des autres