A. Espinas, Descartes, p. 3o
3. Fr. Thomae Campanellae Philosophia sensibus demonstrata, in octo disputationes distincta, Neapoli, Apud Horatium Salvianum, 1591.
4. Prodromus philosophiae instaurandae , id est Dissertationis de Naturâ rerum Compendium, secundum vera Principia, ex scriptis Thomae Ca7npanellae praeinissum, Francofurti, Excudebat loannes Bringerus Sumptibus Godefridi Tampachii, MBCXVII. — Abréviation désormais employée : Prodr. Comp.
5. L'année 1595 est celle de la rédaction de l'ouvrage : Prodromus Philosophiae, etc.
6. Voir notre Iî\Te : Campanella : Deuxième Partie, chapitre II : L'influence exercée par Télésio, etc., chapitre VI, 2 ; et Quatrième Partie, chapitre premier, I. — Cf. Fiorentino, Telesio, t. I, p. 356, p. 337 sq.
Conslanlin lluygens lui avait érril Ip 2 févriiM- 1638 : « Quelle justice vous fait résoudre de vivre heureux tant d'années et de ne subvenir pas à l'indigence de votre prochain pour ce peu d'âge qu'il peut espérer ? Voulez-vous voir le pain noir dont il se nourrit ? Voyez comme il en va chercher jusque chez les moines ; et apprenez à regretter, s'il vous plaît, que si vous tenez toujours la vérité en séquestre, tantôt nous serions aussi hérétiques que le Campanella, dont je vous envoie le somtnaire en cholère, et pour peine de vos rigueurs vous condamnant, s'il vous est nouveau, à y jeter la vue, pour me dire au moins si, en attente du flambeau de vos vérités, il m'est permis de courir un peu après ce feu follet, et où c'est que je pourrai aboutir en ne cessant de le suivre » ^ — Au mois de mars de la même année. Descartes, en renvoyant à Huygens le volume qu'il lui avait prêté, lui répondait dans les termes suivants : « Vous avez sujet de trouver étrange que votre Campanella ait tant tardé à retourner vers vous, mais il est déjà vieil et ne peut plus aller fort vite. En effet, bien que je ne sois pas éloigné de la Haye de cent lieues, il a néanmoins été plus de trois semaines à venir jusqu'ici où, m 'ayant trouvé occupé à répondre à quelques objections qui m'étaient venues de diverses parts, j'avoue que son langage et celui de l'Allemand qui a fait sa longue préface m'a empêché d'oser converser avec eux avant que j'eusse achevé les dépêches que j'avais à faire, crainte de prendre quelque chose de leur style. Pour la doctrine, il y a quinze ans que j'ai vu le livre « De sensu rerum m du même auteur avec quelques autres traités, et peut-être que cettuy-ci en était du nombre, mais j'avais trouvé dès lors si peu de solidité en ses écrits que je n'en avais rien du tout gardé en ma mémoire, et maintenant je ne saurais en dire autre chose, sinon que ceux qui s'égarent en affectant de suivre des chemins extraordinaires me semblent bien moins excusables que ceux qui ne faillent qu'en compagnie ft en suivant les traces de beaucoup d'autres » ^.
Il n'est pas trop difficile d'identifier l'ouvrage que le philosophe retourne à son correspondant. I/Allemand dont il parle,