De sensu, 1620, lib. II, cap. XVI, p
LA CRITIOIE DES TIIÉUIlIES SCOLASTIQL'ES 281
venients do l'esprit vital dont lu cause initiale est une modification corporelle, elle même toujours réductible dans son essence à une sorte .de toucher '. Toutes en effet ont la sensation pour origine. Le souvenir correspond à la reproduction du mouvement qui a causé la sensation : il réapjjaraît lorsque ce mouvement est à nouveau déolanché, soit par des excitations semblables à l'excitation originelle, cause de la première perception, soit par d'autres mouvements qui l'avaient accompagné lui-même dans une suite antérieure de représentations. L'acte d'imaginer consiste à assembler ou à disjoindre des mouvements conservés dans la méiûoire. Le concept est le résultat de la superposition de mouvements similaires, surtout de ceux dont la répétition a été la plus fréquente, la durée la plus grande et l'intensité la plus forte ; en lui s'effacent les différences individuelles des choses, en sorte qu'il finit par ressembler à la perception confuse et faible d'un objet vu de loin, dont on ne distingue que les grandes lignes et les traits d'ensemble, et dont on ne reconnaît que le genre. — Enfin le raisonnement, qui confère à l'esprit humain toute sa puissance, est néanmoins suffisamment expliqué par la faculté que possède l'esprit vital de percevoir une chose dans la chose semblable, de passer par conséquent d'un mouvement à un autre mouvement, d'une représentation à une représentation analogue, par une association naturelle d'idées 2.
Combien vaine apparaît maintenant l'hypothèse de l'intellect agent * ! La substitution aux « espèces intentionnelles » des mouvements de l'esprit vital et l'explication par ceux-ci de toutes les opérations de l'intelligence, depuis la sensation jusqu'à la pensée rationnelle, entraînent la suppression des frontières qui jusqu'alors séparaient l'une de l'autre, comme des genres opposés, la connaissance sensible et la connaissance intellectuelle. L'unité des fonctions de l'esprit est rétablie. Campanella n'a pas assez de railleries contre ce morcellement de l'âme en pouvoirs multiples dont chacun serait doué d'une