Apologia pro Galilaeo, p
6. Op. cit., p. 23 : Qui timet a naturalibus contradictionem, propriae falsitatis est conscius. — Cf. Ibidem, p. 24.
7. Op. cit., p. 13 et 14 : Quartum, quod qui vetet Christianis studium philosophiae et scientiarum, vetat etiam esse Christianos. Et quod sola lex Christiana coramendet suis omnes scientias, quia de falsitate suî non timet. — Ibidem, p. 24 : Porro si veraciter lex Christiana omnibus est plenissima virtutibus, nuUius mendacii particeps, non modo a contemplantibus nihil metuit, sed testimonium ab eis invenit.
Mais si le danger est grand pour la religion de pr«''soiiter et d'imposer comme un dogme immualjle une astronomie ou une physique quelconque, il est plus grand encore de lier définitivement l'interprétation des Ecritures à la doctrine d'un seul philosophe, en l'espèce Aristote '. C'est en effet à un hasard historique malheureux ' qu'est due l'adoption du péripatétisme par les théologiens comme fondement de l'apologétique chrétienne et comme hase de l'accord entre les vérités de la science profane et celles de la foi. Le malheur des temps harbares a voulu qu'au moment où Charlemagne ouvrit des écoles, il ne se trouvât pas d'autres manuscrits que ceux du Stagirite, introduit par les Arabes '. Mais les Pères n'éprouvaient aucun scrupule à contredire ce philosophe et dans leurs apologies Saint Justin, Saint Basile, Saint Augustin, Bède le Vénérable accordaient plutôt la préférence aux enseignements du stoïcisme et surtout du platonisme, plus facilement conciliables avec les dogmes chrétiens *. La vérité est que l'Eglise ne se servit de la philosophie d'Aristote que pour extraire la moelle de la théologie à l'usage du « monde aristotélisant », de la même manière que les Pères avaient utilisé, pour des fins analogues, d'autres philosophes, lorsque leur autorité était prépondérante ^.
Ce n'est donc pas soutenir une hérésie, c'est se conformer à la plus authentique tradition chrétienne que de traduire les vérités de la foi dans le langage de la pensée philosophique de son temps et d'interpréter les Ecritures à l'aide des connaissances les plus récemment acquises par les sciences. Pour Campanella, cette philosophie, c'est l'astronomie de Galilée, et c'est la physique de Télésio. Pour Descartes, ce sera, avec la même astronomie, la physique mécaniste. Néanmoins l'analogie des