Voir sur ce point Strowski, Pascal, t. I, p
3 Lord Herbert de Cherbury intitule un de ses livres qui paraît à Londres en 1645 : De causis errorum, una cum tractatu de Religione laïcî, et appendice ad Sacerdotes, necnon quibusdam poematibus.
1res vif d'une simplificalion de la théologie, pour on ajuster les dogmes essentiels au niveau de la raison en laissant aux autres, sans préjudice pour la foi, le mystère dont ils doivent rester enveloppés. Il en parle à Burman en 1G48 : « Possutnus quidcm et debcmus denionstrarc Theoloyicas vcritates non repugnare Philosophicis, sed non debemus eas uUo modo exauùnare. Et jicr ïioc Monachi occasioneni dederunt omnibus spctis et haere§ibus, per suam Theoloyiam Scholasticatn scilicet, quae ante omnia extenninanda esset. Et quorsum opus tanto molimine, cuni videamus idiotas ac rusticos aeque coelo potiri posse ac nos ? Et Jwc certe nos monere dcberet. longe sathis esse tam simplicem habere Theologiam ac illi, quam eam multis controversiis vexare, et ita corrumpere, et occasioneni dare jurgiis, rixis, bellis, et similibus » ^
Nous attribuons la même signification à cette approbation si caractéristique qu'après une lecture du De Veritate Descartes acorde, lui si peu prodigue d'éloges aux philosophes ses contemporains, à la tentative de religion naturelle de lord Herbert de Cherbury : « J'y trouve plusieurs choses fort bonnes, sed non publici saporis, car il y a peu de personnes qui soient capables d'entendre la métaphysique... L'auteur prend pour règle de ses vérités le consentement universel ; pour moi je n'ai pour règle des miennes que la lumière naturelle, ce qui convient bien en quelque chose... Pour ce qui est de la religion, j'en laisse l'examen à MM. de la Sorbonne, et je puis seulement dire que j'y ai trouvé beaucoup moins de difficulté en le lisant en français que je n'avais fait cy-devant en le parcourant en latin, et qu'il y a plusieurs maximes qui me semblent si pieuses et si conformes au sens commun, que je souhaite qu'elles puissent être approuvées par la théologie orthodoxe. Enfin, pour conclusion, encore que je ne puisse m'accorder en tout aux sentiments de eel auteur, je ne laisse pas de l'estimer beaucoup au-dessus des esprits ordinaires' ».