‹ Les antécédents historiques du "Je pense, donc je suis"Chapitre 104 sur 158 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

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c'est l'amour de soi, amour cach<';, mais essentiel, inné (anior abditus, esscntialis, innatus), source authentique et première de l'amour des autres objets (awor accideutalis, Hiatus) et de toutes les inclinations qui, par suite de la sollicitation active exercée du dehors par les choses, viennent perpétuellement se greffer sur le vouloir-vivre originel '. Or, qui pourrait comprendre cet amour de soi, qui explique l'activité des êtres de la nature, sans attribuer à chacun d'eux une connaissance de soi ? Sans se connaître soi-même, on ne saurait s'aimer soimême 2. Et jiuisque cet amour fait partie de l'essence de chaque réalité individuelle, la connaissance d'où il procède doit être conçue également comme une connaissance essentielle, donc identique à l'être du sujet '. Au même titre que le pouvoir d'agir et que la volonté de vivre, elle doit même, en un sens, sous le nom de Sagesse, être placée au-dessus de l'être, comme une des trois « Primalités » : Puissance, Sagesse, Amour, qui contribuent ensemble à lui conférer la totalité de son essence.

Si maintenant, au lieu de partir de l'amour inné de soi, nous considérons le penchant dérivé qui incline les contraires à se fuir et les semblables à se rechercher, nous serons conduits à la même conclusion : l'être se connaît lui-même, sinon il ignorerait profondément ce qui lui est utile et ce qui lui est nuisible, c'est-à-dire ce qui lui est semblable et ce qui lui est roniraire *.

Enfin, si on envisage les effets de ces compétitions mutuelles

1. \fpt., pars II. p. 77, lih. VII, cap. X, art. IV : — loc. cit., p. 78 : Patet erpo amorpm sui pssentialem esse, aliorum vero accidentalem, et hune fluere ab amore essentiali.

2. Met., pars II, p. o9, lib., VI, cap. VIII, art. I ; — pars II, p. 78. lib. VI, cap. X. art. IV, textes déjà cités. — Cf. Met., lib. I, cap. IX. art. X. pars I, p. 73 : Et quiilem prius copnoscit soipsvim omnc ens. alioquin non amaret esse proprium ipnotura.

3. Met., pars II, p. 77, lib. VI, cap. X, art. IV : Et sicut scire seipsum est csscntiale seipsum, ita antiare seipsum est esse seipsum, sed distinguuntur scire seipsum et amare seipsum origine et relationc : quoniam amare seipsum oritur ab scire seipsum. — La conscience de soi est donc première dans l'ordre de l'être, mais dans l'ordre de la connaissance, et chronologiquement, c'est l'amour de soi qui est connu le premier.

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