Prodr., Comp., p
3. fteal Phil., Physiologica, cap. XII, art. V, p. 147, note « ; — De sensu, 1620, lib. II, cap. XV, p. 101-109.
280 l'influence négative :
la superficie visible des objets, qu'un fruit vu en même temps par plusieurs personnes perdrait sa pelure ou son écorce, et qu'il ne serait plus visible si les vents chassaient d'un autre côté les atomes ^ — Voilà donc les « espèces intentionnelles n éliminées, pour la même raison que les eïâwXa auxquels elles ressemblent, vraiment trop, et avec elles disparaissent 1' « information » de la faculté de sentir et le « sensus agens ». Que faut-il penser maintenant de la définition aristotélicienne de la faculté de sentir, conçue comme une puissance passive, incorporelle et indivisible ?
Suivant Campanella, elle est inconciliable avec une exigence fondamentale de la théorie : pour être capable de percevoir plus d'une fois, d'appréhender plusieurs choses ensemble, même des contraires qualitatifs ou leurs simulacres, la puissance de percevoir doit appartenir à un corps très ténu, très mobile, dont les diverses parties peuvent être mues simultanément par des objets multiples et différents en nature. Indivisible et incorporelle, elle ne serait en effet en mesure de recevoir à un moment déterminé qu'une seule forme, qu'elle conserverait taujours, ou plutôt elle ne pourrait pas même être « informée ». Dans l'hypothèse la plus favorable, elle ne percevrait donc qu'une chose et une seule fois. On conçoit au contraire, par l'exemple des mouvements ondulatoires qui se conservent dans l'eau et dans l'air, que, dans une âme corporelle formée, comme ces fluides, de particules très déliées, très mobiles, les mouvements, une fois communiqués par l'action des choses, puissent se conserver sous une forme atténuée, même lorsque s'y ajoutent de nouveaux mouvements. Que surviennent ensuite des excitations appropriées, c'est-àdire qui proviennent d'objets semblables aux choses antérieurement perçues, et ces mouvements endormis seront immédiatement réveillés dans l'esprit vital (spiritus) et provoqueront le souvenir, la mémoire et le raisonnement, toute' passion engendrant une aptitude à pâtir à nouveau de la même manière ^.
Il faut donc concevoir les opérations de la connaissance comme produites par des complications diverses de ces mou-
1. Real Phiî., Physiologica, cap. XII, art. V, p. 147, note e.