‹ Les antécédents historiques du "Je pense, donc je suis"Chapitre 136 sur 158 · Ad. et T., VI · texte numérisé non relu

Ad. et T., VI

LlNFME.NilE POSITIVE : LINNÉISME ET LE (( COGITO » 287

ne coDsidèrcnl pas on «'Ih's autre chose, sinon qu'elles doivent avoir de la resseniblanre avec les objets qu'elles représentent, il leur est impossible de nous montrer comment elles peuvent être fournies par les objets, et reçues par les organes des sens extérieurs, et transmises par les nerfs jusques au cerveau '... Vous voyez donc assez que, pour sentir, l'âme n'a pas besoin de contempler aucunes images qui soient semblables aux choses qu'elle sent » '.

Mais d'où vient que les philosophes ont assimilé la représentation sensible à une sorte de peinture intérieure des choses? I/origine de leur erreur est, suivant Descartes, l'observation des « images qui se forment sur le fond de l'œil ». Ils ont cru sans doute que la ressemblance de ces images avec les objets était la cause réelle de la perception, illusion qu'ils fussent pu facilement éviter si, au lieu de considérer ce qui se passe dans la sensation visuelle, ils avaient porté leur attention sur les « autres choses que les images qui peuvent exciter notre pensée » '. — Rapprochons maintenant de cette explication celle que Campanella avait donnée du même fait. Elle était sensiblement la même : c'est la vision, disait-il, qui a trompé les partisans des « espèces intentionnelles » : « Sed Visio decepit eos, quoniam in pupilla visibilis objecti imaginem ronspicimus, quod visionem intromittendo fieri contra Platonem eos docuit, et per informationem intentioyxalem » *. Ils auraient dû réfléchir aux autres sortes de sensations qui n'impliquent aucune réception d'image : « Sed ex colore et frigore, ex sono, et saporihus et odorihus nuUa profecto imago in sensu recipitur » '.

Mais, quelle est pour Descartes la condition déterminante de la perception que l'on peut rapporter à l'action de l'objet ? Pour ne « s'éloigner que le moins qu'il est possible des opinions déjà reçues » ®, il suppose que l'image peinte dans l'œil est transmise réellement jusqu'au cerveau, mais que ce

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