‹ Les antécédents historiques du "Je pense, donc je suis"Chapitre 125 sur 158 · I. — L'influence néG;vtive · texte numérisé non relu

I. — L'influence néG;vtive

LA CRITIQUE DES THÉORIES SCOLASTIQUES DE LA PERCEPTION ET DE LA CONNAISSANCE

Dans le De sensu rerum et magiâ et dans la Realis Philophia epilogistica Descartes ne déconvrait, en 1623. ni le doute méthodique, ni une réfutation des sceptiques par un recours à la liaison de notions immédiatement et directement certaine, ni même, sur la subordination du savoir empirique au savoir inné, des vues assez systématiques et qui procèdent d'une conscience assez nette de la subjectivité de la connaissance sensible et de la difficulté d'introduire dans la science des choses extérieures, par l'usage des notions premières, la certitude inhérente à l'intuition de soi. En revanche, par la lecture de ces deux livres, il se trouvait, pour la première fois sans doute, — si, comme cela est vraisemblable, il ignorait encore l'argument de Saint-Augustin. — en présence d'une affirmation très nette de l'absolue primauté de la connaissance de l'âme par elle-même et en outre d'une conception de la perception qui, en mettant fin au règne des « espèces intentionnelles », affranchissait définitivement le savoir de la servitude de l'objet et par voie de conséquence en faisait ressortir le caractère interne et immanent à l'esprit.

Qu'il n'ait pas été dans les intentions de Télésio de favoriser et de préparer l'avènement d'une semblable conception, c'est ce qui semble évident si on réfléchit au caractère foncièrement naturaliste de sa philosophie qui, en assimilant la sensation et par suite les opérations intellectuelles, — toutes réduites à la sensation. — à des phénomènes passifs identiques à tous les

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