‹ Les antécédents historiques du "Je pense, donc je suis"Chapitre 144 sur 158 · LI.NFLLENCK POSITIVK : I.'l.NNtlSMF. ET I.F. « COGITO · texte numérisé non relu

LI.NFLLENCK POSITIVK : I.'l.NNtlSMF. ET I.F. « COGITO

j>arce que les impressions passives venues du dehors la forcent à apprendre des choses nouvelles et à se changer pour ainsi dire en une autre. De là vient qu'elle a besoin d'une réflexion pour retrouver la connaissance de soi h '.

Ces impressions passives n'alt6rent pas du rest* la nature de l'esprit. « Nous disons que toute puissance de percevoir perçoit en tant qu'elle pâtit, mais qu'en tant qu'elle pâtit elle n'est pas la clwse par laquelle elle pâtit et qu'elle perçoit, mais une autre, et que cette autre, c'est-à-dire ellemême , elle ne la perçoit pas du dehors et ainsi par accident, mais par essence. Toute réalité en effet connaît qu'elle existe, et lutte contre le non-ètre, et aime à être. Elle se connaît donc elle-même par elle-même, d'une connaissance cachée. Les autres choses au contraire elle ne les connaît pas par ellemême, mais dans la mesure où elle-même, chose sentante, elle peut être semblable à ces choses sensibles. Elle les perçoit par conséquent dans la mesure où elle se perçoit elle-même, modifiée et rerïdue semblable à ces choses qu'elle n'est pas. Par là se dévoile un mystère resté caché aux yeux des philosophes, et surtout d'Aristote. Dieu, étant toutes choses par essence et éminemment, ne reçoit pas des choses sa science des choses, mais il en possède le savoir par sa propre essence ; et c'est pourquoi il ne s'abaisse pas en connaissant les choses mortelles et en comprenant comme il pense lui-même, car il ne les contemple pas. sinon en contemplant son propre être, c'est-à-dire la cause dans laquelle elles resplendissent et dont elles dépendent : l'inventeur en effet n'est pas instruit par la chose qu'il a inventée ; ce sont les imitateurs qui en tirent leur instruction... L'esprit vital se connaît lui-même sans passion et naturellement, car il ne peut pâtir de son propre fait, étant à lui-même aussi semblable qu'on peut l'être, et numériquement identique, mais les continuelles impressions passives qui lui sont communiquées sont cause qu'il paraît s'ignorer lui-même et que c'est par ses propres opérations et celles des autres esprits qu'il réussit à se reconnaître, en réfléchissant sur lui-même, par quelque processus de pensée, la connaissance passive exiéj-jciire » 2.

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