‹ Les antécédents historiques du "Je pense, donc je suis"Chapitre 108 sur 158 · Met., lib. IX, cap. V, art. IV, pars II, p · texte numérisé non relu

Met., lib. IX, cap. V, art. IV, pars II, p

3. Principia Philosophiae, I, 39 ; — lettre de Descartes à Mersenne de décembre 1640, Ad. et T., III, 259 : — Quatrième Méditation, Ad. et T., VII, p. .^7 sq. — Sur la théorie de la liberté de Campanella voir notre livre : Cainpanella, Quatrième Partie, chajiitre IV : La conception de la liberté divine et de la liberté humaine.

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ruptiblo, doiK" imniorlellc '. — D'uulre pari, la facultt' d'inlelloction des Idées qui lui est dévolue, et grAce à laquelle elle peut oonnaîlie les choses autrement qu'elles ne lui apparaissent dans la perception sensible, est un pouvoir manifesteraent inexplicable par les propriétés de l'esprit vital, qui se borne à enregistrer les impressions reçues des objets, à les conserver, à en associer les images dans la mémoire et à former par leur superposition ces représentations confuses et faibles qu'on appelle des concepts généraux. L'existence de cette faculté requiert donc l'hypothèse d'une àme immatérielle et qui échappe à la mort ^. Comme la liberté, encore que moins directement, l'immortalité se déduit ainsi de la conception de la jjensée incluse dans le Cogito '.

Enfin, encore que Campanella, pour prouver l'existence de Dieu, entasse les uns sur les autres, dans le plus grand désordre, des arguments d'origine très diverse, avec une préférence marquée pour les preuves stoïciennes fondées sur l'harmonie du monde et sur la finalité universelle, il n'a pas manqué non plus de faire bénéficier son déisme de la certitude privilégiée qui appartient à la conscience de soi. L'ordre dans lequel il enchaîne ses idées ressemble alors d'une manière frappante h l'ordre cartésien. Nous pouvons, dit-il, supposer que Dieu n'est pas, de la même manière qu'une pierre, un homme, le ciel ou la terre ne sont pas, ce que nous supposons par analogie et par syllogisme, en partant par exemple de ce fait que tel ou tel homme n'est pas. Peu à peu donc, nous pouvons concevoir l'inexistence de tous les êtres puis, isolément, celle de Dieu. Mais adnit'ltr»' <'n inêm»^ temps l'inexistence de tons If^s êtres

!. Atheismus triumphalus, é<1. de 1636, cap. Vil, p. 72 : Nec ad proprios movetur actus [mens], id est ad posse, scire et amare causalitcr elicitive, sed occasionnaliter tantum ; et propter hoc Platon i est Numerus, seu Ratio seipsam movens... Ex se elicit visum, judicitira et appelilum. — Cf. p. 71.

2. Lor. cit.. p. 7fj. — Disputationps, 1637, Phy.<tiologia epiloyistica. cap. XIIF, art. V, p. 96-07 , — Healis Philosophin cpilogistica, 1623, Physica, cap. XVI, art. 6, p. 188.

3. Sur cette question de l'immortalité de l'Ame et .sur celle de l'existence de Dieu, voir, pour plus de détails, notre livre : Campanella, Quatrième Partie, chapitre II : L'iiitmortalilc de l'âme et l'existence de Dieu.

et celle de Dieu, et par conséquent l'existence du néant, voilà qui est pour nous manifestement impossible, car au moment où nous comprenons que les choses ne sont pas, nous ne pouvons comprendre que nous-mêmes, qui comprenons cela, nous n'existions pas. Or si nous sommes, nous, êtres finis et imparfaits qui existons pcU- participation, l'être parfait, l'être par essence, existe aussi, nécessairement ^ L'argument ontologique et la preuve par l'existence des êtres contingents ne possèdent ainsi toute leur valeur qu'à condition d'être précédés, d'une démonstration de notre propre existence, et celle-ci est précisément donnée dans le Cogito, s'il est vrai que l'homme ne peut douter de l'existence des autres êtres et se représenter celle du non-être absolu sans admettre au même moment l'existence de sa pensée, incluse dans ce doute et dans cette représentation.

Mais comment saisir l'Etre absolu, après que la théorie de la primauté de la conscience de soi a enfermé notre connaissance dans le cercle étroit de la subjectivité et de l'individualité finie ? Dans les Méditations de Descartes, c'est la preuve de Dieu par l'idée du parfait qui autorise cette démarche hardie de la pensée métaphysique : pour rendre compte de la notion d'infini et de perfection absolue, notre pensée finie et imparfaite est une cause insuffisante, et nous devons admettre par conséquent l'existence en dehors de celle-ci d'un objet adéquat à notre idée : Dieu lui-même, qui l'a mise en notre âme au moment où il l'a créée 2. — Campanella ne connaît pas cette preuve par l'idée du parfait, m.ais il a recours, lui aussi, à la notion d'infini pour franchir les bornes naturelles dans lesquelles la subjectivité de l'intuition de soi ■enferme la connaissance. Seulement, pour lui, ce n'est pas Dieu qui est directement démontré par la réflexion philosophique

1. Met., pars II, p. 15, lib. VI, cap. III, art. V : Non tamen possuraus assentiri omnia et Deum non esse, et per consequens Nihilum esse : quoniam quando intelligimus res non esse, non possumus intelligere nosmetipsos non esse : si enim non sumus, nequaquam intelligimus. Si autem nos sumus, et Deus est, ut probabitur : quoniam si datur aliquod ens per participationem et diminutum, datur et ens per essentiam et perfectum.

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